avril
Le xviije jour d'avril 1614, le Conseil en féaulté. At esté résoulx de faire cejourdhui cry et publication au tambour qu'ung chacun bourgeois et inhabitant de ceste ville et franchiese s'ayt à équipper d'armes, depuis lage de xviij ans et jusques à lx, pour lendemain, au premier son du tambour, marcher et se treuver là où leur serat ordonné par les magistrat et capitaines pour recepvoir et faire honneur à S. A. en sa joyeuse entrée en ceste ville, à paine de chascun défaillant, de trois florins d'or d'amende et que tous enffans, à l'entrée de Sadite Altèze, ne se retreuve par les rues.
Item que tous ceux quy s'équiperont de cheval auront à suivre le magistrat.
Et lorsque les compagnies auront faict la rencontre de S. A. à la campaigne avec ordre et honneur qu'il convient et estantes rentrées par après en la ville et mieses en ordre du loing des rues, après S. A. serat arrivée à la porte Martin, aurat illec preste le serment, serat par un signal donné la descharge par lesdites compaignies et conséquemment sur les bolloirques, Montfort et places à ce destinées; puis entrant S. A. en la ville et marchant jusques à la grande église, ne serat
tiré aucun coup d'arquebeuse ni cannons, synon allors qu'il serat entré en ladite église serat donné une descharge, et puis encore une lorsqu'il serat retiré en la maison de monsieur Tabollet où il prend son logis.
Qu'il serat observé l'usaige et cérémonies à l'entrée de S. A. comme précédemment.
Que torsches et falloz avecque tonnes de daguets seront ardentes parmy la ville à son entrée.
Serat délivré ijc livres de pouldre en Montfort; en l'isle, xxv livres; en la maison de la (ville) xxv livres; Pont et Thouer Chappon, 1 livres.
Entre les dances de l'espée et macquaberées, celle de l'espée marchera le premier.
Le lendemain, xixe de dit mois, marchèrent les compaignies en bon ordre, l'une après l'autre, hors la ville, par la porte Martin. Estantes venues l'environ du pont au fond des Pèlerins, estans quelque nombre de harquebusiers (comme enffans perdus) embuscadez ens haies et boscaiges de la Croix à Boisseille, passant S, A., fut par iceulx donné descharge, et puis après les dites compaignies lesquelles aussytost cela faict se retirarent tontes du loing des crestes en hault dudit fond jusques au desseur du moulin de Froidevaulx, venant S. A. par le bas dudit fond, donnarent illecq encor quelques belles descharges, dont S. A. heu du plaisir, au retenssement du fond redoublant les coups.
Puis, estantes les compaignies rentrées en la dite ville, estant S. A. arrivé jusques un peu plus oultre de la chauffor de la dite porte Martin, où il y avoit du costé du chemin vers les ternes ung pavillon dressé pour
prester S. A. le serment, mais ayans messieurs les bourghmaistres Loyr et Tabollet descendus de leurs chevaux furent saluer et congratuler la bienvenue de S. A. Puis approchant aussy le greffier, lui ayant faict la révérence, demandât s'il plaisoit à S. A. prester le serment de ses ancestres et prédécesseurs princes. A quoy il démonstra qu'il estoit preste. De faict, luy fut lecture par ledit greffier hors du livre aux évangieles le serment comme s'ensuyt : « Vous warderez et » ferez warder l'honneur, franchieses, statuts, usaiges, » libertés, lettres et seelles que vostre ville de Dynant » at de vos prédicesseurs évesque de Liège et aussy de » vostre vénérable chapitre, sy que nostre droicturier » seigneur ; et mennerez et ferez mener toutes manières » de gens, grans et petis par la loy et jugement de » vos eskevins, selon la loy de vostre pays. Se vous » ayent Dieu et les Saincts qui cy sont à votre sens » et sçavoir. »
Sur quoy S. A. en forme d'affirmation, ostant son chappeau, avecque quelque signal vers la poictrine en abaissant la teste, lui fut par ledit greffier présenté le crucifix d'argent sur le couvercle dudit livre, qu'il baisa en confirmation dudit serment preste.
