Polybe, Hist., I, lxxiv
2. Polybe, Hist.j I, lxxvi. Suivant Ch. Tissot [Géogr, comp.^t I,p. 547), le défilé de la Hache ou plus exactement de la Scie (irpccov) se trouverait non loin des plaines de Kairouan, « sur le plateau très accidenté qui sépare le bassin de Toued Nebhan de celui de l'oued cl-Kebir ».
duire le Tarouche barbare qui, pourtaat, fiail par tomber vivant entre leurs mains. L'insurreclion qui avait duré trois ans et quatre mois ^tait domptée. L'armée rentra dans Cartilage, trainant enchaînés M^ttio et ses compagnons qui expièrent une vie de cnmes et de forfaits dans les tortures les plus atroces : la guerre des mercenaires porte, chez les historiens romains, le nom de « guerre ineipiable. »
Telles étaient les ressources et la vitalité de la grande république africaine qu'à peine sortie de cette terrible crise, elle entreprit la conquête de l'Espagne. Ce fut l'œuvre d'Amilcar; neuf années il guerroya dans ce pays, jusqu'au jour où il fut tué, les armes à la main, en 238. Son gendre, A sdrubal le Beau, bâtit Carlhagène en 237, et conclut avec tes Romains un traita par lequel l'Èbre fut désigné comme la hmite des possessions carthaginoises. Après sa mort, en 233, les soldats se choisirent
ilonniie deCarlhagci.
pour chef le jeune Annibal, fils d'Amilcar, déjà populaire dans leurs rangs. Depuis trois ans, il avait pris place parmi eux pour s'exercer à l'obéiesance et à la discipline avant de commander. « DÈS qu'Annibal parut à l'armée, dit Tile-Live, il attira sur lui tous les regards. Les vieux soldats s'imaginaient revoir leur Amilcar rendu à sa première jeunesse. C'était le même feu dans les yeui, la miîme expression d'énergie empreinte sur toute sa figure : c'était tout son air et tous ses traits. lis ne se lassaient point de le contempler. Mais bientôt, le souvenir du père
1. Têle de Perséphone, couronnée d'épis, avec uo large collier au ton. A. Cbevsl. A l'eiergue, des lellres puniques îariables, initiales de ooms de magistrats. Or.
fut le moindre des titres du fils à TafTection publique. Jamais homme ne réunit au même degré deux qualités opposées, la subordination et le talent de commander; aussi, n'eût-il pas été facile de décider qui le chérissait le plus, ou du général ou de Tarmée. C'était Tofficier qu'Asdrubal choisissait de préférence pour les expéditions qui demandaient de l'activité et de la vigueur. C'était le chef sous qui le soldat se sentait le plus de confiance et d'intrépidité. Autant il avait d'audace pour alkr affronter le péril, autant il avait de sang- froid dans le péril même. Nulle épreuve ne pouvait dompter les forces de son corps, la fermeté de son courage. Il supportait également le froid et la chaleur, la soif et la faim, les fatigues et l'insomnie. Il ne cherchait pas à se distinguer des autres par Téclat
Monnaie de Carlhage*.
de ses vêtements, mais par la bonté de ses chevaux, de ses armes : il était sans contredit le meilleur cavalier et le meilleur fantassin de toute l'armée. »
Annibal est l'homme de génie en qui s'incarne Carthage durant la seconde guerre punique ; lorsqu'il était encore enfant, son père lui avait fait jurer une haine éternelle aux Romains. Ses campagnes en Espagne, en Italie, en Afrique ont fait l'admiration des hommes de guerre de tous les temps, et s'il succomba devant Scipion, il ne le dut qu'au mauvais vouloir de sa patrie ingrate et égoïste. Dans la première période de la lutte, il s'agit pour lui, non seulement de conserver l'Espagne à Carthage, mais de conquérir cette Italie elle-même, sur les côtes de laquelle les vaisseaux carthaginois n'ont jamais pu établir un seul comptoir. Dans la seconde période, il ne songe plus, malgré une série de victoires retentissantes, qu'à défendre l'Afrique envahie.