E. de Sainte-Marie, Mission à Carlhaget p
naissance, le nom temporaire de colonia Alexandria Commoda Togata * ; pour des motifs analogues elle s'appela sous Garacalla, colonia Aurélia Antoniniana Carthago •. Septime Sévère, avant Garacalla, avait réparé le grand aqueduc du Zaghouan, conféré le droit italique à la colonie et l'avait dotée d'un atelier monétaire qui fonctionna jusqu'à l'arrivée des Arabes, frappant des monnaies à légendes latines, au nom et à l'effigie des empereurs. Malgré tout, en dépit du nombre de ses habitants, de sa prospérité commerciale, de son activité industrielle et littéraire, Carthage, comprimée par Rome, ne joua, au point de vue politique, qu'un rôle secondaire. Il en fut autrement au point de vue religieux : Rome ne put l'empêcher d'être, autant, sinon plus qu'elle-même, l'un des principaux foyers du christianisme naissant, et de concentrer tous les regards par le nombre de ses fidèles, l'activité et la science de ses évèques, la hardiesse et l'éloquence de ses apologistes, les persécutions dont elle fut le théâtre, ses conciles et les hérésies sans nombre qu'elle vit naître, se propager ou s'éteindre. Carthage a joué un rôle supérieur à celui de Rome dans l'évolution philosophique et religieuse qui caractérise la période comprise entre le i(* et le v« siècle de notre ère : elle fut la plus agitée des capitales intellectuelles du monde romain '.
On ne saurait dire exactement à quelle époque des communautés chrétiennes commencèrent à s'organiser en Afrique; mais il est certain que les chrétiens étaient déjà fort nombreux dans cette province au n« siècle, et que Carthage fut leur centre. En aucune autre province de l'empire romain le christianisme ne fit d'aussi rapides et universels progrès ; mais si partout, depuis Tripoli jusqu'à Tanger, on trouve les vestiges des innombrables églises que les Vandales et les Arabes ont détruites, nulle part les ruines chrétiennes ne sont plus abondantes qu'à ^^ Carthage même. Le Musée de Saint-Louis est, pour les deux tiers, rempli de souvenirs du christianisme, si bien qu'on a pu
i. Corpus insc, lat., t. VIII, n» 1220.
. 2". Ulpien, Dip., XV, viii, xi; cf. Tissot, Géogr, comp.^ 1. 1, p. 642.
3. P. Monceaux, Les Africains, Étude sur la liltéralure latine de VAfHque, p. 487.
dire que le sol de Carthago n'était qu'un immense reliquaire. Partout, en effet, on y a recueilli plus de débris chrétiens que de restes du paganisme*.
Dès la fin du ii« siècle, il y avait un évêque à Carthage*. Le premier fut Agrippinus, et le second Optatus. Sous Septime Sévère, le proconsul Vigellius Saturninus qui fit construire TOdéon (180-183 ap. J.-C), ayant ordonné de contraindre les chrétiens à apostasier, on lui amena à Garthage douze récalcitrants de la ville de Scilla. Ils s'appelaient Spérat, Narzal, Cittin, Veturius, Félix, Acyllin, Letantius, et cinq femmes, Januaria, Generosa, Veslina,Donataet Secunda.Tous eurent la tête tranchée». Mais leur héroïsme ne fit qu'enflammer l'ardeur des chrétiens de Garthage qui, aussitôt qu'ils le purent, construisbent une église en leur honneur. Un fragment d'inscription, trouvé près du village de Douar-Ghott, sur lequel on lit : SCIL..., et le nom du monticule voisin, encore appelé Koudiat-Tsalli, paraissent au P. Delattre désigner l'emplacement de la basilique des martyrs scillitains.
