IX. Au moyen de tout quoy et soubs les poincts et
conditions cydessus mentionnés et pour demeurer paisible avec lesdits Magistrats, lesdits confrères acceptent les lx florins par an jà par ci-devant présenté, ou doncque leur laisser jouyr paissiblement, comme les anciens privilèges et registres de laditte ville portent, dudit chaussage Del Vaulx S* Jacque et porte S* André, soubz les subjections reprinses par lesdis privilèges et registres qu'ils offrent d'y obéyr.
Et affin que se soit chose ferme et stable, sy avons nous lesdis burghemaistres, jurez, Conseil et généralité de ladite ville aux présentes lettres faict appendre le grand seel et contreseel de cestedite ville, desquelz, en mémoire perpétuelle et en signe de vérité, usons en tel et semblable cas, sur l'an de grâce de la Sainte Nativité Nostre Seigneur Jésus Christ xvc nonante neuffs au mois d'aoust, le premier jour, avec la signature de nostre greffier l.
Registre aux pensions de 1540, fol. 109. Reg. aux Sieultes de 1575, fol. 122. — Arch. com. à Dinant.
1 Le 1er Août 1585 (Cartulaire, t. IV, p. 231), le Conseil avait décidé que les arbalétriers recevraient 60 florins de gages, au lieu du droit de « chaussage del Vaux S1 Jacques et de la Porte S1 André » qui leur avait été octroyé en 1501. Le 5 Août 1590, la généralité avait supprimé cette allocation. (Reg. aux Sieultes de 1575, fol. 99 v°, 100, 100 v°), et depuis, la compagnie des arbalétriers n'avait plus les ressources nécessaires pour subsister. Comme on le voit par la pièce insérée ci-dessus, l'évêque de Liège intervint et la généralité de Dinant consentit à rétablir les gages de 60 florins. (Reg. aux Sieultes de 1575, fol. 124).
Le Conseil rétablit la compagnie des arquebusiers qui avait été supprimée, et lui accorde 90 florins de gages annuels.
1 août 1599.
Nous les burghemaistres, jurez et Conseil de la bonne ville de D}rnant avec la généralité d'icelle, à tous ceulx quy ces présentes lettres verront ou lire oront, salut. Sçavoir faisons, que avons reçeu l'humble supplication d'aucuns noz combourgeois jadit de la compaignie des harquebeusiers, remonstrants, corne affectionnés au service, honneur et tuition de cestedite ville, qu'il serat autant convennable, et s'offrent aussy de restablir et réunir ladite compaignie des harquebeusiers soubz les charges, debvoirs et subjections qu'elle at esté du passé, et présentent continuer en tout diligence et en telles autres charges et conditions que l'on treuverat mieulx convenir, avec les gaiges et sallaires à l'advennant, quy estoint cy devant de iiijxxx florins l, lesquels remectent présentement à nostre discrétion, en considération que les pouldres et despens sont plus chers que du passé, et à ce moyen promectent et s'obligent faire tous bons debvoirs et s'accquicter dehutement suyvant les comand et ordonnances qu'il leur serat faict depar ladite ville ou maistres et Conseil. Le tout quoy veu, entendu et
1 En vertu d'une décision du 1er août 1585 (Cartulaire, t. IV, p. 233) qui avait été annulée le 5 août 1590 (Reg. aux Sieultes de 1575, fol. 99 v°, 100. 101 v°), ce qui avait amené la chute de la compagnie. Voir la note de la page 291.
incorporé, avons par meure advis et délibération, ladite compaignie remis sus, restably et leur accordé et accordons par ceste pour gaige annuel la somme que dit est de iiijxxx florins, à prendre et recepvoir chascun an à la feste S* Jehan-Baptiste, pour d'iceulx en jouyr et prouffiter les confrères, compaignons de ladite compaignie présens et futurs y estans admis et reçeus soubz le serment en ce requis, et qu'ils renderont et feront l'ancien service de ghaits et garde aux portes comme de costume et qu'ils estoint tenu cydevant, mesme de s'employer en plussieurs autres endroit lorsqu'ils seront par lesdis maistres commandés pour le service et honneur de ladite ville. Et afïin que ce soit chose ferme et stable, sy avons nous lesdis burghemaistres, jurez, Conseil et généralité susdit faict appendre le grand seel et contreseel autenticque de cestedite ville, le soubsigner de nostre greffier, l'an xvc nouante neuff, le premier jour de mois d'aoust \
Registre aux pensions de 1540, fol. 110 vo. — Arch. coin, à Dinant.
1 Voici le texte de la délibération des trois membres, relativement aux arbalétiers et aux arquebusiers.
Messieurs les bourgcoys ont résoulx unanimement pour les arbalestriers en conformité de la remonstrance, sans néantmoings volloir déroguer aux anciennes subjections et obligations contenue par l'institution de la dicte compaignie, et à ce moyen ne polront prétendre aucun arriéraiges ny despens engendrés en la dispute que l'on at heu contre eulx à lever les gaiges de lx florins en prendrant pied à la Pentecostes dernier.