Quoy faict, monsieur le burghmaistre Loyr luy présentât, en forme des clefïs de la ville, deux cleffs d'argent, en du cendal blanc et bleu qu'il print et les tient en discourant longuement avecque les dis burghemaistres, avec démonstration de bon prince envers la dite ville, estante S. A. tousjours à cheval. Lesquelles cleffs furent par après rendues audit burghemaistre.
Lors fut donnée la descharge par la ville, et estans
les dis burghemaistres remonstés à chevals, se mirent aux deux costés de S. A. et le conduirent en la ville, jusques à la dite grande église, que lors le clergé le vient recepvoir à la porte de la dite église où il fit le serment accoustumé et chanté le Te Deum, puis se retirât en la maison dudit Tabollet et y logea. Et furent les compaignies illecque faire garde, l'une après l'autre, de nuicte, jusques au partir.
Lequel partit le troisième jour ensuyvant, par bateau, avecque très grand contentement, en faisant descharges par les dites compaignies, du loing de la rivière jusque devant Bovingne.
Le présent qu'il lui fut faict par les burghmaistres le jour de son arrivée, au soir, après le desserve, estoit de douses plats d'argent, de chascun une livre, munis ou chargés de succades, sçavoir les armoiries de l'empereur, celles de S. A., puis celles de la ville, et le résidu de diverses sortes agencés, portés par ceulx du magistrat, que S. A. receut en greit.
Reg. aux Ordonnances de 1604, fo 66. - Arch. coin, de Dînant.
Ferdinand de Bavière, évêque de Liège, autorise la ville de Dinant à lever pendant trois ans, un impôt sur la bière. -
7 mars 1615.
Ferdinand, par la grâce de Dieu, esleu et confirmé archevesque de Coloigne, du Sainct Empire Romain par l'Italie archicancellier et prince électeur, évesque de Liège, Hildisheim, Munster, coadjuteur de Paderborne et Bergtesgade, administrateur de Stavelot, comte palatin du Rhyn, duc des deux Bavières, Westphale, Engeren et Bouillon, marquis de Franchimont, comte de Looz, Loigne, Horne, etc., à tous ceux qui ces présentes noz lettres patentes d'ottroye verront ou lire orront, salut. Sçavoir faisons que de la part du Magistrat de nostre bonne ville de Dinant nous at esté remonstré comment, pour subvenir aux nécessitez publicques, ilz auroyent imposé une taille de cincque patars sur chasque muyd de braye que se brasse en nostre dite ville I,
1 Voici le texte de la résolution du Conseil : Le Conseil estant en féaulté le xme de juing 1614, à deux heures après midi. Veu les résolutions de chascun membre de ceste ville, sur les propositions à eulx faictes le viijme de juing, présens messieurs les burghmaistres, thiers, jurés et Conseil, ont résoulx et résolvent, suyvant les opinions conformes de tous, de lever jusques à trois cents florins de rente à frais, pour lesquels estindre, messieurs ont accordé, suyvant la pluralité d'opinion, de lever sur chascun muyd de brais des bourgeoys, mannans et habitans de ceste ville et franchiese, excepté gens d'église, cincq patars sur chascun muyd, estimé seize stiers pour le muyd, pour l'espace et terme de deux ans à commencer au jour Saint Giele prochain, laquelle se passerat audit jour, avec les autres fermes. (Reg. aux Sieultes de 1575, f° 157 v°).
