IN VINO VERITAS
Midi sonna à la vieille horloge de Bicêtre
Puis un grand coup de cloche retentit
C'était l'heure du déjeuner.
Bonne-Chance, qui regardait dans la 'cour, lâcîia les barreaux de sa fenêtre et se retourna vivement vers la porte, comme s'il attendait quelque chose.
Mais l'ancien saltimbanque n'avait point menti.
L'œil plus vif, le teint plus frais, les joues plus pleines, le bandit engraissait, rajeunissait.
Et comme son regard restait toujours attaché sur la porte, il eut tout à coup un sourire de satisfaction.
Celle-ci venait de s'ouvrir, et portant une grande table recouverte d'une nappe bien blanche et chargée de flacons et de victuailles, deux geôliers étaient entrés
— Doucement!... attention à la casse ! dit l'un d'eux en riant.
Le visage épanoui, les narines dilatées, les yeux pleins de convoitise, Bonne-Chance venait déjà de s'installer.
Le menu se composait ce jour-là, avec les hors-d'œuvre, d'un joli poisson doré, d'un beau poulet rôti et d'une appétissante salade. Mais ce qui réjouissait surtout Bonne- Chance c'était la vue des flacons.
— Tiens! murmura-t-il, plusieurs bouteilles I... Et il souriait de plaisir, sa gourmandise s'excitait. Mais il avait un étonnement.
C'était donc un déjeuner de gala, un repas encore plus fin et plus copieux que ceux qu'on lui faisait faire ?
En quel honneur?
Qu'est-ce que cela voulait dire?
Et sa surprise redoubla quand il s'aperçut que l'un des geôliers dressait un second couvert et posait un autre tabouret en face de lui.
Et il ne put s'empêcher de dire tout haut sa pensé :
— Pourquoi mettez-vous donc cette assiette en face de moi?.., pourquoi ce jsiège-là?...
— Parce que vous ne déjeunez pas seul aujourdUiui, répondit celui des porte-clés qui avait déjà parlé,
— Pas seul?
— Vous avez un invité... un convive...
Honne-Chance restait absôurdi.
— Un convive ? répéta-t-il.
— Oui, monsieur B( rtaut, dit le porte-clé.
Et le nom de l'agent venait à peine d'être prononcé que celui-ci parut. Chose rare et qui n'eût pas manqué d'étonner beaucoup ses Risque-Tout, il avait, ce matin-là l'air très content de lui, l'air très gai. Du premier coup d'oeil il avait aperçu le couvert mis, la table resplendissante. Ah! nous y sommes? s'écria-t-il. Alors, à table!., à table! Et d'un geste il balaya les deux geôliers.
— Ouf! fit-il en s'asseyant lourdement en face de Bonne-Chance^ j'ai [une faim de loup!
Puis il prit une bouteille, emplit les verres et dit :
— Commençons d'abord par boire un coup. A votre santé, mon brave! Le bandit était si saisi, si surpris qu'il ne pensait plus à manger.'
— Eh bien, qu'avez- vous donc? dit vivement et gaiement Bertaut. Pourquoi me regardez-vous avec ces yeux-là ?... Est-ce que je vous gêne?
Bonne-Chance grimaça un sourire.
— Non, n'est-ce pas?... Vous savez bien que je ne suis pas un mauvais diable, reprit l'agent. Allons, attaquons!... attaquons!... Permettez que je vous serve. Une tranche de ce jambonlà... Il doit être exquis, délicieux...
Et le nez sur son assiette, il dévorait à belles dents.
Mais, tout en mangeant, 11 ruminait, réfléchissait.
Décidément il avait eu une bonne inspiration de ne pas traiter Bonne-Chance avec trop de rigueur.
Sans doute, la torture n'était pas à dédaigner et pouvait rendre des services. Mais avec cette nature-là, avec cette nature sauvage et brute, peut-être ne fût-il pas aussi bien arrivé à ses fins que par les bons procédés et la douceur.
