LXXIV. Aune vingtaine de mètres de l'angleléfirèrement obtus
iSO CARTHAGE
que forme Taqueduc, an nord des citernes de La Malga, M. Vernaz a découvert l'oriflce d'un branchement souterrain conduisant dans la direction de l'Est. Auprès de cet orifice se trouvait un système de portes et de vannes permettant de régler, suivant les besoins, l'admission de Teau dans l'aqueduc principal et dans Taqucduc souterrain. Du point débranchement, Taqueduc souterrain traverse la chaîne des hauteurs situées au nord de Byrsa, et débouche au pied de la colline deJunon, après un parcours en souterrain de 788 mètres. La largeur de cet aqueduc rectiligne varie de 0^ ,50 à 0"» ,65, avec une hauteur sur Taxe allant de lm,60 à 1™ ,80. Sur cet aqueduc étaient greffés les branchements secondaires. A l'angle Est de la base même de la colline de Junon, le radier du grand canal effleure le sol, et Taqueduc disparaît, sans qu'on puisse savoir si, continuant à ciel ouvert, il allait à gauche regagner les grandes citernes de Bordj- Djedid (noCI), ou s'il atteignait directement les Thermes publics du quartier deDermèche(n° XGïX),ous'il alimentait d'eau simplement les parties basses de la ville (Vernaz, dans la Revue ar^ chéologique, 3« série, t. X, i887, pp. 12 à 23; Dclattre, dans le Bulletin épigraphique, t. VII, 1887, p. 80).
LXXVIII. En cet endroit, appelé Ard-Souiria, à 27 mètres du coude que forme l'aqueduc du Zaghouan pourgagnerles citernes, on voyait, naguère encore, les ruines d'une tour de 29 mètres de diamètre. D'après Beulé, elle était revêtue intérieurement d'une mosaïque blanche appliquée en opus reticulalum. On a trouvé un fragment d'inscription à la base de celte tour aujourd'hui détruite ifi^uXé^ Bouilles à Car ihagej^, 48; V. Guérin, Voyage archéolog,, t. I, p. 44; E. de Sainte-Marie, Mission, p. 217; Delattre, In^crip^/ons trouvées de 1886 à iSSS et communiquées à V Académie d'Hipponey p. 13; le même, dans les Mélanges d*archéol, de r École française de Rome, t. XII, 1892, p. 259).
LXXIX. Saniat el-BIhodja. — Sur ce terrain, aujourdliui planté de vignes, près de la route qui va de La Malga à La Marsa, on a trouvé des épitaphes funéraires chrétiennes et celle de Fortunatus procurator fundi Benbennensis (Delaltre, dans le
TOPOGRAPHIE DE CARTHAGE 15t
Cosmos du 19 mars 1892, p. 461, et du 28 janvier 1894, p. 280; le même, dans les Comptes rendus du Congrès scientifique des Catholiques, p. 14, n® 17; le même, dans les Mémoires de la Société archéologique de Constanline, 1894, p. 177).
'. — En ce point, comme sur une ligne guipasse par nos nos LXXII, LXXX, CV, CVIII, nous avons indiqué des traces de murailles, d'après la carte levée sur le terrain par le colonel Perrier, pour le Corpus inscriptionum semiticarum (t. I, p. 243). C'était le rempart qui séparait le faubourg de Megara (La Marsa) de la cité proprement dite.
Au point qui se trouve le plus rapproché des ruines de la basilique de Damous el-Karita, on voyait naguère les substructions d'une ancienne porte de ville, et cet endroit est encore appelé parles Arabes, lab er-Rih' « la porte du vent ». Dans le voisinage de cette porte, on a trouvé de nombreuses inscriptions funéraires chrétiennes, comme autour de la basilique de , Damous el-Karita, Le long de cette ligne de remparts, qui porte, sur la carte de Falbe, les nos gO, 81 et 82, cet auteur signale des « ruines qui indiquent de vastes constructions et qui bordent la Carthage des Vandales » (Falbe, Recherches sur l'emplacement de Carthage, p. 10 ; Lavigerie, De VutiUlé d'une mission archéoL, p. 49; Tissot, Géogr, comp., t. II, p. 805).
LXXXIV et LXXX V. Colline dite de Junon. — Cette colline est située au nord- est de celle de Saint- Louis et un peu moins élevée que cette dernière. Le P. Delattre y a fait pratiquer des fouilles intéressantes que nous allons analyser sommairement.