supplians très humblement qu'il nous plaise leur accorder noz lettres patentes d'ottroye et authorisation en tel cas appartenantes; par ce est-il que nous, ce considéré, ayans ouy sur ce nostre procureur général qui s'oppose audite ottroye et authorisation alléguant ne l'avoir aucunnement mérité pour autant que désjà ilz avoyent imposé et collecté ladite taille et impost ', et nous estant apparu que la nécessité publique le requéroit, avons de nostre authorité principale aboly et abolissons par cestes laditte taille imposée par le magistrat de nostre ville de Dinant et néantmoins (sans préjudice de la plainte de nostre dit procureur-général) accordons et consentons que, sur nostre nom et de nostre part, ladite taille et impost de cincque patars sur chasque muyd de bray pourat estre collecté en nostre dite ville, et y publié en présence de nostre officier illecques ou de nostre procureur général, à charge toutefois de faire register ce présent act au registre du magistrat et Conseil de nostre dite ville, et de rendre compte et reliqua des receptes et expositatz en temps et lieu, quand par nous ou noz comis ilz en seront requis, pour durer la présente l'espace de trois ans tant seulement ou donques jusques à nostre révocation; car ainsy nous plaist-il. Donné soubz notre scel secret en nostre cité de Liège le 7 mars 1615.
Copie simple du temps, sur papier; liasse 76. — Arch. com. de Dinant.
1 On aura remarqué, par la note de la page précédente, que la ville de Dinant avait décidé la levée de l'impôt un an avant la date du présent octroi.
Ferdinand de Bavière, évêque de Liège, prie la ville de Dînant de prendre à ses charges la construction des locaux nécessaires pour le collège des Jésuites.
2 janvier 1617.
Ferdinand, par la grâce de Dieu, archevesque de Coulongne, etc. Chers et féaulx \ nous ne doubtons pas que ne voyez à l'oeil combien proffictables sont à toutte républicque les escolles des Révérends Pères de la Compagnie de Jésus, et que c'est le debvoir des magistrats des villes de prendre particulièrement à ses charges la bastisse et entretennement des dites classes, pour n'avoir les collèges de la Compagnie moyen de ce faire à leur propre coust et despeus, à cause qu'ils ne reçoivent sallaire ny gaige aucun de ceux qu'ils enseignent. C'est pourquoy, ayant entendu que les escolles qu'ils ont en nostre ville de Dinant sont bien ruyneuses et mal propres, avons voulu, pour le désir qu'avons de voir fleurir les lettres et estudes en nos villes, vous escrire ce mot en faveur desdits pères, et vous dire que nous ferez plaisir si vous trouvez moyen, pour ceste année en laquelle vous estes en office, de leur faire commencer des escolles, leur assignant quelque bonne somme de
1 Suscription ; A nos chers et féaulx les bourghemaistres, thiers et Conseil de nostre bonne ville de Dinant.
deniers pour vostre parte \ et à la sortie de vostre magistrat, vous consignerez ces nos lettres entre les mains de vos successeurs, affin que, en vertu d'icelles et comme sy elles fussent escrites à leurs personnes, ils continuent la mesme libéralité pour poursuyvre et enffin achever tout le bastiment des dites escolles. Vous avez l'exemple de nostre citez de Liège. Chascun faict bien quant il faict sellon ses moyens, et le pouvoir n'est pas impossible où le vouloir ne mancque pas. Vous aurez d'une sy bonne œvre honneur et méritte devant Dieu, et chez nous, du bon gré dont nous confians que condescenderez volontier à ce nostre désir, prierons le Tout Puissant, chers et féaulx, de vous maintenir en sa saincte grâce et protection. De nostre ville de Bonne, ce 2me de janvier 1617. (Signé) Ferdinand.
Registre aux Sieultes de 1617, f° 1. — Arch. com. de Dinant.
Contrat pour le renouvellement du pavé du marché de Notre Dame.
9 août 1617.