— A travers ses hurlements il aurait fait quelques aveux, se dit Bertaut. Oui, c'est clair... On avoue toujours. Mais aurait-il tout dit?.. Mais aurait-il fait sa confession tout entière? Tandis que le traitant de cette façon-là, je l'amène doucement, insensiblement à délier sa langue... 11 m'en a déjà bien dit, mais il ne m'en a pas encore dit assez... Reste le capitaine à connaître... Reste le capitaine à saisir... II faut qu'aujourd'hui je sache tout !
Il glissa un coup d'oeil vers les bouteilles, puis ricana tout bas, pensant :
— In vlno Veritas!... Nous allons voir si le proverbe est fauxl Puis il emplit le verre de Bonne-Chance.
— Buvons, mordieu ! dit-il. A la vôtre !
— A la vôtre ! répondit le bandit en choquant son verre contre celui de l'agent. Et il dévorait aussi, l'estomac creux, les dents très longues.
— Ce poisson me dit quelque chose, reprit Bertaut. Votre assiette, mon brave 1 Puis après s'être servi à son tour très copieusement, il ajouta, riant doucement. .
— Savez-vous à quoi je pense?
— Non, mon sieur l'agent.
CAIITOUCIIE
— Voilà qui est bien singulier! dit à demi- voix Jean de Lys.
Je pense que cette prison-là passe pour la plus horrible, la plus affreuse deloutes. Je pense qu'il suffit de prononcer seulement le nom de Bicètre pour faire pâlir les coquins les plus hardis. . . Et cependant voyez comme on la calomnie celte pauvre prison... Est-ce vrai?
Bonne-Chance, qui avait la bouche pleine, ne répondit que par une grmiace qui
voulait être un sourire.
- Car je suis bien sûr que vous n'avez pas fait souvent aussi bonne chère...
— Oh! non.
Tandis que maintenant non seulement vous avez une table excellente, mais
encore un très bon lit...
LiV. 262. — Fayard Frères, étlilours.
Et Bertaut jetait un coup d'œil sur un petit lit de fer qu'on avait, d'après ses ordres, dressé dans un angle du cachot.
— Je ne m'en plains pas, répondit Bonne-Chance.
— De plus, dit Bertaut, j'ai obtenu qu'on vous laissât le matin et le soir vous promener pendant une heure dans la grande cour de la prison. Parbleu ! ajouta-t-il, je pais bien que l'air n'y est pas très pur et que ce n'est pas très gai, mais enfin c'est encore une faveur et il faut savoir se contenter de ce que l'on a.
— Je m'en contente, répondit Bonne-Chance.
— D'ailleurs peut-être pourrai-je obtenir plus tard quelque chose de plus pour vous...
— Quoi donc ?
— Ce que vous devez désirer le plus ardemment, la liberté, la clé des champs. Le bandit avait soudain pâli de joie, son regard avait brillé.
— Vrai? s"écria-t-il.
— Oh! je ne vous promets rien... je ne m'engage à rien, dit vivement Bertaut, car vous comprenez bien qu'il ce dépend pas exclusivement de moi que cette idée qui m'est venue puisse réussir...
— Ah!
— Mais cela dépend de vous d'abord, de vous surtout.
— De moi !
— Sans doute.
— Et comment ?
— Oh! ce n'est pas bien difficile... Faites encore preuve de bonne volonté et soyez franc... mais franc jusqu'au bout, voUà tout.
— Ne vous ai-je pas dit tout ce que je savais, tout ce que je pouvais vous dire ? répondit vivement le bandit.
— Non.
— Je vous jure...
Mais Bertaut venait de hausser les épaules.
Puis il s'empara vivement d'un autre tlacon et versa une nouvelle rasade à Bonne- Chance.
— A la vôtre! îit'-il. Mais écoutez-moi bien... Je veux vous donner un bon conseil... un conseil d'ami...
— Oui, monsieur l'agent.
— Vous avez déjà reconnu que vous taisiez partie de la bande du capitaine de Minuit.
— Oui, c'est vrai.
