I. — ACQUISITION DE LA BOURGEOISIE
'On pouvait devenir bourgeois de différentes ma* nières :
1° Par la possession annale, c'est-à-dire par le domicile d'un an et un jour dans la ville ou sa banlieue. Ce mode d'acquisition, presque universel dans les Communes, se trouve déjà inscrit dans la charte de privilèges accordée en 1131 à l'abbaye de Brogne.
2° En en faisant la simple demande à l'échevinage. Nous ne savons rien de la somme à payer 1 ni des formalités à observer en cette circonstance, si ce n'est que, tout d'abord, les échevins demandaient au requérant si sa femme était « en bon point; v> si
l'administration de la Commune, c'est le privilège exclusif des bonnes gens ou bourgeois; ils sont jugés par le tribunal des échevins, mais sont ajournés par un seul adjour, au lieu de trois.
1 Un diplôme du mois d'octobre 1640 dit qu'antérieurement à cette date, les droits d'admission à la bourgeoisie étaient de 18 patars. (Coutumes, I, 364).
d'aventure elle était malade, la bourgeoisie était refusée, parce que, sans doute, on ne pouvait dans ces conditions espérer de nouveaux défenseurs de la Commune.
3° La bourgeoisie s'acquérait naturellement aussi par la naissance, le fils suivant la condition du père, pourvu toutefois qu'il payât la redevance annuelle; pour cela, il fallait préalablement avoir été « mis hors de mambournie » ou émancipé, ce qui ne pouvait avoir lieu qu'après l'âge de douze ans. Les enfants naturels, tant fils que filles, étaient admis à la bourgeoisie aussi bien que les légitimes.
4° Enfin, il est probable qu'un étranger devenait bourgeois par son mariage avec une bourgeoise; nous devons avouer, toutefois, n'avoir trouvé aucune preuve à l'appui de cette hypothèse.