Voyez Duriiy, Hist. des Romains, t. I, p. 457, note
LA CONSTITUTION SOCIALE Go
tanlset bizarres; on leur peigaait de diverses couleurs le front et les oreilles; on leur mettait des clochettes au cou et des panaches, on les recouvrait de plaques métalliques, et même, nous dit Arrien, on attachait des pointes d'acier à leurs défenses, à leur poitrail, à leur trompe'.
Avec une organisation politique sur laquelle planait la jalousie ombrageuse, Tégoïsme étroit, la cupidité sans entrailles et Taveugle soif de For, aussi mauvaise conseillère que la faim, Carthage ne pouvait échapper au sort qui la menaça dès qu'elle se trouva aux prises avec une rivale telle que Rome. Le pouvoir, à Carthage, est aussi fragile et instable que celui du sénat romain est fort et traditionnel ; les éléments de ses armées sont disparates, et la solde seule retient tous ces mercenaires dans les rangs, tandis que ce qui distingue les armées romaines^ c'est la cohésion, Tunité, le patriotisme et ce que nous appellerions aujourd'hui le sentiment national. Carthage, comme aujourd'hui TAngleterrre, et comme l'Espagne il y a trois siècles, étend ses conquêtes pour s'enrichir sans cesse; Rome s'agrandit pour la gloire de dominer: turegere imperio populos , Romane, mementOy dit le poète. Carthage, suivant l'expression de Charles Tissot, était comme une pieuvre gigantesque étendant ses bras démesurés sur toutes les côtes de la Méditerranée *; elle exploitait sans pitié les villes qui lui étaient soumises, et les Liby-Phéniciens qui formaient le principal élément de la population de la côte africaine étaient astreints auxplus dures conditions. Aussi s'exp1ique-t-on aisément la haine que leur inspirait la domination avare et cruelle de Carthage . Les armées d'Agathocle, de Régulus, de Scipion furent accueillies par eux comme des lib oratrices, et les emporta des Syrtes, qui payaient à la métropole de si lourds impôts, virent avec joie la domination romaine se substituer pour elles au joug punique.
1. Voyez Armandi, Histoire des éléphants^ passim; E. Babelon, Les rois de Syrief Introd., p. xxviii; Ch. Tissot, Géogr. comp,, t. I, pp. 364 et saiv ; S. Reiaach, art. Elephas dans le Diclionn. des antiquités gr, et rom, de Daremberg et Saglio. Le nom de réléphant en punique paraît avoir été Gaisar (T»270). Voyez Clermont-Ganneau, Caesar est le nom punique de rétéphantf dans la Hevue critique, 1887, II, pp. 56-58.