A. — Dans une double tranchée en croix, sur le plateau supérieur de la colline, on a déblayé :
1« Une construction en forme d'abside, de 13™ ,50 de diamètre, dans laquelle se trouvait une colonne en marbre, un chapiteau corinthien et un cadran solaire;
2° Plusieurs citernes voûtées et contiguës; on en a retiré trois têtes de marbre, des lampes et des poteries chrétiennes ;
3<» A peu de profondeur, 7 mosaïques romaines;
4® Quelques tombeaux postérieurs à la dernière destruction le Carthage;
5" Dans un puils de 8» ,50 de prorondeur, un 'manque égyptien en terre cuite et un scarabÉe au nom de ThoutmÈs III. B. — Dans trois grands puils carrés, creusés à 15 mélres
de l'arêle qui regarde la mer, on trouva, à des profondeurs variant entre 7 et 13 mètres, des tombeaux puniques analogues à ceux de Byrsa. Les chambres sépulcrales, formées de pierres de grandes dimensions, renrermaieut, avec les squelettes, le mobilier ordinaire des tombes puniques : vases, lampes, sta-
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luettes en terre cuite, bijoux, pierres gravées. Il faut signaler particulièrement un fragment d'une poutre en cèdre, un anneau en électrum, aux emblèmes de Tanit et de Baal Ammon, des moitiés d'œufs d*autruche couverts de peintures, des poteries grecques, des scarabées égyptiens et des monnaies puniques. Dans la même couche du sol, on a recueilli plusieurs milliers de balles de fronde en terre cuite.
C. — Uni excavation pratiquée dans le flanc de la colline qui regarde Saint-Louis, a fait découvrir une mosaïque de très grandes dimensions (Delaltre, Inscriptions de Carthage, dans le Bulletin épigraphiqueyi, IV, 1884, p. 315 et suiv. ;le même, dans le Cosmos du 28 janvier 1888, p. 243; du26 octobre 1889, p. 358; du 5 mars 1892, p. 390; du 13 janvier 1894, p. 211 ; le même dans les Mélanges de l'École française de RomCy t. XII, p. 343; Ch. Tissot, Géogr. comp., t. I, pp. 591 et 653 et t. Il, p. 802).
Quelques bas-reliefs, des têtes et des débris de statues, des fragments de textes funéraires, des amphores, de nombreuses marques de potier, des monnaies, beaucoup de citernes, des mosaïques et des colonnes y représentent la période romaine. L'époque chrétienne y a laissé des épitapbes, des monnaies, des briques, des lampes et des vases ornés de symboles.
Sur le sommet de la colline, couronné aujourd'hui par la vaste maison des Sœurs de Notre-Dame des Missions d'Afrique, une couche de terre peu épaisse, variant de 0™ ,50 à 1 mètre, recouvre les mosaïques, tandis que sur les pentes, elles sont parfois ensevelies à 5 mètres de profondeur. Dans la cour du Petit Séminaire et dans le jardin du Garmel, on a exhumé divers débris d'architecture et de sculpture, des lampes et des pote* ries chrétiennes et païennes, des fragments d'inscriptions et de mosaïques. Dans un champ voisin du Garmel, à gauche, sur le bord du sentier qui conduit aux ruines de la basilique de Damous el-Karîta et passe entre la chapelle du Garmel et la maison du sieur Nappa, on voit des citernes, dont ce dernier a fait un dépôt de paille, bien qu'elles soient incomplètement déblayées ; on y a trouvé de nombreuses lampes chrétiennes et une statuette de la déesse mère, assise, tenant un enfant sur ses genoux, et reppelant les statuettes égyptiennes qui représentent
Isis allailant Horus (Delatlre, dans le Cosmos du 5 mars 1893, p. 395).
Mais au milieu de tous ces débris recueillis sur la colline dite de Junon, aucun ne parait provenir d'un temple de cette déesse. Ce n'est que par conjecture que Dureau de la Malle, Beulé, V. Guérin placent sur cette colline le temple de celte déesse, TAstarté des Phéniciens, la Tanit des Carthaginois, la Junon céleste des Romains d'Afrique (cf. E. de Sainte-Marie, Mission à Carthage, p. 173). A l'époque romaine, Juno Caeleslis, qu'il faut se garder de confondre avec Juno Regina qui avait son sanctuaire au Capitole avec Jupiter et Minerve, était en très grande vénération à Carthage et dans toute l'Afrique. Tertullien l'appelle pluviarum poUicitatrix, et Ulpien lui donne le surnom assez obscur de Salinensis. Une rue, qui conduisait probablement au temple, s'appelait via Cœlestis (Victor de Vila, Depersec. Vand.f I, ch. m).
Nous savons que le temple avait 2,000 pas de circonférence et qu'il rappelait, par son isolement, le temple de Junon à Samos. Un témoin oculaire anonyme, qui assista, le jour de Pâques 399, à la consécration du temple de Caelestis au culte chrétien, nous donne de l'édifice la description suivante : Apud Africain, Carthagini Cœlestis inesse ferebant templum nimis ant' plum, omnium deorum suorum œdibus vallatum, cujus platea llthostrata, pavimento ac pretiosis columnis et mœnibus decorata^ prope in duobus fere milibus passuum protendebatur [Anonyme, dont les Œuvres sont jointes à celles de Prosper d'Aquitaine, Lib. de promisse, XXXVI If, 44; cf. Tissot, Géogr. comp., t. I, p. 653). Ainsi, ce temple était très vaste, précédé d'une grande place revêtue de dalles de pierres, entourée de portiques, enclose de murs, et encadrée des sanctuaires de tous les dieux du pays, c'est-à-dire que sur cette cour s'ouvraient, outre le somptueux sanctuaire de la déesse, une infinité de chapelles latérales, c'est la disposition de tous les temples phéniciens. « Le jour de Pâques, continue l'Anonyme, une multitude de prêtres de Carthage et de tous les points de l'Afrique s'y assembla et le saint évêque Aurélius plaça son siège à la place où était Caelestis : cathedram illic loco Cœlestis et habuit et sedit.
