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XLIV. Emplacement de fouilles importantes deBeulé

— Le sol vierge n'a été atteint qu'à 19 mètres de profondeur. En arrière de ce sondage, on a découvert le mur d'enceinte de la place « Qu'on se figure, dit Beulé, un mur épais de 10«>,10, entièrement construit en grosses pierres de tuf. Cette épaisseur n'est point massive : elle contient des parties pleines et des parties vides, qui se succèdent ainsi qu'il suit : Si Ton se place en dehors de Byrsa, on a d'abord, devant soi, le mur qui faisait face à l'ennemi ; il a 2 mètres d'épaisseur. Derrière, règne un corridor large de lm,90, qui passe devant une série de chambres demi -circulaires, séparées du corrridor par un mur épais d'un mètre. De sorte qu'à proprement parler, le rempart qui s'offrait aux coups de l'ennemi était un massif de 4^,90, dans lequel on avait évidé,àdes hauteurs réglées, un passage couvert qui servait aux communications. 11 restait donc une profondeur de 6«»,20 pour les salles en forme de fer à cheval. Elles étaient adossées à la colline de Byrsa, et leur centre, appuyé et déguisé par un mur droit, épais d'un mètre, regardait l'intérieur de la citadelle. Ce mètre déduit, les salles avaient 4™,20 de profondeur, parce qu'il faut compter encore 1 mètre pour le mur du fond. Leur largeur était de 3m ,30, séparées les unes des autres par des murs transversaux de 1^,10; elles formaient une série continue et leurs petites dimensions laissaient à la muraille gigantesque dans laquelle elles avaient été évidées, toute sa massive puissance » (Beulé, Fouilles à Garthage, p. 59-60; Victor Guérin. Voyage archéologique dans la Régence de Tunis, 1. 1, p. 53; Ch. Tissot, Géogr, comp., t. I, p. 58S; Perrot et Chipiez, Hist. de Vart dans Vantiquité, 1. 1, p. 343 et suiv.).

XLV à XLIX. Fouilles du R. P. Delattre. — Dans ces fouilles considérables, entreprises en 1892, sur le flanc sudouest de la colline de Saint- Louis, on a découvert : 1** Un cimetière musulman, remontant au moyen âge (ci- dessus, p. 116). —

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2« Une maison byzantine formée de trois corps de bâtiments entourant une cour rectangulaire de 14"*,70 de côté; les décombres» accumulés dans les chambres et les cours, se composaient de tronçons de colonnes en marbre blanc et en cipolin, de chapiteaux en onyx, de pilastres cannelés, de fragments de mosaïques et d'inscriptions monumentales, de lampes chrétiennes, etc. — 3<> Des citernes romaines placées derrière le mur en blocage qui forme le fond de la maison byzantine ; le radier de ces citernes se trouve en surélévation de 4 à 5 mètres par rapport au sol de cette maison. — 4° Une rue romaine, de 5 mètres de large, pavée de dalles ; elle montait en rampe de la ville basse, et venait longer le mur de la forteresse. — 5° Le mur de fortification élevé par Théodose II, en 424, suivi sur une longueur de 80 mètres; dans la construction de ce mur, large de 4™,25 à 4™,50, entraient de nombreux débris architecturaux de l'époque romaine. Cette muraille a été déblayée, depuis l'une des portes dont elle était percée, à l'ouest, et qui correspond au sentier qui descend actuellement au village de Douar-Chott, jusque dans le voisinage des fouilles de Beulé où, découverte aussi par lui, elle disparut plus tard sous la pioche impitoyable des chercheurs de pierres. — 6© A 3 mètres derrière cette muraille, une longue suite d'absides appartenant à une série de salles contiguës ; quinze absides déblayées occupent un espace de 48 mètres et elles forment, en ligne droite, la suite des absides pareilles que Beulé avait découvertes, plus à TEst, et qu'il a considérées comme étant les vestiges des murs creux et couverts dont parle Appien (voyez ci-dessus, n°XLIV). Ch. Tissota pensé que ces salles en absides, égales et parallèles, s'ouvrant sur un corridor commun, ne seraient autre chose que des citernes (Tissot, Géogr, comp.^ t. I, p. 589) ; mais comment croire qu'il y eut ainsi des citernes sous toute la longueur des murs sud de Byrsa? Il faut y reconnaître simplement des murs de soutènement. Le P. Delatlre remarquant que la construction des murs est en opus reticulatum, trouve là un argument pour affirmer que ces murs sont de l'époque romaine. Quoi qu'il en soit, on ne saurait suivre le savant religieux lorsque, entraîné par une opinion d'Aug. Gastan, il considère les absides

