R. Csgnst, L'armée romaine d'Afrique, p
3- WPMANTGORDIANVS AFa-AVG- Buste lauré de GordÎM d'Afrique, le fits.4- VICTORIA AVGG [Victoria Auguatorum). LaVietoire tenant une le palme. Argent.
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le signal; elle fut particulièrement sanglante à Carthage. On vit, sans doute, des défections nombreuses, inspirées par la peur des supplices; il y eut aussi des chrétiens qui se firent délivrer, à prix d'argent, des libelli attestant faussement qu'ils avaient pris part à un sacrifice païen. Mais ce furent là des exceptions, et la plupart des chrétiens se montrèrent d'une constance héroïque. L'évêqueCyprien, renommé pour sa science, sa fortune, son origine et ses vertus, était le point de mire des fureurs des païens fanatiques. Quand ils étaient réunis dans l'amphithéâtre, on les entendait s'écrier : « Cyprien aux lions! Cyprien aux lions ! » L'évêque ne crut pas de son devoir d'aller au devant du martyre : il quitta Carthage et du fond d'une retraite ignorée, il ne cessa par ses lettres d'exhorter les chrétiens à la résignation et au courage. Vers la fin di l'année, les rigueurs diminuèrent et les prisons de Carthage s'ouvrirent pour ceux dont la vie avait été épargnée. Cyprien rentra dans la ville.
Mais alors des querelles intestines vinrent désoler l'Église d'Afrique : on se divisa sur la conduite à tenir vis-à-vis des renégats, les lapsi, qui demendaient à rentrer dans le giron de l'Église. Devait- on user d'indulgence ou de sévérité à leur égard? Fallait-il leur administrer de nouveau le baptême? Quelle confiance pouvait-on accorder à leurs nouvelles protestations de fidélité? Ces questions, infîmes en apparence, engendrèrent des haines et des querelles sans fin. Un homme riche et puissant de Carthage, Félicissimus, qui avait été jeté en prison pendant la persécution et s'enorgueillissait Je son rôle de confes» seur de la foi, se lit le promoteur d'un schisme avec cinq prêtres qui avaient ambitionné l'épiscopatct vu avec dépit l'élection de Cyprien. Le plus intelligent et le plus adroit de ces prôtres s'appelait Novatien : il est célèbre dans l'histoire de l'Église.
Un concile que Cyprien rassembla à Carthage en 251, et qui se composait de soixante-dix évêques, excommunia les schismaliques et décida que les lapsi ne seraient réintégrés dans l'Église qu'au bout de trois ans de pénitence. Mais les schismaliques ne se tinrent pas pour battus; en vain Cyprien réunit coup sur coup
de nouveaux conciles, rédige sur toutes les questions des traités éloquents, donne, à Toccasion d'une peste qui sévit à Carthage en 252, Texemple du plus beau dévouement : les chrétiens étaient partagés en deux camps ennemis, lorsqu'une nouvelle persécution éclata sous Valérien, en 257. Au mois d'août, Cyprien fut arrêté et conduit devant le proconsul Paternus, Telle était la réputation de vertu de Tévêque qu'on n'osa le mettre en prison; on se contenta, cette fois, de l'exiler à Curubis, et dès Tannée suivante, Cyprien obtenait de l'empereur l'autorisation de rentrer dans sa ville épiscopale.
Mais peu après, sous le proconsul Galerius Maxim us, la persécution ayant redoublé de violence, Cyprien fut arrêté et condamné à avoir la tête tranchée *. « Dès que les chrétiens eurent entendu la sentence, ils se dirent les uns aux autres : a Allons, et qu'on nous fasse tous mourir avec lui. » 11 s'éleva donc, parmi eux, un certain tumulte et ils se précipitèrent en foule pour suivre Tévêque jusqu'au lieu de l'exécution, Vager Sexti, où l'on éleva plus tard une basilique. Eu arrivant au lieu du supplice, Cyprien enleva son manteau, se mit à genoux et pria; puis, il ôta sa dalmatique qu'il donna aux diacres, ne gardant sur lui qu'une tunique de lin, et il ordonna aux siens de compter au bourreau 25 pièces d'or. Les fidèles se mirent à jeter des linges autour du martyr, afin de recueillir son sang, tandis que deux d'entre eux, sur ses ordres, Julien, prêtre, et Julien, sous-diâcre, lui attachaient les mains. Le bourreau lui trancha la tête. Les chrétiens transportèrent solennellement son corps, avec des torches et des cierges, daus la propriété du procurateur Macrobius Candidianus, située dans la rue des Mappales, auprès des Piscines, c'est-à-dire auprès des grandes citernes du village de La Malga,dont la voie de Mappales rappelle le nom*. C'est donc à proximité de ces citernes, peut-être au KoudiatSoussou, qu'il faut chercher le lieu de la sépulture de saint Cyprien et les restes de la basilique qui y fut construite en son honneur.
C'était Je 14 septembre 258; l'année suivante vit le martyre