‹ CarthageChapitre 19 sur 37 · Strabon, 111, v · texte numérisé non relu

Strabon, 111, v

une littérature considérable qui a presque cnlièrement péri. Après la prise de la ville parles Romains en 146, la bibliothèque qui était une annexe du temple d'Eschmoun, fut répartie entre les différents princes africains, alliés de Rome, qui parlaient ou comprenaient la langue punique. Une exception fut faite pour le traité de Magon sur Tagriculture et Téconomie rurale, qui fut emporté à Rome et traduit en latin par Decimus Silanus. Cette traduction même est perdue en grande partie; mais tous les auteurs romains qui traitent d'agronomie, Gaton, Pline, Golumelle, parlent de l'ouvrage de Magon ; ils en font les plus grands éloges et ils en citent des passages qui justifient cette réputation ^ Carthage eut un philosophe, Asdrubal, qui alla étudier en Grèce sous le nom de Glitomaque ; elle eut aussi des historiens nationaux dont Salluste consulta les écrits dans la bibliothèque du roi Hiempsal : il ne nous en reste que quelques citations en traduction latine. La relation officielle du voyage d'Hannon sur la côte orientale de l'Afrique, avait été gravée sur une colonne dans le temple de Baal Ammon ; elle nous a été conservée en entier dans une version grecque» et de nombreux savants modernes se sont exercés à la commenter*. Le périple d'Himilcon, sur les côtes européennes de l'Atlantique, ne nous est parvenu qu'en de misérables fragments traduits et insérés dans le poème latin de Festus Avienus.

« Les Carthaginois, dit M. Philippe Berger, avaient l'habitude de graver dans leurs temples, sur des colonnes ou sur des plaques de marbre ou de bronze, le récit de leurs expéditions lointaines. Tite-Live nous a conservé le souvenir de la grande inscription bilingue, phénicienne et grecque, qu'Annibal avait déposée dans le temple de Junon Lacinienne, près de Crotone, et qui contenait le récit de ses campagnes, lors de la deuxième guerre punique. Annibal, d'ailleurs, était versé dans les sciences grecques et phéniciennes, et avait composé des ouvrages dans les deux langues... La littérature des Carthaginois

1. Ch. Tissot, Géog7\ comp., l. 1, p. 285; J. P. Mahaffi, The work of MagOj dans VEermathena^ t. XV, pp. 29-35.

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