On a enOn déterré les assises inférieures des forlifications puniques de la citadelle, construites en grand appareil : de nombreux débris de sculpture et d'architecture, des fragments d'inscriptions, entre autres un texte qui mentionne une AEDES CONCORDIAE, d'où le P. Delattre a cru pouvoir conjecturer que la cathédrale s'élève sur remplacement d'un temple de la Concorde (Tissot, Géogr, comp,, t. II, p. 800; Delattre, dans le Bulletin épigraphiquey t. V, p. 302 et suiv. ; le même, dans les Mélanges de VÉcole française de Rome, 1892, p. 239).

LU. — A quelques pas de la face longitudinale sud-ouestde la cathédrale, près de la petite porte de l'édifice, on a trouvé des citernes à moitié rasées par les travaux de nivellement de l'époque byzantine. La terre qui les remplissait a fourni quantité de morceaux de marbre numidique taillés et provenant de colonnes, de chapiteaux, de corniches, etc., des milliers de fragments de tablettes en marbre de Chemtou, en porphyre, en cipolin, en brèche africaine; quelques fragments d'inscriplions monumentales (Delattre, dans le Cosmos du 27 février i892, p. 363 et suiv. ; le même, dans les Mélanges de VÉcole de Rome, 1892, p. 238-242; C. L L., VIII, 14564).

LUI. — Une autre citerne située au nord, du côté opposé de la cathédrale,' a fourni de même des fragments de grande architecture, des débris de bas-reliefs et d'inscriptions monumentales (Delattre, dans le Cosmos du 27 février 1892, p. 364; le même dans les Mélanges de VÉcole de Rome, t. XII, 1892, p. 245).

LIV. — En ce point, voisin de la home géodésique, le P. Delattre a découvert des fragments d'architecture et de sculpture ; un morceau d'une grande et belle corniche et des fragments de colonnes cannelées, une tête colossale mutilée, une tête de* femme diadémée, d'autres débris de sculpture et d'inscriptions monumentales, des vestiges de murs construits en grand appareil ; deux grands bas-reliefs représentant des figures ailées portant des cornes d'abondance et mesurant 3 mètres de haut ; une autre figure colossale représentant une Victoire qui porte un trophée d'armes romaines : celte statue de Victoire, d'un

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grand style, remonte au commencement de la Garthage romaine : c'est le plus bel ornement du Musée de Saint-Louis. Là, se trouvait un édiflce considérable ; ce pouvait être le Capitole romain, ou un temple de la Yicloire (Delattre, Inscriptions de Carthage, dans les Mélanges de rÈcole de Rome, t. X, 1890, pp. 8 et suiv. ; et même recueil, t. XII, 1892, p. 237 et suiv. ; Comptes rendus de VAcad. des inscript, et belles-lettres, 1894, pp. 176 et 197 à 201).

liV. — En creusant les fondations du perron de rentrée principale de la cathédrale, on a fait sortir du sol plusieurs débris d'inscriptions : une main de statue et une portion de torse humain (Delattre, Inscriptions de Carthage, dans les Mélanges de V École de Rome, t. X, 1890, p. 8 et s.).

LiVI. — Citernes romaines.

LVII. — Dans la tranchée que forme le dernier coude de la route carrossable qui monte à la cathédrale, on a trouvé des fragments de sculpture et d'architecture monumentale, notamment une grande frise, un chapiteau de pilastre à feuilles d'acanthe, de dimensions considérables. Il y avait là un édifice important (Delattre, dans le Cosmos du 27 février 1892, p. 363; le même, dans les Mélanges de V École de Rome, t. XII, 1892, p. 251).

LVIII. Citernes romaines. — Deux grandes citernes voûtées, larges de 4 mètres, longues de 27 mètres dans l'état actuel ; des Arabes y ont installé leurs demeures (Beulé, Fouilles à Carthage, p. 36).

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