Le ixme d'aoust 1617, Messieurs les burghemaistres La Court et Maucours et François Livillon, tyrs de la
1 A la suite de cette lettre, le conseil accorda aux Jésuites le tiers du produit du pécule établi par les États de Liège. (Reg. aux ordonnances de 1604, f° 73.) Le même volume mentionne plusieurs autres dons faits par la ville aux religieux pour les aider à bâtir leurs locaux.
ville de Dynant, ont accordé avec Jean Lambert, masson, pour le repavement du marché Nostre Dame, ensemble pour redresser ledit pavé jusques la maison monsieur de Melroy, ou aussy avant que porte un nceuf pavé qui est proche la maison Noël Bachelet.
Item, pour avoir repavé en la rue Saint Jacques, avoir faict espincé les pierres, faict faire tous les manouvraiges tant audit marché qu'ailleurs, pour la somme de cent et septante huict florins, soubs promesse faicte par ledit Jean Lambert de maintenir ladite besongne entier, prisable ou dire des maistres ouvriers, jusques au jour de Pasches prochaines, à ses fraiz, périls et despens. En quoy ledit Jean Lambert s'est obligé et les siens, présens Jean de Maisnil, et Jean Thyrion \
Reg. aux Sieultes de 1617, fo 5. — Arch. com. de Dinant.
1 Ce contrat ne porte que sur la main d'œuvre. La ville devait fournir les matériaux nécessaires. On voit par une note ajoutée au registre que la ville eut à payer :
75 benon de grève à 3 s, le benon. (Benon, tombereau, en patois namurois bègnon; grève, gravier.)
129 benon de piere à patar et demy pour cheraige.
58 benon d'ordure y comprins auscuns benons de pières menées en la Tour Maire.
Somme ensemble aulx chartiers 25 flor. 5 sols 12 den.
129 benons de pieres livrées par Jean de Maisnil à 8 sols 12 den. chacun benon, porte 54 fl. 16 sols 12 den.
Règlement pour les serviteurs de la ville.
12 septembre 1617.
Le xije de septembre 1617, le Conseil estant en féaulté, at esté ordonne' que doresnavant, à chascun jour de plaid, un serviteur de ville debvrat, à son thour, mois par mois, demourer à la chambre pour recepvoir et exploicter le commandement des maistres, commençant les serviteurs esleus sur la partie des bourgeois, sçavoir : Martin Simon, pour septembre, Estienne de Hontoir, portier du rivaige, pour octobre; ceux de la partie des batteurs, sçavoir : François de Rocheffort, portier de la porte Martin et commandeur de garde, et Waltier Simon pour novembre et décembre; ceux des ix mestiers, sçavoir : Jacques du Tomboy, garde de la maison de la ville, et. Perpète de Rocheffort, portier de la Thour Chappon, pour janvier et février, et ainsy continuant, d'an en an, de mois en mois, chascun à son thour de rolle.
Et lorsque le Conseil serat en féaulté, y debvrat avoir trois serviteur, sçavoir de chascune partie un.
Et qu'à chascun jour de plaid les serviteurs qui auront faict les adjours debvront estre ax heures à l'audiance pour les rapporter, et ce le tout avec l'honneur et respect convenable, à paine, s'il s'y trouve deffault, de diminution de leur gaige, à la discrétion de messieurs burghmestres et Conseil.
Registre aux Ordonnances de 1604, fol. 78. — Arch. eom. de Dinant.
Règlement pour les exercices et fêtes qui ont lieu au jardin des Arquebusiers.
19 juillet 1618.
Les Roy, mambours et aultres de la compaignie des Harquebeuziers de ceste ville de Dynant, affin qu'il soit donné ordre et police en leur jardin au temps de leurs exercices, ont dressé aucuns articles (ci-jointz) centenantz le règlement qu'ils entendent (moyennant le bon plaisir et consentement de Vos Seigneuries) y estre observés, suppliant leur bon plaisir soit de les approuver et authoriser, remectant néantmoins le tout à leur pourveue discrétion pour y adjouster ou diminuer, ainsy qu'elles jugeront mieulx convenir.