‹ Cartulaire de la commune de Dinant (volume 2)Chapitre 7 sur 8 · Pour un poinson de vin, deux liards · texte numérisé non relu

Pour un poinson de vin, deux liards

10. Pour chacune grosse bête, comme bœuf, vache, poulain, génisse ou autres, deux liards

11. Pour chacune menue beste, comme brebis, mouton, porc, chèvre, veau et autres semblables, on paiera de la pièce, 1 liard

12. Les personnes amenant ou portant sur leur dos ou teste faix de leigne, jerbe de paille, foin, couble, hotte de beurre, ou autre semblable charge, avec la personne payeront deux liards pour passage et repassage, s'ils n'outrepassent pas la jurisdiction, sauve et à l'exception que lorsqu'il passera un troupeau de moutons excédant un cent, on payera seulement du cent, quinze pattards

13. Pour un muid de grain, d'espeautre, d'avoine porté, idem que devant.

14. Et lorsque la rivière sera hors rives, se payera le double.

Et s'il survenoit quelque ambiguité ou douste à

cause de ces droits de passage il devra être appointé par les bourgmestres et Conseil.

Archives de la ville de Dinant. — Registre aux locations et réparations, 1698, f°25.

Le Magistrat informe Vévêque de Liège de la sortie de la garnison française et demande le maintien d'un chemin longeant la Meuse, pour aller à Bouvignes.

9 juin 1698.

Nous prenons la liberté de donner avis à V. A. S. E. que la garnison françoise est sortie de cette ville le jour d'hier, vers les quatre heures du matin, et de la tour de Montfort, le 7 du présent mois, vers les 11 heures du matin où nos bourgeois ont pris poste pour la conserver. Nous avons livré les seize fournitures au château et nous continuerons la livraison nécessaire pour les feux et chandelles jusques à révocation.

Comme les François avoient fait un chemin allant, le long de la Meuse, du faubourg S. Médart en la ville de Bouvigne, au grand soulagement de tout le pays du voisinage, ceux do Bouvigne ont reçu ordre de Messieurs des Estais de Namur de le conserver et de

ne reprendre et labourer les héritages le long de la Meuse servant audit chemin; nous supplions très humblement V. A. S. E. d'estre servie d'ordonner aussy aux propriétaires de cette ville d'en faire de même, parmi leur désintéressement amyable, pour l'avantage qui nous en reviendra et à tout le pays, à raison que sans ce chemin, tout autre est très difficile et de long détour pour l'accès et les avenues de cette ville.

Nos cabalistes font tous jours grand bruit pour l'establissement des Chambres \ mais nous espérons que le tout se pacifierat après leur premier feu donné, et de la publication tant de la confirmation faite par V. A. S. E. du règlement establi que de l'ordre nous donné pour continuer la régence jusque à la nouvelle élection magistrale. Nous sommes avec un très profond respect, etc.

Dinant, le 9 juin 1698.

Archives de la ville de Dinant. — Minute à la liasse n<> 147.

1 Voir ci-dessus, pièce n° 776.

Le prince-évêque de Liège suspend l'eœécution du règlement sur les élections magistrales et permet, pour une fois, de nommer le Magistrat dans les formes usitées avant ledit règlement.

16 août 1698.

Son Altesse Sérénissime Electorale s'inclinant favorablement à la supplication très humble de son peuple de Dinant et voulant donner des marques de son affection principale à présent qu'ils sont rentrés sous son obéissance avec tant de témoignages de leur zèle et fidélité, a trouvé à propos de suspendre l'exécution de son règlement et de leur permettre par grâce, pour cette fois seulement et sans aucunne conséquence, de procéder à l'élection de la Magistrature dans la forme et la forme accoutumée avant ledit règlement, voire avec intervention des députés de Saditte Altesse Sérénissime Electorale 1; pendant quoy elle fera examiner à loisir les raisons à elle représentées de part et d'autre, pour ensuitte pourvoir à la bonne police et ceconomie de saditte ville de Dinant, par les moyens

1 Le 23 août, le prince-évêqno désigna l'archidiacre du Brabant et le baron de Sluse pour présider à l'élection magistrale (Reg. aux Bourgeois, f° lv°).

qu'elle jugera les plus propres à cet effect. Bonne, ce 16me d'août 1698 l. (Signé.) Joseph-Clément, électeur.

Archives de la ville de Dinant. — Original à la liasse îi« 147. — Registre aux Bourgeois 1698, fol.

Le Conseil prend des mesures pour la réception du prince-évêque Joseph Clément de Bavière.

4 septembre 1698.

