GOBLET
Copie authentique sur papier. — Arch. communales de Bouvignes.
Philippe II autorise la commune à lever à son profit , pendant six années, les droits de tonlieu, à condition que le produit qu'elle retirera de cette ferme soit appliqué à la restauration de l'enceinte fortifiée.
27 octobre 1562.
Phelippe, par la grâce de Dieu, roy de Castille, ... conte... de Namur..., à tous ceulx qui ces présentes verront, salut. Receu avons l'umble supplication de noz bien améz les mayeur, bourgmestre, eschevins et commun de
1 Nom peu lisible.
nostre ville de Bouvignes , contenant comme en considération des grosses pertes et dommaiges par eiilx supportez et endurez à la prinse , ruyne et démolition de la dicte ville par les guerres dernières , il nous auroit pieu * leur accorder exemption de toutes aydes , maltottes , ga- ■ belles et four banal , pour ung terme de vingt ans , semblablement quictance du droit de tonlieu , le terme de six années, le tout afin d'encourager les dits supplians (estans esgaréz) de retourner et eulx retirer au dit Bouvignes et ycelle commencer à rédiffier, réparer et repeupler; et il soit que, puis nagaires, noz améz et féaulx les président et gens de noz comptes à Lille ayent ordonné à nostre receveur général de Namur passer et rendre de nouvel à ferme, au plus oiFrant, le dit droit de tonlieu à nostre prouffit , au moyen de quoy les dits supplians seroient frustrez du bénéfice qu'il nous à pieu leur faire , veu que pour si petit nombre qu'ilz sont encoires ilz ne sauroyent de cent ans rendre la dicte ville désolée marchande , ny aussi réfectionner leur portes et nettoier icelle ville des immundicitéz procédans des maisons brusléz et démolitions, n'estoit qu'elle fût hantée et fréquentée par toutes sortes de marcbans estrangiers , lesquelz , quant ilz seront advertiz et verront telle imposition et exaction du dit droict de tonlieu, n'y vouldront hanter ny fréquenter, ains se retireront ailleurs en lieux plus francqz et non subiectz à payer telz droitz , si comme à Binant leurs voisins , de sorte que la dicte ville de Bouvignes, par telz et semblables impositions, demourera plustost en sa povreté par faulte de hantise, qu'elle s'aug-
' // nous auroit pieu. Cela doit se rapporter aux diplômes N»* 77 et 79 oi-dessus.
mentera, pour estre chargez envers pluisseurs particuliers de grosses sommes, oultre ce qu'il leur fault encoires journellement exposer au plus nécessaire, si comme de rédiffier leur église , réparer les portes , nestoier la dicte ville des matériaulx et ordures procédans des dictes maisons brusléz et des murailles démoliz, ce que leur est fort grief à supporter veu leur dicte destruction et grande povreté ; en nous requérans partant très humblement iceulx supplians que, ayans regard à ce que dit est, meismes actendu l'affection et grand désir qu'ilz ont de restaurer, repeupler, remectre et augmenter nostre dicte ville non moindre qu'elle n'a esté avant la dicte destruction, il nous pleust remectre le dit tonlieu en leurs mains , pour ung temps et terme de vingt ans , afin de s'accommoder avec les marchans estrangiers, et de ne les faire payer sinon à l'advenant qu'ilz trouveront convenir pour ne les deschasser ny desgouster, ains les attirer pour venir hanter et amener leurs dictes marchandises au dit Bouvignes, à charge touteffois que les dits suplians seront tenuz emploier si peu qu'ilz pourront recevoir du dit droit de tonlieu, à la radiffication et réfection de leurs portes, murailles et autres ouvraiges le plus nécessaires, et sur ce leur faire despescher nos lettres patentes en tel cas pertinentes. — Savoir faisons que nous , les choses dessus dictes considérées et sur icelles eu l'advis , premiers des dits de nos comptes à Lille , lesquelz se sont bien et dément faict informer sur ce que dit est par nostre receveur général du pays et conté de Namur, maistre Christoffle Gaiffier, et en après des chiefz, trésorier général et commis de noz demaine et finances , inclinans favorablement à la supplication et requeste des
— 3ui —
dits suppliaiis, meismes afin de donner occasion aux marchans estrangiers et les attirer de venir hanter et amener leurs marchandises au dit Bouvignes, avons à iceulx suplians ottroyé , consenty et accordé , ottroyons , consentons et accordons de grâce espécial par ces présentes , qu'ilz puissent et pourront tenir en ferme nostre tonlieu de Bouvignes dessus mentionné, et ce pour ung temps et terme de six ans continuelz et ensuyvans l'ung l'autre, commençans au jour des Toussaintz dernier passé en cest an^XV" soixante deux, moyennant et parmy en payant pour recognoissance à nostre prouffit la somme de huyt livres , du pris de quarante groz nostre monnoie de Flandres la livre, par chacun an, es mains de nostre dit receveur général de Namur présent ou autre advenir, lequel sera tenu en faire recepte , rendre compte et reliqua à nostre prouffit avec les autres deniers de sa recepte, pourveu et à condicion touteifoiz que le surplus que les dits suplians pourront recouvrer du droit du dit tonlieu ilz seront tenuz employer à la rédiffication et réfection de leurs portes, murailles et autres ouvraiges plus nécessaires et non ailleurs, pourveu aussi que pour l'entretènement des droiz et émolumens du dit tonlieu telz que présentement sont levez, les dits supplians seront aussi tenuz bailler obligation et recognoissance d'iceulx, avec promesse de n'attempter au préjudice d'iceulx en l'advenir et nous en laisser et souffrir joyr, comme nous faisons présentement, et ce en nostre chambre des comptes au dit Lille, là où qu'ilz seront semblablement tenuz envoyer et présenter ces dictes présentes , pour le tout y estre gardé et enregistré respectivement, à la conservation de nostre droit. Si donnons en mandement à noz
améz et féaulx les chief , présidens et gens de noz privé et grand consaulx, gouverneur, président et gens de nostre conseil à Namur, aus dits de noz finances et de nos dits comptes à Lille, receveur général du dit Namur, et à tous autres noz justiciers, officiers et subiectz cui ce regardera , que de nostre présente grâce , ottroy , consentement et accord , pour le temps , aux condicions , selon et en la forme et manière que dit est, ilz facent, seuffrent et laissent les dits supplians plainement et paisiblement joyr et user, sans leur faire, mectre ou donner, ne souffrir estre faict, mis ou donné aucun trouble ou ernpescbement au contraire; car ainsi nous plaist-il. En tesmoing de ce nous avons faict mectre notre seel à ces présentes, nonobstant. quelzconcques ordonnances, restrinctions , mandemens ou déffences à ce contraires. Donné en nostre ville de Bruxelles, le XXVII™® jour d'octobre , l'an de grâce mil cincq cens soixante deux , de noz règnes assavoir des Espaignes, Sicille, etc., ]e VII'°®, et de Naples le IX"'^
Par le roy, le S'' de Berlaymont , cliief , messire Josse de Damhoudere, chevalier, et Marten Vanden Berghe, commis des finances, et autres présens. — d'Owerloepe.
