RÉPLIQUE DE M. MARCEL
M. Gabriel Marcel, à qui les notes ci-dessus de M. Marcou avaient été communiquées par la Société, écrit (8 octobre), que sa réponse est dans la lettre du 7 octobre à M. Marcou, lettre que celui-ci a reproduite plus haut. :
M. Marcel ajoute que les suppositions de M. Marcou sont absolument fantaisistes ; d’ailleurs, dit-il, « les très grandes cartes sont celles qui se sont le plus facilement perdues; j’en citerai pour exemples celle de Cabot et la grande mappemonde de Mercator de 1569 (1559 ?) dont le seul exemplaire connu a été, jusqu’à ces dernières années, celui que nous possédons. Les grandes cartes ne portent très souvent ni date ni nom d’auteur, d’imprimeur ou de graveur, les exemples abondent, et tous ceux qui se sont tant soit peu occupés de cartographie le savent. »
Et dans une autre lettre (2 novembre), il dit « M. Marcou veut que sa carte ait été soumise à Colbert et qu’elle ait servi à l'éducation du Dauphin »; soit, mais les preuves manquent. «La carte aura été tenue secrète, dit-il, ce qui explique sa très grande rareté. » Qu'elle ait été tenue: secrète, il n'y a pas d'apparence, Visscher étant marchand avant tout et je n’en vois pas les raisons. « Le géographe Du Val aura traduit en français », dit M. Marcou : tout cela ce sont des suppositions qui ne reposent sur aucune base certaine. Que la carte provienne d’un château royal, c’est possible ; mais quand bien même M. Marcou nous en donnerait la preuve, ce qu’il ne fait pas, cela ne prouverait pas que
Louis XIV ait, en quoi que ce soit, contribué à dresser cette carte.
« En résumé, cette pièce n’est si rare que parce qu’elle est de dimensions exceptionnelle: et que, toujours, les grandes cartes murales courent plus de chances de destruction que celles qu’on enferme dans un carton.
« Elle est fort rare sinon unique, voilà un fait acquis, mais son intérêt géographique est absolument nul; ce n'est pas uu monument historique. »
Le Gérant responsable, CH. Mauon,
Secrétaire général de la Commission centrale.
RÉPUNSE DE M. J. MARCOU
Cette réplique combinée du Secrétaire général de la Société de Géographie avec M. Gabriel Marcel, sort des limites ordinaires des discussions, et rend une réponse nécessaire ; bien moins à cause du ton qui y règne d’un bout à l’autre que des véritables hérésies cartographiques qu’elle contient. Ce n’est pas de la critique comme la font des gens qui se respectent et estiment leur adversaire; et je m'attendais à plus d'égard de la part des conservateurs des dépôts des cartes de la Bibliothèque Nationale et du Ministère de la guerre; car je ne comprends pas qu'un géologue - géographe n'ait pas le droit d'exprimer son avis sur une question cartographique, sans encourir les foudres peu courtoises de deux bureaucrates.