Mais les païens, encore nombreux àCarthage à cette époque, réclamèrent leur temple, envahirent même la nouvelle église, et il s'ensuivit de graves désordres auxquels le tribun Ursus, sous le règne de Constance et Placidie, mit un terme en ordonnant que l'édiOce fût rasé et l'emplacement converti en cimetière (agfrwm re/igMif fn sepuUuram scilicet mortMori/m); les Vandales, achevant l'œuvre de destruction, allèrent jusqu'à détruire la rue elle-même, pour effacer jusqu'au souvenir de Caelestis {ipsamque viam sine memoina sui nunc Vandalica mauus evertit), (Tissot, Géogr. comp., t. I, p. 654; Delattre, dans le Bulletin épigraphique^ t. IV, 1884, pp. 315 et suiv. ; le même, dans les Mélanges de V École française de Rome, t. XII, 1892, p. 243).
C'est vraisemblablement dans Varea du temple de Junon Céleste que se trouvaient, fixées dans le sol, les stèles votives à Tanit et à Baal Ammon qu'on a retrouvées par milliers dans le quartier du Forum et au lieu dit Feddan el-Behim, c'est-à-dire dans la ville basse, arrachées à leur emplacement primitif. On n'en a recueilli aucune sur la colline dite de Junon. Ces ex-voto, enlevés lors de la démolition du temple, n'ont pas dû être transportés bien loin de leur place primitive. C'est pourquoi nous chercherions plus volontiers l'emplacement du temple de Junon Caelestis dans les terrains compris entre Byrsa et la colline de Junon d'une part, le dar Mustapha ben Ismaïl et le dar Ahmed Zarouk d'autre part. Outre les ex-voto puniques, nous avons, nous même, recueilli en cet endroit une inscription latine portant le nom TAINTIDA et un beau masque en terre cuite offrant le portrait de la déesse (S. Reinach et E. Babelon, Recherches archéologiques en Tunisie, pp. 14 et 28 et pi. I. ; C. I, Z.., t. VIII, SuppL,n°'' 144494 et 13327). M.Cagnat,à propos del'épithètede Salinensis donnée par Ulpien {Reg, 22^ 6) à Junon Cœlestis, observe que ce nom vient des salines du bord de la mer. Par là se trouve confirmée notre conjecture qui rapproche du voisinage de la mer Je temple de la fameuse déesse. Apulée dit, en parlant de Junon Caelestis : sive celsx Carthaginis quae te.,, percolit, beatas sedes fréquentas. Le mot celsa, remarque M.Cagnat, indique sans doute que le temple de la déesse était sur une hauteur (Cagnat, dans la Revue archéol., 3* série, t. XXIV, 1894, pp. 188-195); mais
dans le quadrilatère que nous venons de délimiter, le terrain est assez élevé par rapport aux ports, pour justifier le moicelsa, sans qu'il soit nécessaire de songer à Byrsa ou à la colline voisine. Quelle que soil Topinion qu'on adopte, on ne saurait toutefois tenir compte de l'hypothèse de A. Castan qui a prétendu que le temple de Junon Céleste et le Capitole étaient tout un, et queTunet l'autre occupaient le sommet de Byrsa (Comptes rendus des séances de VAcad. des inscriptions et belles-lettres^ 1885, pp. 112 et suiv.). Il est vraisemblable que le Capitole de Carthage était sur Byrsa; il paraît certain, d'autre part, que le Capitole et le temple de Céleste avaient une disposition analogue, c'està-dire une area entourée de portiques, avec un sanctuaire principal environné de sanctuaires secondaires. Mais cette disposition est commune à tous les temples des divinités orientales. Le Capitole de Carthage comprenait, comme tons les capitoles des colonies romaines, les sanctuaires de Jupiter, Junon et Minerve. Mais, comme nous l'avons déjà dit, la Junon des temples capitolins est Junon Reginay la déesse reine de l'Olympe grécoromain, épouse de Jupiter; elle n'a rien de commun avec Junon Cœlestis, l'ancienne Tanit ou l'Astarté orientale qui se rapprocherait plutôt de Vénus (Aphrodite Ourania). Et ce qui prouve qu'on ne saurait confondre l'une avec l'autre les deux Junons, c'est que jamais la Junon Regina ne reçoit l'épithète de Caeleslis, et que de plus, dans certaines villes africaines, comme l'a remarqué M. Cagnat, « on trouve la mention des deux divinités à côté l'une de l'autre. A Dougga, par exemple, Junon Règina était honorée au Capitole et Junon Cœlestis dans un sanctuaire tout à fait différent qui lui était propre » (Cagnat, dans \si Revue archéoi, 3« série, t. XXIV, 1894, pp. 188 à 195).