De la part de messieurs les burghemaistres et Conseil. L'on fait commandement exprès à tous et un chacun que, attendu les advis que l'on at de l'arrivée de S. A. S. nostre prince en ceste ville dans peu de jours 2, de

1 En août 1699, la ville de Dinant résolut de faire des démarches pour obtenir, non pas la suspension temporaire du règlement de 1688, mais le retour définitif aux anciennes coutumes et libertés. Au cas où le prince accueillerait cette demande, la ville offrait 3000 florins à Son Altesse, 900 à ses deux ministres, 150 au grand chancelier, 75 aux chancelleries de Bonn et de Liège. Des députés, le bourgmestre Lion et le tiers Golenvaux furent envoyés à Bonn; ils y séjournèrent un mois et furent rappelés sans avoir pu réussir dans leur mission (Reg. aux Bourgeois 1698, fos 5 v°,7 v°). Pendant plusieurs années, le prince continua de nommer des délégués pour assister à la rénovation magistrale.

2 Le 6 septembre, « Messieurs en renouvelant la dernière publication ordonnent que tous soyent prests demain à huit heures du matin auprès do leurs drapeaux, et suivre le commandement de Messieurs. - (Reg. aux Sieultes de 1595, f° 261 v°).

soy tenir prests avec leurs armes, munis chascun d'une livre de pouldre, jusque à l'eage de soixant ans, pour à la première semonce de ses dits seigneurs burghemestres sicque leurs capitaines; ordonnant que ceux excédant ledit eage de LX ans se tiendront aux portes munis d'armes, enchargeans tous dixièniers de prendre esgard que ceux de sa dixaine soyent munis comme dessus, à paine que les contraventeurs, incouriront en amendes de deux florins d'or à répartir comme de coutume, supliant tous bourgeois ayans falloz de les allumer.

Archives de la ville de Dinant. — Registre aux Sieultes de 1595, fo 261v».

Cahier des charges pour la reconstruction d'une pile au pont de Meuse 1.

15 septembre 1698.

Cejourd'huy, quinzième de septembre 1698, en

1 L'entreprise, mise à prix à 1500 florins, fut adjugée à André Auceau pour 1200 florins. Il résulte d'une supplique non datée adressée au princeévêque et intitulée « Mémoire des raisons de la ville de Dinant touchant le rétablissement du pont et de la levée des droits de passage (liasse n° 147, pièce cotée 19), « que l'on avait « fait rétablir, au mois de novembre 1698, une pille de deux qui avaient été démolies et qu'il n'en est plus qu'une à faire. »

conséquence des affiches faites dans les lieux publics et ordinaires de la ville et de la proclamation au son du tambour portant qu'à ce jour, lieu et heure il seroit par nous procédé au rabais à l'adjudication de l'élévation de la première pille du pont de Meuse du costé de la ville, ont esté fait les devis et conditions suivantes, sçavoir :

1. L'entrepreneur sera obligé aux épuisements des eaux et se fournira de tous les outils et matériaux généralement, excepté des pierres qui sont le long de la rivière depuis laditte pille jusque à la maison de ville, s'entend premièrement celles qui sont en péril d'estre perdues par les glaces et débordements de la rivière, que la ville luy cède seulement pour l'achèvement dudit ouvrage, sans qu'il puisse se servir de celles qui sont rangées contre la muraille de la ville.

2. Sera aussi obligé de déblayer laditte pille et chercher les fondations jusque au solide, c'est-à-dire, jusque aussy bas que 1a mine n'ayt fait aucun eïfect, pour le restablir solidement.

3. Ne posera aucune pierre sur ledit solide qu'il ne fut veu et approuvé par ledit Magistrat et par l'ingénieur dénommé à cet effect.

4. Eslevera laditte pille jusque et à niveau du joint du dessous de la pénultième assise de la pille voysine.

5. Chaque relevée sera d'une assise égale sur tout son pourtour, observant d'y ranger des pierres qui se trouveront avoir le plus de queue.

6. Ledit entrepreneur devra agrapher toutes les pierres du pourtour de chacune assise avec du bon

fer et plomb, de l'épaisseur comme les anciennes, dont les trous de goujons auront au moins deux pouces de profondeur, et aux endroits où ledit sieur ingénieur trouvera estre nécessaire pour la solidité de laditte pille.

7. Le mortié sera composé de deux cinquièmes de chaux viff et de trois cinquièmes de bon sable de rivière, et ne sera mis en œuvre que vingt-quatre heures après qu'il serat fait.

8. Et le mortié de la dernière assise sera composé do mesme qualité, mais au lieu de sable, il y aura du teux pour que les eaux ne délavent pas le mortié, s'il estoit composé de sable.

9. Garnira l'intérieur de laditte pille de bons moillons, n'y laissant aucun vide.

10. Ledit ouvrage devera estre fait et achevé au dernier d'octobre prochain.

11. S'obligeant lesdits sieurs rendeurs de payer à l'entrepreneur le quart du prix de l'adjudication lorsqu'il travaillera aux épuisements des eaux, un autre quart lorsqu'il posera la première pierre, le troisième quart lorsque l'ouvrage sera à moitié achevé et le reste aussitost son achèvement et la réception dudit ouvrage.

12. Ledit adjudicataire sera obligé de donner caution bourgeoise pour seureté qu'il satisfera au devis et conditions cy dessus, au contentement desdits sieurs.

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