‹ Cartulaire de la commune de Namur (volume 3)Chapitre 43 sur 49 · CC1V · texte numérisé non relu

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les armes. Cette cloche sert également pour convoquer les citoyens, et pour d'autres usages, selon que le Magistrat ou les chefs le jugent à propos. »

La cloche banale (campana banalis, cloche du ban), bancloke, etc. , dit ailleurs Ducange, est ainsi nommée parce que, dès qu'elle retentit, tous ceux qui habitent le ban, district ou franchise de la ville, sont tenus de se rendre aux assemblées publiques \

La cloche du ban, étant considérée comme un des droits inhérents à la Commune, suivait ses destinées : lorsqu'un souverain abolissait les privilèges d'une ville, la cloche était détruite ou transportée ailleurs. Des exemples de ce fait se rencontrent dans l'histoire du moyen âge; c'est ainsi, pour nous borner à un seul, que Philippe de Valois, ayant enlevé aux habitants d'Ypres leur droit de Commune, leur ôta également leur bancloke.

Ce que nous venons de dire des Communes en général, s'applique à celle de Namur, qui possédait également sa cloche banale ou bancloke.

« Si quelqu'un, porte la charte de Brogne de 1154, a commis un délit tel qu'il mérite d'être appréhendé au corps, tous les habitants le suivront jusqu'aux

1 Ducange, aux mots Belfredus et Campana.

limites de la banlieue au cri de hahay, au son de la trompette ou de la cloche banale. » Dans un diplôme de 1221, Philippe II parle des souliers qui étaient dus, entre autres, tribus horoscopis; ces mots ne désigneraient-ils pas ceux qui sonnaient les heures au Château? ' Enfin le Répertoire de 1483 nous apprend que la bancloke sonnait pendant la durée de certains supplices.

Il en est du beffroi de Namur comme de la plupart des monuments de notre pays : son origine est incertaine, et ce qu'en disent nos historiens se réduit à peu de chose.

Avant le siège de 1746, la vieille collégiale de S^Pierre s'élevait à l'extrémité de cette masse de rochers qui supporte la citadelle moderne. Elle était fort ancienne, puisque, selon Galliot, elle fut rebâtie en 1202 par. Philippe le Noble. La tour même de cette église, ou du moins une tour y contiguë, servait de beffroi; elle paraît avoir été, dans les premiers temps, la propriété de la ville. Il est possible que la construction de cette tour ait précédé

1 Cartul. de Namur, I, 21. Grammaye ignore aussi ce que signifie le mot horoscopus." Deinde, dit-il, lego fuisse très horoscopos, duos prseeones villse, quatuor clericos, quae numerum noinina nunc in dessuetudinem abierunt » (Autiquit. Nam., sect. XVIII).

celle de l'église elle-même, car le beffroi, étant un des attributs caractéristiques des villes libres au moyen âge, devait remonter à l'origine même des libertés namuroises.

C'était un édifice carré dont chaque face mesurait vingt pieds de large : là se trouvait suspendue la cloche du ban. La position qu'occupait cette tour lui avait sans doute valu cette destination : il était impossible, en effet, de trouver une situation plus convenable pour un beffroi. De ce point élevé, la vue s'étend sur les deux belles vallées de la Sambre et de la Meuse, et le son de l'airain, répercuté par tous les échos des montagnes voisines, annonçait distinctement aux gens de la Commune un appel aux armes, l'inauguration d'un souverain, une assemblée extraordinaire, une exécution capitale.

Une bancloke neuve fut confectionnée, en 1371, par les soins d'un fondeur namurois nommé Jean Falise, qui reçut pour son salaire 25 francs de France. On lui avait fourni la matière, qui se composait du métal de l'ancienne cloche, d'autre métal trouvé parmi les provisions du château, enfin de 750 livres de cuivre et 250 livres d'étain de Cornouailles achetés à Collart Collinet, fondeur à Bouvignes; ce qui donne pour la nouvelle cloche un poids d'environ 5000 livres. Si,

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