LXXXVII. Bir el-Bey. — Dans le terrain qui avoisine ce puits, on a trouvé les restes d'un baptistère avec mosaïque, un bénitier orné d'une croix latine entre deux poissons et les lettres A, B, C, un début d'inscription chrétienne : Hic sunt religma?...(?), enûn des colonnes et des pierres de grand appareil. Il y avait là, peut-être, une basilique chrétienne (Delattre, dans le Cosmos du 19 mars 1892, p. 461).
XC. Emplacement supposé des thermes deGargilius. — Suivant une conjecture du P. Delaltre, les ruines qui s'étendent sous la maison d'été des Sœurs de Sion et sous le jardin des Carmélites, seraient les thermes Gargiliens où se tint la fameuse conférence de l'an 4H, entre les évêques catholiques et les évèques donatistes. Saint Augustin {Patrol, Migne, t. XLIII, pp. 679 ei 689 ) dit que ces thermes étaient : in urbe média in tam spatioso et lucido et refrigeranti làco. On a retrouvé, à 4™ ,20 de profondeur, le dallage de l'hypocauste de ces thermes; on l'a mis à nu, sur une superficie de 16 mètres carrés ; en outre, sur un bandeau de marbre blanc, on lit les lettres APO...,dans lesquelles le P. Delattre voudrait voir le commencement du mot apodyterium^ nom de la salle où les baigneurs quittaient leurs vêtements. Le canal souterrain découvert par M. Vernaz qui, du déversoir des eaux du Zaghouan, à La Malga, se dirige du côté de Bordj-Djedid, passe contre ces thermes et il servait à les alimenter (Delattre, Inscriptions de Carthage^ dans le Bulletin épigraphique^ i886, t. VI, pp. 81-82; le même, dans le Cosmos du 28 janvier 1888, p. 243; le même. Inscriptions de Carthage, 1889-1890, dans les Mélanges de l'École française de Rome, 1890, p. 11-12; le même, dans le Cosmos du 13 janvier 1894, p. 211).
XCIV. — Victor Guérîn a placé en cet endroit, où Ton voit des ruines, le temple de Saturne, et nous ne sommes pas éloigné d'adopter celte hypothèse, malgré l'avis contraire d'autres archéologues (Victor G uérin. Voyage archéoL, t. I, p. 60; E. de Sainte- Marie, Mission, p. 175). En eflet, nous savons par les Actes du martyre de saint Cyprien, que le temple de Saturne se trouvait situé à proximité du temple de Junon Céleste, et entre ce dernier et celui d'Esculape. Saint Cyprien passa la dernière nuit de sa vie, in vico Satumi, chez le strator du proconsul Galerius Maximus ; in hospitio ejus, cum eo, in Xhco qui Saturni dicitur, inter Veneriam et Salutariam mansU, D'autre part, et ceci vient à l'appui du texte que nous venons d'invoquer, Saturne était l'ancien Baal Ammon ou Moloch- des Carthaginois, et les stèles votives puniques associent constamment le nom de ce dieu à celui de Tanit, de sorte qu'il est certain que les temples
de ces divinités parèdres se Irouvaient voisins. Or, nous avons vu qu'il y a de sérieuses raisons pour placer le sanctuaire de Tanit dans les terrains mamelonnés qui s'étendent au sudest de Byrsa: c'est là aussi, par conséquent, qu'on doit chercher l'emplacement du temple de Saturne.
XCV à Cil. Quartier de Dermèche. — Ce quartier doit son nom à d'anciens thermes romains dont nous parlerons tout à l'heure ; Thermis ou Thermas a passé dans la langue arabe sous la forme Dermèche (Delattre, dans le Cosmos du 11 février 1888, p. 204). « Le quartier de Dermèche est peut-être celui de Carthage où Ton rencontre le plus d'antiquités de tous les âges. Des tombeaux, des citernes, des stèles et des poteries y repré*sentent l'époque punique. Des mosaïques, des débris de basreliefs et de statues, des portions de textes lapidaires, quelques cadrans solaires appartiennent à la période romaine. On y trouve des lampes de toutes les époques. Il y en a de phéniciennes, de grecques, de romaines, de juives et surtout de chrétiennes. Il en est de même des monnaies : on en rencontre des puniques, des romaines, des vandales et des byzantines » {Delaltre, Inscript, de Carthage, dans le Bulletin épigraphiquey L IV, 1884, p. 106 et t. Vï, 1886, pp. 84 et suiv.).
