‹ CartulaireChapitre 14 sur 48 · SN AE · texte numérisé non relu

SN AE

misérables, pour mieux les perdre toutes, qui, enfin, battaient en brèche tout à la fois, et l’autorité de l'Eglise et celle des pouvoirs publics, s'étonnera-t-on que les Papes, les Docteurs les aient qualifiés d'erreurs perverses, de blasphèmes, de poison pernicieux, de lèpre hideuse, de crime de lèse-majesté divine. D’autres ont appelé les sectaires des déprédateurs, des larrons, des meurtriers d’âmes, des renards qui démolissent la vigne du Seigneur et qu'il faut détruire à tout prix ; ils les ont déclarés pires que des incendiaires, dignes eux-mêmes dela peine du feu, ont-ils exagéré ?

En l’année 1226, Nuño Sanchez, comte de Roussillon, écrivait à Louis VIII se préparant à la croisade contre les Albigeois : « En qualité de fidèle vassal nous sommes tenu de vous servir, surtouten ce qui est du salut de notre âme. Nous mettons donc à votre dispositionnotre personne, nos hommes et nos terres afin d’extirper les ennemis de la foi, de venger les injures faites au Sauveur et de promouvoir la cause de Celui qui nous a racheté de son sang précieux (1).» Saint Dominique et Diégo d'Osma n’avaient pas la prétention de s’armer ainsi du glaive matériel ; mais en hommes de foi, animés d’une compassion vive et profonde pour l'infortune de tant d’abusés, brülant d’un zèle dévorant pour la gloire de Dieu et l'honneur de son saint nom, pouvaient-ils rester insensibles quand dans la réunion de Castelnau on les mit en présence de tant de tristesses et d’infamies ? et comprend-on, à cette heure, pourquoi ils résolurent d’aller à la conquête du Languedoc hérétique, en Chevaliers du Christ, pieds nus, dans la plus extrême pauvreté, et la croix de Jesus à la main ? |

(1) Tenlct, Trésor des chartes, t. TI.

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