‹ CarthageChapitre 22 sur 37 · Plutarque, Marins, xuii; Velleius Paterc, II · texte numérisé non relu

Plutarque, Marins, xuii; Velleius Paterc, II

3. Athénée, Deipnosoph,, V, 50; Ch. Tissot, Géogr, comp.^ 1. 1, p. 636.

des esprits timorés s'inquiétèrent à Rome de ce développement rapide de la nouvelle Carthage, et une loi, votée sur la proposition de M. Minucius Rurus, abrogea celle de 632 ; la colonia Junonia fut abolie au moins en principe» car, en réalité, il n'était pas facile de déposséder six mille citoyens romains '. Les droits acquis et la force des choses s'imposèrent et étouffèrent la voix du législateur. Carthage vécut et reprit même, dans Tusage habituel, son vieux nom qui faisait frissonner les Romains; les Africains y affluèrent comme dans leur capitale nationale ; on continua à y parler punique; on recommença, à côté du Capitole qui couronnait Byrsa démantelée, à élever des stèles votives à Tanitetà Baal Ammon, et même àofilrir des sacrifices d'enfants.

Jules César, à la poursuite des derniers partisans de Pompée, campait dans les environs de Carthage, lorsqu'une nuit il vit en songe son armée en larmes. Frappé de cette vision, à son réveil, il écrivit sur ses tablettes : « Coloniser Carthage, » et une fois rentré à Rome, il expédia à la colonia Junonia les citoyens pauvres qui lui demandaient des terres. Auguste y envoya aussi des colons ; et dès lors, tous les rouages administratifs y fonctionnèrent régulièrement '. Les proconsuls de la province d'Afrique résidaient à Utique ; l'un deux, C. Sentius Saturninus, en 14-13 avant J.-C, transféra le siège de ses pouvoirs à Carthage qui s'appela désormais colonia Julia Carthago*. Quelques inscriptions lui donnent ce nom ainsi que les monnaies de bronze qui furent frappées avec les effigies d'Auguste et de Tibère, d'abord au nom de suffètes, puis au nom de duumvirs municipaux^.

Le palais proconsulaire, dont on ignore d'ailleurs l'emplacement, fut bâti sur une hauteur, peut-être à Byrsa, avec les rui-

1. Strabon, XVII, m, 15; Plut., Caesar, 57; Dion Cass., XLIII, 50. Cf. Corp. inscr. lat., t. VUI, p. 133.

2. Appien, VIII, 136; Dion Gassius, LXXX, l;Gh. Tissot., Géogr, comp, 1. 1, pp. 637 à 641.

3. Ch. Tissot, Fastes de la province romaine d'Afrique, p. 40.

4. L. MuUer, Numismatique de C ancienne Afrique^ t. II, pp. 149-151 ; Ch. Tissot, Géogr. comp,^ 1. 1, p. 636.

LA. CABTHAG E ROMAINE S7

nés du temple d'Eschmoun. Le pi-oconsul, choisi à Rome parmi

les sénateurs de rang consulaire, avait tous les pouvoirs de chersuprâme de l'arinéc. Mais bientôt on craignit de rendre trop puissant le gouverneur de Carthage : en l'an 37, sous Caligula. le commandemeat des troupes lui Tut enlevé, pour être confié à un légat [legattts Atigusti propraelore) nommé directement par l'empereur'.

Les contemporains, Pomponius Mêla, Strabom, citent déjà Carthage comme l'une dus villes les plus grandes et les plus riches de l'empire. Hérodien' dit que Carthage est la première ville après Rome, et telle est la force de la tradition que les cJtojens romains eux-mêmes, qui habitent Carthage, s'enorguei-

Hoimaiei de Cirtbige t

lissent du passé punique de leur ville et aiment à en rappeler la puissance, la richesse et les légendes.

C'est que déjà Virgile avait Tait tressaillir tous les cceurs au récit des malheurs de l'infortunée Didon. Les nouveaux colons, en reconstruisant pour eux-mêmes la ville détrnile, n'avaient

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