Parmi les inscriptions les plus intéressantes trouvées dans le quartier de Dermèche, nous citerons le fragment d'une dédicace à l'empereur Valentinien (Delattre, Inscript, trouvées de 1886 à 1888 et communiquées à VAcad, d'Hippone, p. 11, n© 40) ; Tépitaphe funéraire de Q. Domitius Juventus, soldat de la première cohorte urbaine (Delattre, dans le Cosmos du 12 mars 1892, p. 428). A signaler aussi un vase liturgique ayant servi dans l'administration du baptême (Delattre, dans le Cosmos du 24 mars 1888, p. 463), et enfin, plusieurs centaines de pastilles ou de macarons en terre cuite portant l'empreinte de gemmes gravées. Les sujets gravés sont de style égyptien, ou de style grec de la bonne époque; on y reconnaît Isis, Horus, l'urœus égyptien, des hiéroglyphes égyptiens. Pan, Minerve, Mercure, Achille et Penthésilée, des athlètes, des têtes de divinités ou des portraits d'hommes, etc. Ces curieuses empreintes en terre
glaise ont été cuites par l'incendie de Carihage, en 146 avant J.-C. ; on les a recueillies dans les cendres de la ville punique (Delallre, dans le Cosmos du 13 janvier 1894, pp. 213-216).
XCV à XGVII. Le Serapeum et ses environs. — Près du jardin de la maison de Si Ahmed Zarouk, M. de Sainte-Marie a trouvé une statue colossale en marbre derimpératrice Sabine (au Musée du Louvre), des inscriptions votives à Jupiter Sérapis, en grec et en latin (E. de Sainte-Marie, Mission à Carthage, pp. 20 et 114, et C. h L., t. VIII, 1" partie, p. 134, et Swpp/., n<» 12492). On a aussi découvert, au même endroit, une tête colossale de ce dieu, un cynocéphale mutilé sur la poitrine duquel était gravée une dédicace à Sérapis, Le temple de Sérapis, d^nt remplacement est ainsi désigné par ces trouvailles au n° XGVIT, était vraisemblablement le centre du vicus Isidis signalé par Tertullien, De Idololat,, XX. Comparez Tacite qui, parlant de Rhacotis, dit : fuerat illic sacellum Serapidi atque Isidi antiquitus sacratum (Delatlre, Inscriptions de Carthage, dans le Bulletin épigraphique, t. IV, 1884, pp. 107 et suiv. ; le même, dans le Cosmos du 11 février, 188S, pp. 294-295).
XCIX. Ruines des Thermes d' Antonin. — Ces ruines sont encore imposantes parleur masse, bien qu'elles ne présentent plus que Taspect de gigantesques éboulis en blocage. Il paraît que, naguère encore , on voyait là de superbes colonnes. Les Arabes de Carthage, nous dit le P. Delattre, se rappellent en avoir vu un grand nombre encore debout. Ils se souviennent aussi des fouilles de sir Thomas Readquia fait transporter en Angleterre les colonnes de marbre veiné qu'il a trouvées. On venait exprès de Tunis pour assister à l'embarquement de ces colonnes qui, portées sur des chalands, étaient ensuite chargées sur des vaisseaux de guerre mouillés vis-à-vis de Carthage (Delattre, Inscriptions de Carthage, dans le Bulletin épigraphique, t. IV, J884, p. 107).
Voici comment, au xi« siècle de notre ère, un géographe arabe, El-Bekri, décrit les ruines des Thermes d'Antonin : « Le château, nommé Dermèche, est à plusieurs étages appuyés
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sur des colonnes de marbre d*une grosseur et d'une hauteur énormes. Sur le chapiteau d'une de ces colonnes, douze hommes pourraient s'asseoir les jambes croisées, et avoir au milieu d'eux une table pour y manger et pour y boire. Elles sont cannelées, blanches comme la neige et brillantes comme du cristal ; quelques-unes restent encore debout, les autres sont tombées à terre » (El-Bekri, trad. de Slane, dans le Journal Asiatique, décembre 1858, p. 521).
On a donné successivement, par conjecture, des noms différents à ces ruines imposantes : thermes Gargilîens, gymnase, thermes ou basilique de Thrasamond, etc. (V. Guérin, Voyage, 1. 1. p, 63), jusqu'à ce qu'une inscription récente, découverte dans les ruines mêmes par M. Vernaz et portant le mot THER- MIS avec le nom de Tempereur Antonin le Pieux, soit venue nous fixer sur la véritable destination du monument primitif {Bulletin des Antiquités africaines, 1885, p. 245; Tissot, GCogr. comp., t. II, p. 799; J. Vernaz, dans la Revue archéologique, 2* série, t. X, 1887, p. 173).
