SCÈNE VI, MONSIEUR DE MÉRAN, ALPHONSE, SAINT-ALPAN
M. DE MÉRAN,->-Vous vous donnez bien du mal, mon cher Saint-Alban.
SAINT-ALBAN. — J'en serai trop récompensé,si je puis vous égayer un peu.
M. DE MÉRAN.— Savez-vous bien que la société ne répondra probablement pas à l'éclat de la fête. Nous connaissons peu de monde, et nos voisins, gens très estimables sans doute, ne sont que de riches campagnards.
SAINT-ALBAN.—Monsieur le comte, vos riches campagnards seront les bienvenus ; j'aime beaucoup les riches campag'ards. ce sont de braves
gens. D'ailleurs, pour égayer l'assemblée, j'ai fait prévenir une troupe de bateleurs, grotesques de tous les pays, Italiens, Chinois, Egyptiens dont on dit merveille. Leurs danses et leurs jeux animeront la fête ; plusieurs de mes amis doivent venir nous joindre. Oh! je vous réponds que l'assemblée sera nombreuse.
M. DE MÉRAN.— Vous songez à tout.
SAINT-ALBAN (avec intention).—Je n'avais garde de l'oublier.
On entend d'abord un grand bruit dans la coulisse, puis on voit des valets qui repoussent des Savoyards, dont l'un, le plus grand a une lanterne magique sur le dos,