A Garthage comme partout, les persécutions furent une semence de chrétiens ; elles suscitèrent aussi de courageux apologistes, au premier rang desquels figure Terlullien. Gertaines pages de son livre V Apologétique sont dans toutes les mémoires, parce qu'elles sont sublimes autant que véhémentes : « La vraie doctrine, dit-il, ne demande ni grâce ni pitié, elle ne veut qu une chose, c'est qu'on ne la condamne pas avant de la connaître. Les lois humaines seraient- elles donc aff'aiblies si vous l'écoutiez? » Et encore : « Vous avez beau nous montrer, comme chose infamante, les pieux auxquels vous nous attachez, les sarments sur lesquels vous nous brûlez : ce sont là nos robes de fêtes, nos chars de triomphe, les éclatants témoignages de notre vic-
1. Voyez notamment les nombreuses lampes chrétiennes du Musée de Saint-Louis et les tituli chrisliani publiés dans le Corpus inscript. latin,, t. VIII, Suppl., no» 13393 et suiv.
2. Voyez, sur les origines de l'Église d'Afrique, l'ouvrage de Mgr Toulotte, Géogr, de L'Afrique chrétienne Proconsulaire (Paris, 1892, in-8). Cf. Gsell, dans la Revue africaine, 1894, pp. 193 à 196.
3. Voyez Dom Ruinart, Acta sincera martyr um, pp. 86 et suiv.
toire. » Rappelons aussi ce passage célèbre : w Malgré ces tourments et ces persécutions, nous a-t-on jamais vus chercher à nous venger, nous que Ton poursuit avec tant d'acharnement, nous que l'on n'épargne pas même dans la mort? Pourtant, il nous suffirait d'une seule nuit et de quelques torches, s'il nous était permis de repousser le mal par le mal, pour tirer, des maux dont on nous accable, une terrible vengeance... Nous ne sommes que d'hier et nous remplissons tout ce qui est à vous, vos villes, vos places fortes, vos colonies, vos bourgs, vos assemblées, .vos camps, vos tribus, vos décuries, le palais, le sénat, le forum; nous ne vous laissons que vos temples! » Le livre se termine par cette apostrophe : « Courage, magistrats! puisque le peuple vous trouve meilleurs quand vous lui immolez des chrétiens, condamnez-nous, tourmentez-nous, déchirez-nous, écrasez-nous. Notre sang est une semence féconde; nous multiplions quand vous nous moissonnez.» Ailleurs, Tertullien s'indigne avec non moins d'éloquence contre les païens qui ne respectent pas même les tombeaux des chrétiens, violent le champ des morts et en brisent les épitaphes, aux crix mille fois répétés de : Areae non sintla Qu'ils n'aient pas de cimetières. »
Le fougueux prêtre de Carthage n'adresse pas seuement ses invectives aux païens; il n'épargne pas les hérétiques, jusqu'au jour où il devient hérétique lui-même et chef d'une secte de rigoristes exagérés qu'on appela les Tertullianistes,
Les écrits des apologistes n'arrêtèrent pas le bras des persécuteurs. En 202 ou 203, eut lieu, à Carthage, un drame émouvant que nous voudrions pouvoir raconter en détail : c'est le martyre des saintes Perpétue et Félicité *. On arrêta en même temps Revocatus et Félicité, esclaves d'un même maître, Saturnin, Secundulus et Vivia Perpétua, jeune femme de vingt-deux ans, qui appartenait à une famille riche et puissante; elle avait un enfanta la mamelle; Félicité était enceinte. Perpétue a écrit de sa main l'histoire de son martyre.