CI. Citernes de Bord^-DjecLid. — Ces citernes, construites ou réparées de fond en comble sous le règne d'Hadrien, sont un des monuments les plus remarquables qu'on puisse visiter sur le sol de Garthage. Elles se composent de dix-huit grands réservoirs voûtés et parallèles, larges de 7'",50, et profonds de 9 mètres, depuis le sommet de la voûte qui est percée d'un orifice circulaire. En outre, deux bassins latéraux, larges de 2^,50 et longs de 145 mètres, s'ouvrent sur chacun des réservoirs, de même que six chambres circulaires à coupoles, qui servaient de filtres. En les vidant pour les utiliser de nouveau et les faire servir à l'alimentation de la région, on y a découvert des lampes chrétiennes, des seaux en bronze, un pied et un bras d'une statue colossale en marbre (le bras a 1™ ,68 de tour), une inscription en l'honneur de Septime Sévère, En novembre 1888, on a retiré du béton formant le radier du neuvième réservoir, au cours des travaux de restauration, une brique romaine avec marque de fabrique. «Tout le radier étant formé d'un béton uniforme, ajoute le P. Delattre, cette brique fournit la preuve de
TOPOGRAPHIE DE CARTHAGE Ifil
origine romaine et non punique de ces vastes citernes. « Sous le Tortin turc voisin des citernes et converti récemment en batterie, on a découvert un autre groupe de citernes formé de réaervoîrsanalogucsàceux que nousvenonsdedécrire. Les citernes de Bordj-Djedid sont signalées, comme il suit, au xi" siècle par El-Bekri : « Une grande voûte, dont l'e^tréinilé échappe aux regards, renferme sept vastes réservoirs nommés Mouadjel-es
L'ADge de Tanil, d'iprèa uae slèle volivc.
cheïatin, « les citernes des démons » ; ils contiennent une eau très ancienne qui y est restée de temps immémorial. Dans le voisinage du château de Dermèche, est une prison obscure formée de voûtes posées les unes sur les autres et dont l'entrée inspire l'eDroi. On y trouve des cadavresqui conservent encore leur forme primitive, mais qui tombent en poussière aussitôt qu'on les touche. » (El-Bekri, trad. de SIkus, Journal Asiatique, déc. 1858, p. 522. Cf. Perrot et Chipiez, Hist. de l'art dans FantiquiU,l.liUp- 360 etsuiv.;Ch. Tissot, Géogr. comp. 1. 1, pp. 597 et 617 ; DelaKre, dans les Mélanges de l'École française de Rome, 1891, p. 6 du tirage à part; le même, dans le Cosmos du 11 février 1888, p. 294, et du 20 janvier 1894, p. 245; le même dans ]cs Mémoires de ta Sociêlé archéoi. de Constanline, 1894, p. 167).
Lrados des citcrnefi de Bordj-Djedid. -^
Les aqueducs voisins des citernes de Bordj-Djedid. — Autour des citernes de Bordj Djedid, M. Vernaz a découvert une canalisation conopliquée de neuf branchements particuliers; ils sont situés, partie à l'est, partie à Touest des citernes. En déblayant celui de ces branchements, long de 270 mètres, qui desservait les thermes d'Antonin, on a trouvé une nécropole punique dont nous allons parler tout à l'heure, et quatre tombes chrétiennes.
Dans l'angle sud-ouest des citernes, M. Vernaz a découvert l'orifice d'un nouvel aqueduc dallé et non voûté, « placé à peu près sur Taxe de la galerie qui longe les citernes, à l'ouest ; il débouche dans la troisième citerne, dont il paraît avoir été chargé de conduire les eaux vers un édifice situé à faible distance, dans la direction de Byrsa » (Vernaz, dans la Revue archéol., 3* sér,, t. X, 1887, p. 23 à 27), Au-dessus des grandes citernes, il existe une construction, aujourd'hui souterraine, connue des Arabes sous le nom de Koubba bent el-ré, et à laquelle des archéologues ont donné l'appellation pompeuse de Bains de Bidon, Au commencement de ce siècle, d'après Thomas Maggil, on voyait encore des peintures sur les murs de l'une des chambres (Delattre, Inscriptions de Carthage, dans le Bulletin épigraphique, t. IV, 1884, p. 108; C, I. L., VIU, SuppL, n° 12578).
La découverte la plus intéressante qu'ait faite M. Vernaz, auprès des citernes de Bordj-Djedid, est celle d'une vaste nécropole punique, antérieure, semble-t-il, à celles de Byrsa et de la colline de Junon. Au sommet de la colline de Bordj-Djedid, à la profondeur de 10 mètres, on a trouvé le rocher percé de puits aboutissant à des chambres funéraires puniques. A 14 mètres de profondeur, l'un de ces caveaux, creusé dans le roc, était encore rempli des ossements et du mobilier funéraire. Entre autres objets précieux, on a recueilli dans cette nécropole un bandeau d'or large de 17 millimètres disposé encercle mesurant 95 millimètres de diamètre. Le pourtour est orné de parties saillantes qui ont renfermé des pierres précieuses, les unes de forme rectangulaire, les autres de forme oblongue. Le bord supérieur du bandeau est muni de trois petits anneaux d'or (Delattre, dans
le Cosmos du 20 janvier 1894, pp. 245-246; le même, dans les Mémoires de la Société arch. de Constanline, 1894, pp. 167-168).