— Eh bien, si j'étais à votre place, moi, je n'aurais qu'une pensée : me tirer des griffes de la justice et je n'hésiterais pas, pour sauver ma peau, à livrer mon capitaine.
Et tout en parlant, l'agent venait encore de trinquer afin de forcer le bandit à vider son verre.
Celui-ci, d'ailleurs, ne se faisait guère prier. Il buvait sec. Son cerveau s'échauffait. Et Bertaut qui l'examinait du coin de l'œil, se répétait :
CAHTOL'CIIE 2091
Puis il y eut un silence.
Les coudes repliés sur la table et les yeux fixés devant lui, Bonne-Chance réfiécliis-
sait.
Brusquement il devint fort pâle et tous ses traits se contractèrent. Le souvenir de l'injustice qui lui avait été faite lui revenait une fois de plus. Une fois de plus il. revoyait le capitaine, orgueUleux et hautain, se jeter entre lui et la jeune fille pour laquelle il s'était battu.
Bertaut, qui devinait ce qui se passait en lui, devenait pâle aussi, mais pâle de joit, et ne cessait de remplir les verres.
— Bois donc, morbleu !... A quoi rêves-tu ? disait-il.
Et lui-même ne se ménageait guère et buvait comme un trou pour entraîner Bon ne - Chance.
S^oudain, celui-tA se redressa, puis avec un petit ricanement sourd et les deux poings appuyés sur la table :
— Mon capitaine ?... Oh ! vous pouvez bien le prendre... Ecoutez! dit-il.
-- Oui, oui, je t'éeoutel... mais parle!... parle vite! s"écria Bertaut triomphant. Son nom?.,, sou nom d'abord?
— Son nom ?
— Eh bien?
— Je ne le connais pas... nous l'appeUons le capitaine, voilà tout.
— Et jamais autrement ?
— Non, jamais !..= Oh ! vous pouvez me croire, je ne vous mentirais pas.
— Soit ! ht fiévreusement le chef des Risque-Tout. Mais tu peux me le dépeindre ?. me donner son signalement?
— Oh ! oui.
— Attends!
El Bertaut, qui venait de sortir un portefeuUle de sa poche, écrivit le signalement du capitaine de Minuit sous la dictée du bandit.
Le policier et le voleur restèrent encore environ une heure ensemble.
Qu'avait [iu dire Bonne-Chance?
Que pouvait espérer Bertaut?
Nous le saurons plus tard, mais ce qu'il y a de certain, c'est que celui-ci, lorsqu'il sortit brusquement du cachot, avait un air si étrange que les geôliers qu'il coudoyait dans les corridors ne le reconnaissaient plus.
Tous le suivaient d'un long regard où se peignaient la plus vive surprise et la stupéfaction la plus profonde.
— Monsieur Bertaut a une drôle de figure ! disait l'un.
— 11 est plus pâle qu'un mort, mais son visage rayonne, disait un autre.
— Et regardez-le donc I s'écriait un troisième. Une marche pas, il vole !... Où diable peut-il courir ainsi?
Bditaut courait ainsi chez son chef, chez le heutenant de police.
Très U-anquillement, le magistrat était eu train de dépouiller sa correspondance et de prendre connaissance des rapports de sa police lorsque, tout à coup, il dressa vivemeut la tête, très étonné.
On avait frappé deux ou trois coups rapides et sans attendre qu'il répondît, sa porte s'é'^t ouverte avec fracas.
Le lieutenant de police avait eu un éclair de colère dans le regard et ses sourcils s'étaient froncés.
fc'ais quand il aperçut Bertaut il se calma comme par enchantement.
— Ah! c'est vous ? fit -il. Vous entrez comme un ouragan... Qu'est-ce donc?... Une bonne nouvelle ?
— Une grande nouvelle! s'écria l'agent.
Mais il ne put en dire davantage. Il avait couru si vite qu'il n'en pouvait plus, que le' souffle lui manquait.