« Comme mon père, raconle-t-elle, continuait à vouloir me
1. Voyez le texte dans Dom Ruinart, ^c/a sincera primonimma7*lyrum pp. 92 et suiv.
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faire tomber, par afîectioH pour moi, je lui dis : « Mon père, voyez-vous ce vase, par terre? — Oui, dit-il. — Peut-on lui donner un autre nom que le sien ? — Non, répondit-il, — Eh bien, je ne puis pas non plus, moi, me dire autre chose que ce que je suis, chrétienne. » ... Peu de jours après, on nous mit en prison; j'en fus effrayée, car je n'avais jamais vu de telles ténèbres. Oh ! que ce jour me dura ! quelle chaleur I on étouifait, à cause de la foule ; des soldats nous poussaient avec brutalité, et puis, je me consumais d'inquiétude à cause de mon enfant. Alors, les diacres, Tertius et Pompone, qui nous assistaient, obtinrent, à prix d'argent, que nous pussions passer en un local plus commode de la prison. Nous sorlîmes du cachot ; chacun pensait à soi : je donnai à téter à mon enfant qui mourait de faim .. »
Perpétue raconte ensuite une vision qu'elle eut, et dans laquelle il lui seml)la qu'elle écrasait un dragon sous ses pieds ; puis, une visite que lui fit son père à la prison : « Mon père vint de la ville, consumé de tristesse ; il monta vers moi (la prison se trouvait annexée au palais proconsulaire) pour me faire tomber dans Tapostasie ; il me dit : « Ma fille, ayez pitié de mes cheveux blancs ! ayez pitié de voire père, si du moins je suis digne que vous m'appeliez votre père ! Moi qui, de ces mains que voilà, vous ai élevée jusqu'à la fleur de l'âge, vous qui étiez mon enfant préféré, ne me rendez pas l'opprobre des hommes ! » Ainsi me parlait mon père dans sa tendresse, me baisant les mains, se jetant à mes pieds.... Et moi, je pleurais sur les cheveux blancs de mon père ; je gémissais de ce que, seul de toute ma famille, il ne se réjouissait pas de mon martyre. »
La scène de Tinterrogatoire devant les juges n'est pas moins poignante d'émotion : t Quand mon tour vint, mon père se présenta tout à coup avec mon enfant ; il me fit descendre le^. degrés, et me dit d'une voix suppliante : « Ayez pitié de votre enfant 1 » Le procurateur Hilarien * me dit de son côté : « Épar-
1. Sur ce personnage qui remplissait par intérim les fonctions de proconsul, voyez Ch. Tissot, Fastes de la province romaine d'Afrique, p. 136.
gnez les cheveux blancs de yotre père ! Épargnez l'enfance de votre fils! Sacrifiez pour la prospérité des empereurs! ... Êlesvous chrétienne? » — Je lui répondis : « Je suis chrétienne! » Hilarien commanda de chasser mon père ; on le frappa d'un coup de bâton. Je ressentis le coup reçu par mon père comme si j'eusse été frappée moi-même, tant je compatissais à son infortunée vieillesse ! Hilarien prononça la sentence et nous condamna tous aux bêtes. Et nous descendîmes joyeux dans la prison. Gomme mon enfant était accoutumé à recevoir de moi le sein et à demeurer avec moi dans la prison, j'envoyai aussitôt le diacre Pompone pour le demander à mon père ; mon père ne voulut pas le donner. Mais il plut à Dieu que l'en Tant ne demandât plus à téter* et que je ne lusse pas incommodée de mon lait ; de sorte que je restai sans inquiétude et sans souffrance. »
... « Quand le jour du spectacle approcha, mon père vint me trouver. Il était accablé de tristesse; il s'arrachait les cheveux, puis se jetant à terre, la face tournée vers le sol, il se mit à maudire ses années, et à se plaindre en des termes qui eussent ému la créature la plus insensible. Et moi, je gémissais sur le malheur de sa vieillesse. »
La narration de la sainte s'interrompt en exprimant le vœu qu'un autre raconte la suite des événements. Et, en effet, il se trouva qu'un chrétien, témoin oculaire, mit par écrit les derniers moments des martyrs :
« Secundulus, dit-il, mourut dans la prison. Félicité était enceinte de huit mois et, voyant le jour du spectacle si proche, elle était fort affligée, craignant que son martyre ne fût différé parce que la loi ne permettait pas d'exécuter les femmes enceintes... Ses compagnons de captivité, affligés comme elle, se jnirent ensemble à gémir et à prier : cela se passait trois jours avant le spectacle. Aussitôt après leur prière, les douleurs prirent Félicité, et comme elle se plaignait, un des guichetiers lui dit : a Tu te plains maintenant ! Eh, que feras-tu donc quand « tu seras exposée à ces bêtes que tu as méprisées, lorsque tu «refusas de sacrifier? — Elle répondit : C'est moi qui souffre a maintenant; mais là, il y en aura un autre en moi qui souf-
« frira pour moi, parce que je souffrirai pour lui. » Elle accoucha d'une petite fille qu'une sœur éleva comme son enfant...
