V. — DIVISION ADMINISTRATIVE ET POPULATION
La division administrative par quartiers ne paraît pas avoir été connue à Namur. On rencontre une seule fois le mot vinable, synonyme du mot vinâve employé à Liège; mais cette dénomination n'avait rien d'administratif. On ne connaissait d'autre division territoriale que celle formée par les paroisses.
Nous possédons à cet égard un document curieux et instructif : c'est la visite qui fut faite en 1662 par ordre de l'évêque Wachtendonck, et dont le résultat est consigné dans un registre in-folio intitulé : Visitationes pastoratuum diœcesis Namurcensis !. Quoique cette pièce soit relativement moderne, nous pouvons nous en servir pour chercher à connaître l'importance respective des quatre paroisses.
1 Ce registre est conservé aux archives de l'État, à Namur. Voy. Annales, I, 415, note.
La paroisse S*-Michel, dans l'église Notre-Dame, exerçait sa juridiction sur la Plante et même sur le village de Bouges; elle comptait, rien qua l'intérieur des murs, 6,000 communiants, ce qui, d'après les calculs assez généralement admis, suppose une population de 9,000 âmes.
La paroisse S*- Jean-Evangéliste , suivant le texte cité, « habet parochianos mille et circiter quingentos communicantes; » ce qui, suivant la ponctuation, peut se prendre en deux sens : environ mille paroissiens, dont cinq cents communiants, ou : environ quinze cents paroissiens communiants. En admettant ce dernier sens, qui est préférable, nous arriverions à une population de 2,250 âmes.
La paroisse de S^Jean-Baptiste, au dire de la Visitatio, n'a qu'une petite population dans l'intérieur de la ville, ce qui est encore le cas aujourd'hui. Nous n'en tiendrons donc pas compte.
La paroisse SVLoup comptait six à sept cents communiants, « omnes sibi in urbe vicinos; » ce qui, suivant le même compte, donnerait 975 âmes.
Nous arrivons ainsi, pour la population de toute la ville, à un total d'environ 12,225 habitants. Tels sont, à cet égard, les seuls renseignements que l'on puisse indiquer avec quelqu'apparence de certitude.
En effet, les listes d'imposés qui figurent dans la collection intitulée : Assiettes, comptes et acquits de l'aide de ville (1431-1559), ne fournissent pas d'indications suffisantes ou précises; le compte II (1510) désigne bien 1660 chefs de ménage cotisés, mais sans doute en y comprenant la banlieue; au compte IV (1537) on en trouve 1425, tous de la ville, et non compris les ecclésiastiques; mais cette liste paraît incomplète; d'autre part, le compte V (1543), presque contemporain, ne mentionne que 776 cotisés. Il est à remarquer, en outre, que tous les chefs de ménage n'étaient probablement pas cotisés et qu'on laissait de côté les indigents.
Toutefois le compte IV ci-dessus fournit une indication précieuse, qui peut indirectement conduire à un résultat approximativement certain. Notons, en effet, que des 1425 cotisés de l'an 1537, 951 se trouvent dans les trois premières enceintes; et que, si l'on distrait des 474 restants, les 267 assignés à un quartier déjà depuis longtemps habité, la Neuve-Ville, le Pont Spalard, etc., on n'en trouve plus que 207 pour la ville nouvelle, bien que la quatrième enceinte existât déjà depuis plus d'un siècle. On voit d'après cela combien la population des trois premières enceintes était plus dense que celle comprise dans la limite