— Asseyez-vous!... asseyez- vous ! dit le lieutenant de police de plus en plus intrigué. Dans quel état vous êtes!... Qu'allez-vous m'apprendre?
Bertaut voulut dire quelques mots encore, mais il fut obhgé de se taire. Il se laissa tomber comme]une masse sur une chaise, et, pendant quelques minutes, il respira bruyamment.
Enfin la parole lui revint :
— Monsieur le lieutenant, s'écria-t-il, cette fois il est à nous!... cette fois nous 1<3 tenons!...
— Nous le tenons?
— Oui, avant vingt-quatre heures nous l'aurons... avant vingt-quatre heiVi'es je vous îe livrerai pieds et poings liés !
— Mais de qui me parlez-vous ? demanda le magistrat, qui ne comprenant pas encore, regardait Bertaut d'un air tout ahuri.
— Mais de lui!... du capitaine de Minuit!...
Pour le coup, le lieutenant de police fut debout d'un bond.
Et comme il croyait avoir mal entendu, il se fît répéter la phrase
— Vous parlez bien du capitaine de Minuit?
— Oui, monsieur le lieutenant de police.
— Et vous le tenez?
— Je le tiens !
— En êtes-vous sûr, Bertautj?
— Sûr!... Oh! cette fois il ne nous échappera pas!...
Et toujours fiévreux l'agent se mit à raconter l'entretien qu'il venait d'avoir avec Bonne-Chance.
Et il parlait avec tant d'assurance et tant de certitude, il paraissait si sûr de son fait que le lieutenant de police, quoique plus froid et moins prompt à l'enthousiasme, finit par se laisser persuader.
Alors il eut un bon mouvement, un grand élan de générosité. , Ouvrant vivement un des tiroirs de son bureau, il jeta devant lui une poignée de pièces d'or.
. — Pour vous, Bertaut ! dit-il.Ceci n'est que la juste récompense de vos services
— Une gratification?
— Oui.
Mais l'agent ne fut pas même tenté. Réussir était toute son ambition. Il jeta donc sur les louis qui étincelaient un regard dédaigneux, puis, énergiquement :
— Je la refuse ! dit-il.
Et sans en dire davantage, il disparut aussi vivement qu'il était entré.
Le lieutenant de police resta tout interdit un moment, mais il se remit assez vite.
— Toutes les qualités, ce garçon! pensa-t-il. Puis, sans plus s'émouvoir, '^il serra son argent. Cela fait, il sonna.
Un des huissiers en faction dans l'antichambre s'empressa d'accourir.
— Mon cîtiïosse ! . . . vite! dit le lieutenant de police.
Et moins d'un quart d'heure après il y montait, l'air radieux et criant au cocher :
— A Versailles 1
Quelques heures plus tard, c'étaient parmi les grands seigneurs et les grandes dames qui se pressaient dans les salons du roi de longs murmures et de longs chuchotements.
Tout le monde s'interrogeait, tout le monde se parlait à voix basse :
— Avez-vous vu?
— Oui.
— Le lieutenant de police vient d'arriver, il s'est approché du roi, et le roi a tîessailh...
— Et ils viennent de s'enfermer ensemble.
— Qu'est-ce que cela veut dire?
— C'est ce que je cherche.
— Il doit y avoir quelque grande nouvelle,
— C'est probable.
- Mais laquelle?... De quoi s'agit-il?
Et, bien entendu, personne ne savait rien, personne ne pouvait répondre.
Toujours belle, toujours lière, toujours rayonnante .dans sa beauté souveraine, la duchesse de Vergennes était là aussi.
Gomme on savait qu'elle recevait très souvent les conlidences de Sa Majesté, un cercle nombreux l'entourait.
— Duchesse, vous devez savoir quelque chose... Que se passe-t-il donc?
Mais M"* de Vergennes, comme les autres, aurait été bien embarrassée pour répondre.
Et tout en restant nonchalamment assise, tout en s'éventant lentement, elle répondait :
— Est-ce que je sais!... Allez le demander au roi...