Et quant aux harquebeusiers at esté acordé qu'ils soient restablis aux reigle, charge et subjections que le Conseil trouverai convenir, auquel l'on s'en refert.
Les batteurs ont accordé le restablissement des arbalestriers et harquebeusiers en conformité des remonstrances, voir et jusques au rappelle de la ville.
Les ix mestiers ont, quant aux compaignies des arbalestriers et harquebeusiers, accordé conformément les remonsti-ances. (Reg. aux Sieultes de 1575, fo 124.)
Le chapitre de Dînant décide que la sonnerie des cloches pour les morts se fera désormais suivant le mode adopté par les églises secondaires de Liège.
21 octobre 1599.
Messieurs les vénérables doyen et chapitre de l'égliese collégiale et parochiale Nostre Dame en Dynant, salut. Affin de maintenir la police en ceste église et garder les immunités d'icelle, et signament pour faict de la sonnerie et reiglement des cloches à l'office des trépassés, en premier pour les trop fréquentes discursions par l'église, d'où procède bien souvent que l'office divin en est troublé, semblablement pour les estonnemens de la tour de l'église qui va se ruinante comme on voit apparement d'an en an, mesme pour estre telle sonnerie confuse et déreiglée, trop onéreuse et de fraix insupportable à la fabricque, sy comme on voyt souvent cloches cassées; item, pour estre aussy telle façon de sonner tout contraire et différente à celle des aultres bonnes villes et lieux circumvoisins; pour telles urgentes raisons et aultres bons respects, affin de ne point forcer les cloches présentement assé de bonne portée, mesdits seigneurs, veu et considéré les inconvéniens advenir, pour remède convenable, ordonnent doresnavant suyvre de tout en tout la forme et manière usitée es églises secondaires de Liège, requérants partant Messieurs le magistrat deuement les contra-
disans (sy il en at) à ce vouloir incliner, ou bien auront recours la part où il appartiendrat *. — Ainsy faict et capitulairement arresté, le vendredy xxje du mois d'octobre an 1599.
Registre aux décrets du chapitre de Dinant, 1597-1612, fo 8 vo, aux Arch. de l'État à Namur.
La ville de Dinant demande à ïèvêque de Liège dHédicter des peines sévères contre les batteurs qui ont transporté leurs usines à l'étranger.
S. d. (vers 1600 2).
A Son Altèze Sérénissime.
Remonstrent autant humblement que faire ce peult les bourguemaistres et université de votre ville de Dinant que comme, de toute antiquité, l'appuy, maintient et conservation d'icelle soit fondé sur les manufactures de cuivre et batterie, au moyen de laquelle, icelle est fréquentée des estrangiers qui, achaptans ladite manufacture, amènent d'autres marchandises,
1 Lé 1er mars 1609, le doyen flt sonner « toutes les cloches à voilée » à l'occasion de la mort de Nicolas Nollet, mayeur de Dinant. Le chapitre protesta et défendit au marguelier de sonner sans l'autorisation de l'assemblée capitulaire. (Reg. aux décrets, 1597-1612, f°34.
2 Pièce non datée, mais contemporaine des Archiducs Albert et Isabelle et antérieure de plusieurs années à 1606, époque où la contestation au sujet de Lefîe et du lieu dit Devant Bouvignes, (dont il est question a la fin de l'acte) fut tranchée.
tant pour la commodité (ficelle que de tout le pays pour la distribution qui s'en faict par après, et d'autant qu'en ce consistait tout le bien, prouffit et utilité d'icelle, aussi voz prédécesseurs ont estez fortz libéraux de les bénificier de plusieurs beaux privilèges, mesme l'ont faict gratifier des princes et monarques estrangers comme de la Hans d'Angleterre et autres; quoy nonobstant, depuis deux à trois ans ença, quelques espritz esventez et inquietz du corps des batteurs se sont transportez ailleurs avec leurs outilz et instrumentz et communicquent Tarte et manufacture aux estrangers, laquelle a esté de tout temps propre et particulière à vostre dite ville et appellée, pour ceste cause, des François, Dinanderie, qui cause qu'icelle s'en va despeupîée, déserte et abandonnée; ce pourquoy, ilz prient qu'il plaise à V. A. par édict publicque rappeller tous les bourgeois de Dinant absens qui font profession de ladite manufacture, avec peine que ceulx qui ne se retireront avec les outils et instrumens, dedans trois mois, seront avec leur postérité privez des droitz, privilèges, exemptions et libertez qui leur sont donnez et déclarés inhabiles pour jamais d'en pouvoir faire exercice.
D'abondant, comme passé plussieurs années il y at question de jurisdiction pour le lieu de Leffe, qu'il plaise à V. A, donner lettres aux Archeducques pour avoir députation d'autres commissaires et signamment à cause de l'absence du conseillier House, délégué et empesché à autre négoces, afin une fois sortir d'icelle, etc.
Minute snr papier, liasse 37. — Arch. coin de Dinant.
La ville de Binant demande au provincial des Jésuites rétablissement dune résidence qui serait bientôt transformée en collège.
