SCÈNE IV
FRANÇOIS, GR1BICH0N,
CRIBICRON, à pari.
L’Eveillé est un niais! Sou homme est un provincial, et on ne vient pas du fond de sa province à Paris avec dix pistoles. (ll*ui, cl prcaaat Tuent gueon.) Qlii est là? Q’eSt-ce pas un voleur? FRANÇOIS.
Non, Monsieur, c’est un volé.
CRIBICRON.
On voiél.-.cadédis!...
FRANÇOIS
Ihi simple volé. Je me nomme François Beaudouin, pour vous servir, et j’arrive de Bar-«ur-Aub*\ par le roche, pour aller ! voir ma cousine, qui demeure rue Brise-Miche-
CRI BICHON
Non loin de la rue Jean-Pain-Mollet.
A l’enseigne du Ckal-qui- Pêche.
ent bichon.
Je vais justement decccété,ct,si vous le voulez, je vais vous y conduire.
FRANÇOIS
Trop de bonté, Monsieurt...
CRISICHON.
Mais, puisque vous m’avez décliné vos noms et qualités, il est bon que jYn fasse autant. Moi, Monsieur, je suis le chrva- ' lier Raverdac de Grenouille, et j'arrive en poste de Bordeaux, pour voir le roi, mon cousin.
FRANÇOIS
Votre cousin I
CRIBICRON.
Gsu de germain, Monsieur!., et on a tenté de me dévaliser comme vous.
FRANÇOIS
Ab! vous avez fait aussi une mauvaise rencontre? ..
GRIMCHON.
Oui, cinq ou six coquins m'ont entouré là-bas en me demandant L: bourse .. mais j’ai tiré ma ('olichemardt', j'ai voilé, quarté, engagé, flan comte... j'en ai mis huit hors de combat, et les dix autres poltrons se sont sauvés comme quatorze lièvres.
Ah !... monsieur le chevalier, j’ai été moins heureux : ou m'a dévalisé.
cribicbon.
Ali I cadédis! j'en suis ravi!...
FRANÇOIS
Comment ça, ravi?... #
cniiticiiON.
Parce que c'est une occasion de vous obliger.
FRANÇOIS
Moi, Monsieur?...
CRIBICRON.
Ma bourse est à votre service. . combien vous faut-il?,. FRANÇOIS.
Mais, rien, Monsieur, rien du tout.
CRIBICRON.
Rien!.., et comment ferez-vous pour vivre dans Paris?... vous avez donc d'autres ressources... quelles ressources avezvous?...
FRANÇOIS, UH myürre.
Maman Simonne m’a dit : à Paris, il faut te méfier des voleurs. et je me méfie!.. On m’a dévalisé d'une petite somme, c’est vrai- . mais...
CRIBICRON.
Mais?..
FllANÇOlS.
Quand je suis parti, maman...
cm bicror.
Ali! vous avez votre maman?
FRANÇOIS
Ohl oui, Monsieur!...
CRIBICRON.
Vous êtes bien heureux d’avoir votre maman.
FRANÇOIS
Elle m'a cousu cent louis d'or dans la doublure de ma veste. Ah!...
CRIBICRON.
Cent louis d’or!
FRANÇOIS
Dans la doublure! tou te ma fortune, monsieur lecbcvalier.
CRI RICHOtt.
Là?... dans cette doublure?...
FRANÇOIS
Ebl ouil... comment trouvez-vous ça?-.
CRIBICRON.
Eh I cadédis! c’est trés-ingénioux...
FRANÇOIS
1 N’est-ce pas que c’est trés-ingénioux... nieux... Les voleurs de Paris sont bien fins, mais les honnêtes gens de Bar-sur-Aube ne leur cèdent en rien... et je me méfie.
CRIBICRON, à part.
L’Eveillé est un imbécile... j'avais flairé le magot, moi. (Ha*, et a» *» «oit naturelle.} Savez-vous pourtant que je vous trouve fort indiscret de me dire cela, à moi, que youb ne cou naissez pas?
FRANÇOIS
Avec vous, il n'y a pas de danger.
CRIBICRON.
Si j'étais un fripon par hasard ?
FRANÇOIS
Ohl...
CRIBICRON.
Rb! que Sait-on?... si je vous disais tout d’on coup : mon bonhomme, donnons les cent louis... allons, allons, les ccnt louis d’or!...
FSA NÇOIS , «OIM*.
Si vous me... disiez... (s* raturant.) Mais vous ne me le dite» pas, vous èles le chevalier de Baverdac... vous êtes un...
CRIBICRON.
Et si j’ajoutais : je n’ai pas de temps à perdre... Eh! vile!... la bouree ou la vie!...
Si vous ajoutiez ça.,, mais... ch! eh! ehl... c'est' pour rire, n est-ce lias... c’est pour rire?...
C, RI BICHON
Eh! mille tonnerres!...