En déblayant Taqueduc de 270 mètres qui, de Tangle sud-est des citernes, va rejoindre les thermes d'Antonin, M. Vernaz a découvert encore de nombreux tombeaux taillés dans le grès tendre, sans maçonnerie, et se rapportant à deux types généraux : « Les uns forment de petites chambres rectangulaires, où Ton ne peut accéder que par une ouverture percée dans l'un des petits côtés et fermée par une dalle placée verticalement ; les autres^ semblables aux auges funéraires dont parle Daux, sont recouverts de grandes dalles posées à plat. Ces dalles, surtout celles qui sont placées verticalement, ont des dimensions parfois considérables ; elles atteignent 2 mètres de hauteur, 1 mètre de largeur et 0"*,50 d'épaisseur. Elles proviennent, sans aucun doute, des laiomies d'El-Aouaria ou des carrières voisines de la presqu'île du cap Bon, qui fournissent seules des matériaux de cette nature; et Ton se demande au prix de quels efforts, des blocs du poids de plusieurs tonnes, ont pu être transportés et mis en place avec lès moyens primitifs dont disposaient les colons phéniciens. Des puits rectangulaires, taillés eux-mêmes dans la roche, et dont la profondeur atteint jusqu'à 4 mètres, donnent accès à ces caveaux funéraires. C'est au fond de ces puits que se trouvent les grandes dalles qui recouvrent les tombeaux ou qui ferment les ouvertures. »
Dans ces tombeaux, Vernaz a recueilli des vases phéniciens et d'autres, en plus petit nombre, de fabrication grecque, une lance, un vase en bronze, des fragments d*œufs d'autruche décorés de peintures triangulaires au vermillon ; une stèle plate avec rimage de Tanit, en relief; elle lève la main droite et relève de la main gauche les plis de sa tunique.
Les nécropoles de la Phénicie ont offert des tombeaux analogues à ceux-ci (Vernaz, dans la Revue archéoL, 3* série, t. X, 1887, pp. 151 à 159).
A proximité de cette nécropole, le P. Delaltre en a découvert une autre dont il poursuit présentement l'exploration avec autant d'intelligence que de bonheur. Tout, dans ces tombes curieuses, nous prouve que la Garthage antérieure aux guerres
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puniques n'était que le prolongement de la civilisation phénicienne et cypriote du côté de TOccident. Ces sépultures sont, en effet, pareilles à celles de la côte de Phénicie, et elles renferment des objets identiques: grains de colliers et de pectoraux, par milliers, pareils à ceux des Égyptiens ; cylindres creux en argent, scarabées montés en bagues ; bracelets en argent avec un décor de fleurons identique aux motifs préférés de l'art cypriote ; masques funéraires en terre cuite, modelés sur la figure du défunt ; statuettes en terre cuite ; fibules, chaînettes et autres menus objets en bronze ; objets en verroterie égyptiennereprésentant des chiens, des oiseaux et d'autres animaux, des divinités telles qu Isis, Osiris, Phtah, Dès, parfois accompagnés de caractères hiéroglyphiques. A côté de Tinfluenc? égyptienne et cypriote, on trouve aussi l'art indigène dans ('ivers monuments : une inscription phénicienne qui, selon M. Philippe Berger, remonte jusqu'au yi* siècle, nous donne le nom d'une divinité hermaphrodite appelée Astarté-Pygmalion. On y a également recueilli des monuments de provenance grecque et rhodienne, entres autres, des vases peints, parmi lesquels il en est un sur lequel sont figurés Achille et Troïlos (Delattre. Les tombeaux puniques de Carthage^ 1890, p. 83 et suiv.; le même, dans le Cosmos du 27 janvier 1894, pp. 244 et suiv. ; le même, dans les Comptes rendus de VAcad. des inscript, et belles-lettres, 1893, pp. 394-397 ; A. Héron de Villefosse et Ph. Berger, ibid. Année 1894 : pp. 405 à 406; 426 à 427; 432 à 440; 445 à 453. Année 1895, p. 61; voyez aussi séances des 7 et 14 février 1896).
OIV. Plateau de TOdéon. — On a découvert, sur le point le plus élevée de ce plateau des restes de constructions importantes et des murs de diverses époques (Delattre, dans leCosmodu 20 janvier 1894, p. 247). Il y eut, là aussi, une nécropole punique (Delattre, Les tombeaux puniques de Carthage, 1890, pp. 81 à 83).
Il y a quelques années, on y remarquait encore les ruines importantes d'un édifice circulaire qu'on a appelé temple de Saturne ou temple de Cérès ou Proserpine ; Falbe en avait dé-
GARTHAGE
gagé la partie centrale, et Davis, tout le pourtour. « Le centre de cette singulière construction, dit Tissot, est une rotonde dont la voûte, complètement effondrée, était soutenue par douze piliers massifs, épais de 3m,46 et séparés par un intervalle régulier de ln»,37. Cette salle circulaire est entourée de trois anneaux concentriques formés de douze piliers correspondant à ceux de la rotonde centrale et également séparés par autant
Plan de l'Odéon.
de couloirs. L'épaisseur des piliers est de 'ln»,22 au premier anneau, de 1°^,83 au second, et de 3^,66 au troisième. Les trois galeries ont 4^,89, 5ni,48 et 6'û,92 de largeur. L'ensemble de rédiûce, en d'autres termes, se compose d'une rotonde centrale entourée de trois galeries concentriques et communiquant avec l'extérieur par les douze avenues que forment les piliers des quatre enceintes circulaires » (Tissot, Géogr,comp., t. I, p. 656; cf. E. de Sainte-Marie, Mission,^, 176; N. Davis, Carthage and her remains (1861), p. 175).