21 mars 1600.
Monsieur \ Nous ayant esté par Messieurs du chapitre de ceste ville donné à entendre que plussieurs bons bourgeois et bien zélés désiroient une établissement de bonne escolle par introduction et mission des pères de la Société du nom de Jésus en ceste dite ville, pour enseigner, instruire et parfaictement dresser la jeunesse, et que, pour entrée et commencement de ce, il fuisse envoyé d'aucuns de la dite Société entre les Pasques et la Pentecostes prochaines pour faire résidence, soubs espoir, avec la commodité du temps accroissants les dévotions des personnes et moyens, de pouvoir procurer et dresser ung collège complecte, à l'utilité, prouffict et advancement de la dite jeunesse et de ceste républicque, comme at esté ci devant, dont l'on en a receu très grand fruict et contentement 2,
1 Suscripliim : à Monsieur le Père Provincial ou recteur de la Société du Nom de Jésus, à Liège.
2 Un collège de Jésuites avait été établi au xvie siècle. Cf. Ann. de la Soc. archéol. de Namur, t. X, p. 221. Nous ne savons à quel moment il avait été supprimé. La table des matières d'un registre des Jésuites de Dinant, aujourd'hui perdu, nous donne l'indication suivante : « l'an 1595 de may 23, Jean Tyrion, Jean Régnier et Wautier de Wespin présentent requête au magistrat de Dinant et au chapitre pour rappeler les pères de la compagnie pour enseigner la jeunesse et le magistrat députe Mrs. Tyrion, Renier, de Wespin et maistre France de Brumagne pour travailler à cet ouvrage. «
avons bien voulu escrire la présente pour ne volloir de nostre part empescher le progresse de tele affaire bien prouffitable et salutaire choese desja de loing temps désirée l. Et en tel événement prierons le bon Dieu maintenir, Monsieur le Père, en ses divines grâces, nous recommandants humblement es vôtres 2. De Dynant ce xxime de mars 1600.
Reg. aux Missives de 1581, fo 264 vo. — Areh. cora. de Dinant.
1 Le 12 avril 1600 l'évêque Ernest de Bavière applaudit au projet de restaurer le collège et engagea le conseil à provoquer les libéralités des bourgeois afin de rendre réalisable l'établissement définitif des éducateurs de la jeunesse. (Reg aux Missives de 1581, f° 264 v°.)
2 Le provincial, Bernard Olivier, répondit le 23 mai 1600 qu'il était prêt à seconder de tout son pouvoir le projet de rétablir une résidence et bientôt un collège. (Reg. aux Missives de 1581, f° 266 v°.) La ville alors pria le grand vicaire de Liège, Jean Chapeaville d'intervenir et de s'efforcer d'aplanir les difficultés. Chapeaville eut des conférences à ce sujet avec le doyen de Dinant et le provincial des Jésuites. Celui-ci déclara devoir en référer au Général de l'Ordre. (V. une lettre du Conseil à Chapeaville du 15 juillet 1600 et la réponse du grand vicaire. (Reg. aux Missives de 1581, fos 266 v°, 267.) Le 14 juillet le magistrat envoya le chanoine Frérart solliciter de l'évêque, une subvention pour l'érection d'un collège. (Table citée à la note 2 de la page précédente.)
Roch Grongnart, fondeur à Dînant s'engage à livrer une cloche au chapitre de Moustier-sur-Sambre .
18 septembre 1600.
Le xviije de septembre 1600, contract et marchié at esté fait entre noble dame Hélenne de Huy, dame et abbesse séculière de Moustier-sur-Sambre, et maître Rocq Grongnard, clocqmant et marchant fondeur de cloche, demorant à Dinant, en la forme et manière suyvante, assavoir :
Qu'icelluy Grongnard livrerat à ladite damme, en la ville de Namur, et à son chapitre, une cloche de deux cent cinquante livres ou environ, ou aultant que luy ordoné serat, de bon et fidel métal passant par maîtres cognoisseurs, avecque le batteau et creceau appartenant à ladite cloche, desquelz luy serat donné contentement, à livrer icelle cloche à la Chandelleuze prochain. Pour laquelle serat paie audit Grongnart ou à ses aians cause pour chascun cent de métal à Fad venant de sa pesanteure, quarante deux florins dix solz; le tout à deux termes., le premier de la somme totale de la portance de ladite cloche escherrat à paier au jour saint Rémi prochain et l'aultre dernier à semblable jour l'an enssuyvant. Promectant ledit Grongnart tenir et entretenir laditte cloche bonne et vaillable l'espace d'un an, du jour qu'elle sera mise à sonage, pourveu qu'aucuns tortz ne luy soit faict; aultrement
et advenant quelque cassure ou rompure, la refondre et faire bonne et de tel poix. Pour effectuer ledit contract lesdites parties avecque plusieurs damoiselles dudit chapitre ont par leurs signatures obligié leurs biens. Ainsy fait et contracté audit Moustier, en présence de plusieurs damoiselles dudit chapitre à cuy l'affaire touche, le jour et an susdits.