Car la duchesse, toujours si aimable et si gracieuse d'habitude, était ce jouir-là maussade, inquiète etnerveuse..
D'un mot bref, d'un ton sec elle coupait court aux interrogatoires.
Elle semblait d'ailleurs se préoccuper de tout autre chose que de la présence du ieutenant de poUce à la cour, car sans cesse son regard fouillait, furetait autour d'eUe.
Elle cherchait quelqu'un, c'était évident,, et celui qu'elle cherchait^ avons-nous
besoin de le nommer, c'était Jean de Lys qu'elle n'avait pas revu depuis l'aveu à peine déguisé q^u'elle lui avait fait...
Et comme elle cherchait encore, très pâle, et les sourcils légèrement froncés, elle ïut tout à coup un imperceptible tressaillement.
C'était lui!
Le jeune chevalier s'avançait fendant doucement les groupes des courtisans.
Soudain leurs regards se rencontrèrent.
Alors Je jeune homme fut près d'elle d'un bond.
— Ah! madame la duchesse! s'écrii-t-il.
Et très respeclueuseuient il baisa la main qu'elle lui tendait.
Elle n'était plus pâle, mais très rouge, et tout en souriant eUe lui montrait un siège à ses côtés.
— Asseyez-vous, dit-elle, et causons.
Alors d'une voix très douce, presque caressante, elle le groada. Pourquoi ne l'avait-elle plus revu depuis la dernière fête que le duc et elle avaient donnée?
Pourquoi n'avait-il plus remis les pieds à l'hôtel de Vergennes?
— Tous les jours je vous attendais, ajouta-t-eUe, tous les jours je vous espérais, tous les jours je me disais : « Je vais peut-être le voir aujourd'hui. » Mais non... Vous sembhez me fuir... Vous êLes un ingrat!
— Oh! madame la duchesse!
— Oui, un ingrat, car vous oubliez vos meilleurs amis... car vous semblez perdre le souvenir de ceux qui pensent le plus à vous...
Quelques courtisans la regardaient, quelques jeunes femmes, les yeux fixés sur elle» chuchotaient et ricanaient, mais dédaigneuse de ce que l'on pouvait penser et dire, elle semblait ne rien voir et continuait à se pencher vers Jean de Lys.
IMais, brusquem.ent, elle s'interrompit.
Un grand mouvement venait de se faire dans la foule et le marquis de Morfer, superbe d'élégance et le front plus hautain et le regard plus orgueilleux que jamais, s'avançait au-devant du lieutenant de police qui venait de sortir enfin du cabinet du roi.
— Eh bien, monsieur, demanda hardiment le joune marquis à voix haute, quelle nouvelle apportez- vous?
— Bonne nouvelle, monsieur le marquis, répondit le magistrat qui promenait sur tous les couitisans un regard vainqueur. Kous tenons enfin le capitaine de Minuit!
— Ah, bah! s'écria le marquis de Morfer qui eut un étrange ricanement.
— Oui, nous le tenons!
— Eu ètes-vous bien sûr?... Si vous alliez me donner une fausse joiej
— Oui, messieurs, très sûr...
— Ah, le coquin, ricana de nouveau le marquis, que j'aurai de plaisir à le voir pendre!...
Il fit une pirouette sur ses talons, puis s'éloigna. Le lieutenant de police avait disparu.
— Voilà qui est bien singulier! dit à demi- voix Jean de Lya.
CAiiTOUCiiii: mn
— Qhoî donc? demanda vivement la duchesse.
— Ce que Jo viens de voir. ,
— Et qu'avez- vous vu'?'
— Le marquis de Morfer a pâli...
— Le marquis de Morfer?
— Oui, quand le lieutenant de police lui a parlé du capitaine de Minuit.. Mais M"" de Vergennes l'avait à peine laissé achever.
— Taisez-vous!... taisez-vous! s*éc.ria-t-clle. Si l'on vous entendait, vous vous tueriez de ridicule... Il faut vous guôrir de ces idées-là!...
Et déployant son éventail elle étouffa un immense éclat de rire.