‹ Cartulaire de la commune de Namur (volume 3)Chapitre 31 sur 49 · II. — PERTE DE LA BOURGEOISIE · texte numérisé non relu

II. — PERTE DE LA BOURGEOISIE

La perte de la bourgeoisie pouvait également avoir lieu pour quatre motifs :

1° La raison la plus commune était le bannissement; la perte était alors temporaire ou perpétuelle. On en trouve de fréquents exemples, soit à la suite de crimes, soit après une révolte. C'était ce que l'on

appelait perdre la ville. Rendre la ville était réintégrer, dans le sein de la bourgeoisie, des condamnés au bannissement à temps.

2° On perdait encore la bourgeoisie en embrassant la vie monastique. Une sentence de l'an 1380 déclare « que nulz prestres ou chanonnes, ne autres gens de Sainte-Eglise, ne pevent plaidier contre bourgois de Namur, de debte ne obligation; et ne s'en tiendroit ou remenroit-on en cela, se dont n'est qu'ils donnent bourgois de Namur respondant, pour aussi bien prendre et payer la perte que le gaingne. » Il s'agit uniquement ici du clergé régulier, qui formait un ordre à part, jouissant de franchises particulières, exempt des charges communales, et justiciable seulement de l'official.

3° C'était une coutume générale que l'on cessait d'être bourgeois lorsqu'on quittait la Commune pour aller habiter ailleurs. Il en était de même à Namur. L'article 47 du Répertoire de 1483, porte en effet, que « celui qui va hors la ville et franchise, et demeure hors plus de quarante jours, perd sa bourgeoisie. »

4° Enfin, on était privé de la qualité de bourgeois du moment où l'on refusait de payer le droit de bourgeoisie dont nous parlerons tantôt. Guy de

Dampierre fixant, en 1293, les conditions nécessaires pour jouir du mort-bois dans la forêt de Marlagne, stipula que tout bourgeois demeurant dans les paroisses de la ville, aurait cette prérogative s'il n'était défaillant de payer, 'dans l'année, son droit de bourgeoisie. Il est toutefois probable que l'on recouvrait la qualité perdue en recommençant à payer ce droit, plus l'amende encourue.

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