« La veille des jeux, on leur donna, suivant la coutume, le dernier repas, que Ton appelait le repas libre, et qui se faisait en public. Ils parlaient au peuple avec leur fermeté ordinaire, le menaçant du jugement de Dieu, attestant les délices qui se trouvaient dans leurs souffrances, et raillant la maligne curiosité de ceux qui accouraient auprès d'eux...
« Enfin, parut le jour de leur victoire. Ils sortirent de la prison pour l'amphithéâtre , comme pour le ciel : leurs visages étaient rayonnants; ils étaient émus, non de crainte mais de joie. Perpétue suivait, calme dans ses traits et dans sa démarche, comme l'épouse chérie du Christ ; elle tenait les yeux baissés pour en dérober l'éclat. Félicité se réjouissait de s'être assez bien relevée de sa couche pour combattre les bêtes, et se purifier ainsi, comme par un second baptême, dans son propre san^. Lorsqu'ils furent arrivés à la porte de l'amphithéâtre, on voulut forcer les hommes à revêtir le costume de prêtres de Saturne, et les femmes celui de prêtresses de Cérès. Ils s'y refusèrent avec une fermeté invincible... ; le tribun consentit en fin
à ce qu'ils entrassent avec les vêtements qu'ils portaient
Arrivés devant Hilarien, ils lui dirent par un geste de la main et de la tête : « Tu nous juges, mais Dieu te jugera! » Le peuple en fut irrité et demanda qu'ils fussent fouettés en passant devant les veneurs. Les martyrs se réjouirent de participer en cela à la passion du Seigneur... Saturnin et Revocatus, après avoir été attaqués par un léopard, furent encore maltraités par un ours. Satur ne craignait rien tant que l'ours et souhaitait qu'un léopard le tuât d'un seul coupdedent.il fut d'abord exposé à un sanglier, mais le veneur qui avait lâché la bête, en reçut un coup dont il mourut après les fêtes. Satur fut seulement traîné. Puis, on ouvrit la cage d'un ours, mais la bête s'obstina à n'en pas sortir. Ainsi Satur étant resté sain et sauf, fut rappelé pour la seconde fois. Les jeunes femmes furent dépouillées de leurs vêtements et mises dans des filets pour être exposées à une vache furieuse. Mais le peuple en eut horreur, voyant l'une si délicate et l'autre encore malade de sa couche, le sein
gonflé de lait. On les retira donc et on les couvrit d'habits flottants. Exposée la première, Perpétue fut projetée en l'air et retomba sur les reins. Elle se mit sur son séant, et voyant sa robe déchirée sur le côté , elle la rejoignit pour cacîier ses jambes, plus occupée de la pudeur que de la douleur. On la reprit, et elle renoua ses cheveux qui s'étaient détachés, car il ne convenait point qu'un martyr souffrît les cheveux épars, de peur de paraître affligé dans sa gloire. Elle se leva, et voyant Félicité toute froissée par terre, elle lui donna la main et l'aida à se dresser. Elles se tenaient debout toutes les deux; mais le peuple, dont la dureté avait été vaincue, ne voulut pas qu'on les exposât de nouveau, et on les reconduisit à la porte Sana Vivaria. Perpétue y fut reçue par un catéchumène nommé Rustique, qui lui était attaché. Alors, elle s'éveilla comme d'un profond sommeil, tant elle avait été ravie en esprit et en extase, et commença à regarder autour d'elle, en disant, au grand étonnement de tout le monde : « Quand donc nous exposerat-on à cette vache ?» On lui dit ce qui s'était passé ; elle ne le crut que lorsqu'elle vit, sur son corps et sur son vêtement, les marques de ce qu'elle avait souffert, et qu'elle reconnut le catéchumène. Puis, elle fit appeler son frère et lui dit, ainsi qu'à Rustique : « Demeurez fermes dans la foi; aimez- vous les « uns les autres, et ne soyez pas scandalisés de nos souffran- « ces. » Satur, à une autre porte, suivait le soldat Pudens et lui disait : « Me voici enfin comme je vous Pavais prédit; aucune « bête ne m'a encore touché. Croyez donc de tout votre cœur ; « je vais retourner là et je finirai par une seule morsure d'un (« léopard. » Aussitôt, en effet, pour la fin du spectacle, il fut présenté à un léopard qui, d'un seul coup de dent, le couvrit de sang. Le peuple s'écria : « Le voilà bien lavé, le voilà sauvé I » faisant une allusion ironique au baptême. Mais lui, se tournant vers Pudens : « Adieu, lui dit-il, souvenez-vous de ma foi ! que « ceci, loin de vous troubler, vous fortifie! » Puis, il lui demanda l'anneau qu'il avait au doigt, le mit sur sa blessure et le lui rendit comme un gage de son amitié et un souvenir de son sang. On regorgea au lieu où Ton avait coutume d'achever ceux que les bêles avaient laissé en vie : on nommait ce local spoliarium.