Original sur parchemin , avec un iragment du grand sceau royal. — Arch. com. deBou^gnes.
Acte par lequel les mamhours de l'église de Boiivignes et des Lieux pieux vendent une rente en épeautre due à la Commune table, dans le but de se procurer les sommes nécessaires pour la restauration de l'église.
19 mai 1565.
A tous ceulx qui ces présentes lettres verront ou orront, nous, majeur, eschevins, jurez, esleu et conseil de la ville de Bouvignes, comme souverains manbours et gouverneurs de 1 egKse et des biens pieux de la dicte ville, salut. Sçavoir faisons que , du gréz , congié et licence monsieur le révérendissime évesque de Namur ', et en vertu de ces lettres patentes sur ce faictes et scellée de son seel en cvre vermeil, dattées du XX""^ de fébverier an de grâce mil cincq cent soixante trois , et pour les causes en icelles contenues , meisme pour aider à restaurer et rédiffier la paovre et désolée église de la dicte ville , arse et consommée 2 par le feuz des ennemis françois , laquelle n'estoit
^ Antoine Havet, premier évêque de Namur, sacré eu 1562.
2 De ces mots arse et consommée , il ne faut pas conclui-e que l'église de Bouvignes fut complètement détruite : les murs restèrent debout, comme on le voit par les parties de l'édifice qui n'ont pas été modernisées au siècle dernier. La tour avait été rebâtie en 1.550; l'incendie de 1554 n'en détruisit que le comble qui fut restauré en 1.5.59. C'est ce que prouvent les extraits suivants : « A... mambour de l'église de Bouvignes qui luy a esté délivré » ...les deniers procédans du remboursement de 12 florins de rente et ce » pour preste faicte par l'ausmone des Malades remboursée à l'église du » dict Bouvignes pour l'assistence de l'édifflcation de la tliour du clo- " chier... 240 karolus. » C. com. 1550. — 378 bognons de terres venant du clocher sont menés au Boulevard, pour le remplir. Ibid. — On achète à un bourgeois de Dinant, tailleur de pierres, la pierre des fonts baptismaux.
bonnement possible l'amender ny la remectre en orde, ne
pour 5 livres 12 sols 6 den. C. de l'église de 1556 à 1559. — On place dans l'église trois verrières données respectivement par feu Jacques Malevé, les "ens deglise et feu Jean Rideau. Ibid. — « A ung bourgoys de Naraur, « menuisier, pour avoir fait une custode pour raectre les aornemens de .. l'église, sçavoir cliapcs, chazures, tunniques, cortines, draps d'autelz » avecq ung escrin pour mectre les lingnes de la dicte église..., 3 livres 5 .. sols. " Jbid. — « Item, pour avoir fait mener les dicts aornemens au lieu » de Namur et porter az frères myneurs, affin de les mectre en saulf..., » 1 livre 12 sols 6 deniers. » Ibid. — « A avoir recouvrez les ferrailles ras- « sembléz après la ruyne, avec plombs, tant pour les chariages que pour les « faire mener à Naraur et puis les ramener à Bouvignes, 5 livres 3 sols. « jlfid^ — « Despense faicte... pour la restauration du comble de la thour... « tant en charpentages , boys, lactés, escailles, claux que aultrement.... « Jlfid, — On refait la grande croix de fer surmontée d'un coq d'airain et on raccommode les quatre petites croix de fer placées sur les quatre tourelles. Ibid. — "A Joachim de Futvoie, pour les despens faicts en sa " maison quand le Révérendissime (évèque) de Namur vient en ceste ville M réconsillier l'église de ceste ville et béneyr aucuns aultels en la dicte » église, fut despendu avec sa suicte, pour ung jour et demy, 15 livres. <• C. com. 1568.
Je viens de mentionner des verrières données à l'église. Ce ne furent pas les seules , car on lit encore sur la verrière de la travée de droite , en dessous d'un Clirist, l'inscription suivante :
CESTE. VEIRRIVE. PNTE A.. DONNEZ.
LAMBERT. BOCQVIALZ. ET JEHENE.