‹ CarthageChapitre 21 sur 37 · Voyez ci-dessus, pp. 35, 36 et â · texte numérisé non relu

Voyez ci-dessus, pp. 35, 36 et â

moDétaires. Les plus grandes pièces d'argent ou de potin ont un module de iO millimètres et pès«nt 38 grammes ; les plus petites sont des hémi-drachmes de Z grammes.

Les monnaies de bronze, qu'on recueille en grand nombre dans la presqulle carthagiDoise, sont aui mêmes types de la tâte de PerséphoDe (Tanit), et du .cheval onde la tête de cheval, qu'accompagne souvent un palmier. Dans le cbamp, des lettres puniques isolées, le triangle, symbole de la triniU punique, le globe solaire entre deux uraeus. Il existe de rares médaillons de bronze qui ont 45 millimètres de diamttre; les pièces plus communes ont 23 millimètres et an dessous. Celles qu'on rencontre le plus souvent sur le sol de Carthagc sont des bronzes peu épais, aux types de la tête de Perséphone- Tanit et du cheval, avec ou sans palmier, et des lettres dans le champ : ces pièces très communes atteignent à peine le modale d'une pièce de un franc. En dehors de ces monnaies de la période de l'indépendance, ce sont surtout des monnaies romaines et byzantines que fournit le sol carthaginois.

LA GARTHAGE ROMAINE

La province romaine d'Afrique, constituée après la prise de Garthage en 146 avant J.-C, comprenait tout le territoire que la ville conquise possédait encore au début de la troisième guerre punique. Ce pays fut séparé des royaumes numides par un fossé que fit creuser Scipion Émilien, et qui décrivait une courbe plus ou moins régulière, depuis la Tusca (Oued el-Kébir) en face de l'île deTabarca, jusqu'à Thenœ (Henschir Tina) à douze kilomètres au sud de Sfax *. Rome sentit bientôt la nécessité de créer, sur la côte d'Afrique, une colonie qui fut le centre de ses possessions et de son commerce, et aucun site n'était plus merveilleusement apte à ce rôle que l'emplacement de Carlhage, Aussi, vingt-deux ans seulement après la destruction de la ville punique, en Tan de Rome 632 (122 av. J.-C), le sénat vota, sur la proposition de Rubrius et malgré de vives résistances, une loi qui ordonnait l'établissement d'une colonie latine à Garthage. Gains Gracchus et Fulvius Flaccus furent chargés de l'y installer suivant le cérémonial habituel ; leur mission dura soixantedix jours. La nouvelle ville reçut le nom de colonia Junonia et fut placée sous Tégide de Junon Gœlestîs, la Vierge céleste, nom nouveau de TAstarté punique. L'ombre même et le nom seul de Garthage effrayaient encore les Romains, si bien que le bruit se répandit que de sinistres présages avaient accompagné rinstallation de la colonie : « Gains Gracchus, raconte

j. Ch. Tissot, Géogr. comparée de F ancienne province <V Afrique, t. Il, pp. 1 et suiv. ; R. Gagnai, L'armée romaine d'Afrique, Inlpod.,

p. VIII.

LA GARTHAGE ROMATxNE 85

Plutarque, était occupé au rétablissemenl de Garthage qu'il avait nommée Junonia^ lorsque les dieux lui envoyèrent plusieurs signes funestes pour le détourner de celte entreprise. La pique de la première enseigne fut brisée par Teffort d'un vent impétueux, et par la résistance même que fit celui qui la portait pour la retenir. Get ouragan dispersa les entrailles des victimes qu'on avait déjà posées sur Tau tel, et les transporta hors des palissades qui formaient l'enceinte de la nouvelle ville. Des chacals vinrent arracher ces palissades et les emportèrent fort loin. Malgré ces présages, Gains ordonna et régla, en soixantedix jours, tout ce qui concernait rétablissement de cette colonie ; après quoi il s'embarqua pour revenir à Uome^ »

Un demi-siècle plus tard environ, Marins, proscrit par Sylla, débarquait en Afrique et venait errer sur les cendres attiédies de Garthage. On raconte qu'il était assis au milieu des ruines, méditant sur son malheureux sort lorsqu'un licteur Taborda et lui dit : « Le préteur Sexliiius te défend, Marins, de séjourner en Afrique. Si tu n'obéis pas à ses ordres, il mettra à exécution contre toi le décret du sénat qui te condamne comme ennemi du peuple romain. — Va dire au préteur, répondit l'illustre fugitif, que tu as vu Marins assis sur les ruines de Garthage*. »

A cette époque, on comptait déjà, dans la nouvelle colonie, six mille citoyens, sans les indigènes et les esclaves. 11 est permis de croire que l'élément punique y tenait une place importante, et c'est lui, sans aucun doute, que veut désigner Athénée', quand il rapporte qu'en 87 avant J.-G., les Garlhaginois furent au nombre des peuples qui envoyèrent des ambassadeurs à Mithridate pour l'assurer de leur concours, alors que le grand roi de Pont méditait la ruine du nom romain. Aussi,

1. Appien, VIII, 136; Orose, V, 12; Eutrope, IV, 9; Plut., C. Gracchus, xi; Solin, xxvii. Cf. Tissot, Géogr. comp.yt I,pp. 374 et 634; Labarre, Die rômische Kolonie ^aWa^o, programme dePostdam, 1882;Beaudouin, dans la Nouvelie Revue historique du droite t. XVII, 1893, pp. 613-

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