Le peuple demanda alors qu'on n'y conduisit pas les chrétiens, mais qu'on les ramenât au milieu de Tamphithéâtre ; il voulait les voir frapper, et s'associer ainsi, par les regards>à Thomicide. Les martyrs se levèrent, y allèrent d'eux-mêmes, après s'être donné le baiser, afin de consommer le martyre par un acte solennel de paix. Us reçurent le dernier coup, immobiles et en silence. Quant à Perpétue, elle tomba entre les mains d'un gladiateur inexpérimenté qui la piqua sur les os et la fit crier; elle fut obligée de conduire elle-même la main tremblante de son bourreau. »
Ce drame si poignant dont le récit, d'une simplicité si naturelle, nous remue l'âme encore après seize siècles, se passait dans l'amphithéâtre qui se trouve derrière La Malga et Douar- Gbott. Au milieu des ruines, imposantes encore, de ce vaste édiûce arrosé du sang des martyi-s, le cardinal Lavigerîe a fait ériger une croix avec une inscription qui rappelle les événements que nous venons de raconter. Faut-il, avec l'éminent prélat, croire que le tombeau de Perpétue et Félicité a été retrouvé dans le cimetière chrétien découvert, auprès de remplacement d'une ancienne porte de Garthage que les Arabes appellent encore Baber-Rih' « la porte du vent »? La basilique érigée au centre de ce cimetière était décorée d'une mosaïque qui représente une femme tenant la palme du martyre et foulant aux pieds un serpent : serait-ce, comme le croit le cardinal LavigeriCt une allusion à la vision de sainte Perpétue'?
Au moment où Tertullien disparaissait delà scène, un évêque illustre, saint Gyprien, montait sur le siège de Garthage : c'était en l'an 248. Les événements politiques des dernières années avaient, en captivant l'attention, donné quelque répit aux chrétiens. C'avait été d'abord la révolte de l'Afrique carthaginoise contre Maximien, en 235. Le proconsul Gordien, qui avait quatre-vingts ans, fut proclamé empereur à Thysdrus (El-Djem) et il parut à Garthage revêtu de la pourpre, ayant à ses côtés son fils associé à son pouvoir. Gapellien, qui commandait l'ar-
1. Lavigerie, De Futilité <Vune mission archéologique permanente à Carthage, p. 52; Tissot, Géogr, comp», t. II, p. 805.
mée de Numidie, reçut l'ordre de marcher contre les deui Gordiens qu'il battit , malgré le courage que déployèrent les Carthaginois pour défendre leur empereur. Le jeune Gordien Tut tué et son vieux père se suicida de désespoir : il aviùt eu l'ombredu pouvoir pendant vingt-deux Jours. Cinq ans plus tard,
sous Gordien lll>.un nouveau proconsul d'Arrique, Sabinien Toulut à son tour ceindre son front de la couronne impériale. Le procurateur de la Haurétanie vint, au nom de Gordien, l'assiéger dans Carthage : les habitants le livrèrent et obtinrent leur pardon au prix de cette infamie*.
HoDDiie (te Gordien d'Afrique, le fll:
L'ordre matériel rétabli, la persécution contre les chrétiens redoubla de violence. En 250, un édit de Tri^au Dëce en donna
1. iMPMANT-GORDtANvs AFRAVG. {Imperator Marcua Antonàtus GordiuniM^/ricantM^u^tMfus). Buslelïuré de Gordien d'Arriqae, le pèro. 4- ROMAE AETERNAE. Ls déesse Rome, assise, tenant une Victoire et un ■ceplre. Or.