LBS FUSIONS INDUSTRIELLES EN ANGLETERRE
A Manchester s'est formée la société des filateurs de coton fin [Fine Cotton Spinners and Doublers Assodation^ mai 1898); capital : 6.650.000 livres dont une bonne partie ne représente que du bon vouloir. Cette société qui, de 1898 à 1902, a fusionné quarante et une entreprises, dont Tune la société anonyme des filatures Delebart-Mallet avait son siège à Lille, a payé en 1899 un dividende de 8 7o ^ ^^^ actionnaires ordinaires; les actions de préférence reçoivent un intérêt fixe, 5 %. Les Coats ont des intérêts importants dans ce trust.
La société des teintureries de Bradford [Bradford i)^er5'4«soc/a^/o/i), capital: 4.225. 000 livres, a fusionné en 1898 trente maisons et représente 90 % ^^ ^^ P^^" duction régionale. Elle opère en complète harmonie de vues avec une autre société qui exploite une spécialité voisine : la British Cotton and Wool Dyers* Associalion (capital : 1.892.480 livres). Cette dernière société a établi la vente par zones et achète en gros ses matières premières. Le trust des teinturiers de Bradford s'est assuré la livraison du charbon à des prix avantageux en concluant une entente avec V Association des marchands et consommateurs de charbon de Brad- /brrf (capital: 249.797 livres). Citons encore le trust des teinturiers en velours [English Velvet Dyers' Association (1899, 1 million de livres sterling) et celui de la teinture de couleurs écarlate et indigo [Yorkshire Indigo Scarlet and Colour Dyers, 1899, 468.000 livres).
' Les peigneurs de laine du Yorkshire ont formé en juillet 1899, à Bradford, une société au capital social de 1.965.800 livres : The Yorkshire Woolcombers' Association qui a fusionné 38 entreprises. Deux ou trois maisons seulement ont refusé d'adhérer à cette com-
binaison qui gouverne les prix dans cette région, centre de cette fabrication en Angleterre.
 Manchester, le blanchissage du coton est en grande partie monopolisé par uûe puissante association [The Bleachers' Association^ 1900, capital nominal : 6.791.000 livres*). — Ce trust qui a réuni cinquantetrois entreprises est uni par un traité avec la Bradford Dyers' Association à laquelle il a cédé le seul établissement de teinture qui pût lui porter ombrage.
La Calico Printers Association^ formée en 1900 au capital social de 8.226.000 divres, représente 85 7© de l'industrie anglaise d'impression sur étolîes d'indienne. La Linen Thread Company (filatures de lin) est un trust international que nous étudierons comme tel. Le trust du linoléum (Barry, Ostlere and Co. ; capital : 984.000 livres) a réuni trois grandes fabriques de Kirkcaldy.
Pour l'industrie du velours, il n'existe pas de trust proprement dit, mais deux associations de quelque importance issues de la fusion de plusieurs maisons, V United Vehet Cutters Association (140.000 livres) et Y English Fustian Manufacturing Co, (500.000 livres).
Les fabricants de dentelles de Nottingham ont formé une société au capital de 1 million de livres qui monopolise en fait cette fabrication.
Le trust A}x^Qi^ÏQV^e\ni[Wall Paper Manufacturers) a été formé en décembre 1900 au capital de 4.141.000 livres. Il réunit trente et une maisons.
i. « Depuis nombre d'années — était-ildit dans 16 prospectus qui annonçait la formation de cette société — il a existé dans l'industrie du blancliissage de Mancliester des associations volontaires pour la régi mentation des prix et pour divers autres objets. Mais il a été prou^ que seule une Tusion pourrait procurer aux industriels la plénitude d< avantages de la coopération. Plusieurs maisons qui n'étaient membr d'aucune association de prix ont adhéré à la présente fusion. » (Citép Macrosty, op. ciY., p. 174.)
riiTi iirtlirira-,.
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dite The Associated PorUand Cernent Ma- (ciment de Portiand) s'est formée en 1900 6.349.000 livres.
les tabacs [The Impérial Tobacco Cornit Britain, capital : 14.518.000 livres) s'est >riné avec de grandes sonneries do trom- Economist de Londres du 1" décembre, ,tre l'invasion américaine. Mais à peine a imité l'une des pratiques les plus critiléricains en imposant aux commerçants ses gation de ne vendre qu'à certains prix et vendre aux personnes qui ne souscriraient nditions.
OU and Cake Mills Company (trust des Fabriques de tourteaux) s'est formée au ca- O.OOO livres.
ustrie de la houille, aucun trust ne s'est é. Mais la fusion de huit grandes maisons charbon a donné naissance à une impor- , William Cory and Sons Limited (capi- Oiivres). Cette société (commerce en gros) rd avec une autre qui, créée en 1899, a commerce de détail.
ries métallurgiques anglaises, jusqu'ici dejpendantes, paraissent depuis peu inflaenauvementd'unificationdontle trustest l'exîdeux importantes sociétés Stcwart.Menzie ie de Glasgow (capital ; 850.000 livres) 9mpagnie de Birmingham (capital : 450.000 ent de fusionner; la compagnie nouvelle au capital de 2 millions de livres. On annent la fusion de deux grandes maisons de
: du 1" nOTembre la».
Tous les trusts ne réussissent pas. Les piètres résultats obtenus par deux trusts anglais, celui du sel et celui de Talcali, ont servi longtemps, comme l'observe Macrosty * , d'argument à l'appui de la doctrine économique d'après laquelle les trusts ne peuvent prospérer sous un régime de libre-échange. V United Alkali (1884), capital : 8.420.550 livres sterling, a lamentablement échoué. Ses actions ordinaires dont la valeur au pair est de 10 livres ne valaient plus en 1901 que 2 livres 3/4. La Sait Union (1888) dont le capital a été réduit de 4.200.000 livres à 2.400.000, a également périclité. Ses actions de 10 livres ne valaient plus dès 1899 que 1 livre 5/8.
INFLUENCE DBS FUSIONS INDUSTRIELLES ANGLAISES SUR LES CONDITIONS DU TRAVAIL ET SUR LE MOUVEMENT DES PRIX.
L Conditions du travail. — L'enquête américaine sur les ententes et combinaisons industrielles en Europe ^ démontre que les trusts anglais sont obligés de tenir compte de l'opinion publique dont les trusts américains font assez peu de cas. Alors même que la fermeture d'un certain nombre d'usines ou fabriques leur permettrait de réaliser de notables économies, ils hésitent à prendre une telle résolution si elle doit avoir pour effet de priver brusquement de leur emploi nombre de travailleurs. On cite cependant plusieurs exemples de dismantling : le Calico Printers a fermé 15 fabriques, le British Cotton and Wool Dyers en a fermé 12 e VEnglish Velçet Dyers 3.
i. Op. cit., p. 160.