On pense à présent, mais sans preuve décisive, que ces ruines étaient celles de TOdéon qui fut construit sous le proconsulat de Vigellius Saturninus (180-183 après J.-C), et où Ton célébrait les jeux Pythiques, Tertullien parle de TOdéon en ces termes : Sed et proxime in ista civitate quum Odeifundamenta tôt veterum sepulturarum sacrilega coHocarentur \ quingentorum fere annoi^m ossa adhuc siiccida et capillos olentes populus exhorruit (Tertullien, ScorpiacCy ch, xxxu; cf. Ch. Tissot, Géogr. comp., 1. 1, p. 654). Ainsi, Tertullien constate qu'en creusant les fondations de TOdéon on trouva d'antiques sépultures puniques. Or, les fouilles du P. Delattre ont mis au jour, comme à Byrsa et sur la colline de Junon, de nouveaux tombeaux de Tépoque punique, circonstance qui confirme l'hypothèse d'après laquelle le monument circulaire qui couronnait la colline est l'Odéon (Delattre, Inscriptions de Carlhage, dans le Bulldin épigraphique, t. VI, 1886, p. 83 et suiv.). C'est dans le quartier de TOdéon que fut découvert un important fragment d'inscription punique qui mentionne les redevances dues aux prêtres pour différentes sortes de sacrifices (Corpwi inscr. semiticarum^ 1. 1, n" 169, p. 257).
CV. Damous el-Karita. — Tel est le nom du champ dans lequel le P. Delattre a découvert les restes d'une vaste basilique chrétienne. D'après le plan publié par le savant missionnaire, l'édifice se composait de trois parties :
1° Au milieu, la basilique proprement dite;
2o A gauche, ïatrium demi-circulaire, avec son trichorum et son nymphœum;
3» A droite, une seconde basilique conliguë à la première et renfermant le baptistère.
I. Labasilique. — Elle est rectangulaire avec absides, et mesure 65 mètres de long et 45 mètres de large. Il y a neuf nefs, séparées par huit rangées de piliers près desquels ont été retrouvées les colonnes et chapiteaux. La nef centrale avait une largeur de 12m,80. A l'extrémité sud de la grande nef, une abside ; à l'extrémité est du transept, une autre abside. La première était pavée d'une mosaïque; la seconde était fermée par
un iconostase composé de quatre eolonoes, taillées chacune avec son stylobate et son chapiteau dans un monolithe de marbre gris. Le chancel de cet iconostase était formé de panneaux de marbre blanc, ornés, d*un côté, d'une croix latine pattée, avec double tige sortant du pied, et de l'autre, qui regardait l'abside, d'un monogramme du Christ (I et X) dont l'ensemble limite une rosace à six cœurs. Sous l'abside, une série de tombes parallèles.
En avant de l'iconostase, une crypte contre laquelle on a adossé, à une époque postérieure, une abside bâtie avec de mauvais matériaux. j
Au point de rencontre de la grande nef et du transept, \ c'est-à-dire au point central de la basilique, les quatre bases et les autres éléments du ciborium qui abritait l'autel. Les co- j lonnes étaient de beau marbre vert ; leur base et leur chapiteau j étaient de marbre blanc.
En entrant par la porte latérale de l'ouest, on a, à droite, les restes d'un irickorum ou triforium bâti sur un columbarium païen, dont on a trouvé en place les urnes funéraires et les ^ ossements calcinés.
Plus de cent colonnes en granit ou en marbre soutenaient . le toit de l'édifice.
Dans l'intérieur de la basilique, plusieurs réservoirs souterrains, servant de caveaux funéraires; il y avait aussi des citernes romaines antérieures à la construction de la basilique.
Outre la porte latérale de l'ouest et les issues communiquant, du côté opposé, avec les bâtiments adjacents, on avait surtout accès dans la basilique par la façade. Il y avait là une ou trois portes s'ouvrant sur la cour semi-circulaire ou atrium.
IL Vatrium, — Varea ou atrium semi-circulaire était à ciel ouvert, entouré d'une galerie couverte formée par des colonnes. Au point saillant de sa courbe, c'est-à-dire vis-à-vis de la porte centrale de la basilique, ïarea donne accès dans un triçhorum dont la voûte était revêtue de mosaïques de diverses couleurs, et dont chaque absidiole renfermait une tombe. Celle du milieu laisse encore voir la place d'un sarcophage à strigiles. 11 y avait là une mensa martyrum. Sur l'enduit intérieur des murs,
DAMOUS-EL-KARITA
Rout« d« Echelle
Sidi - Bou - Said
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Plan de la basilique chrétienne de Damons-