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la région. Nous verrons prochainement la femme d’un W, Gasc réconciliée de l’hérésie par saint Dominique; un R. God, bayle de Vealmorés, est témoin dans un acte de 1214. Nos donateurs étaient-ils de Villasavary ou de Villepinte? Que devinrent-ils ensuite? Nous n’avons pu le découvrir.
Les châtelains de Villasavary furent, jusqu’à la fin, des croyants fanatiques du catharisme. Si, en cette circonstance, ils approuvèrent les libéralités de leurs subordonnés, ce fut évidemment par respect humain ou par intérêt; car, pendant la guerre contre les Albigeoïis, ils furent faidits et durent se réfugier sur les terres des comtes de Toulouse et de Foix et combattre dans leurs armées, puisqu’en 1219 un seigneur Eudes était châtelain du Vilar (1),
Lorsque Raymond VII, en 1229, fit sa paix avec l’Église, Galard du Vilar figura parmi les chevaliers de Fanjeaux qui, à cette occasion, reconnurent au comte ses droits sur ce château et lui prêtèrent serment de fidélité (2), « mais, remarqué Guillaume Pelisso, alors que l'Église croyait avoir la paix en cette contrée,les hérétiques etleursCroyants s'armèrent encore plus et usèrent de nombreux artifices contre elle et contre les catholiques, de telle sorte qu'ils firent beaucoup plus de mal que du temps de la guerre (3).» De fait, vers l’année 1235, la femme de Galard, malade à Fanjeaux, dans la maison d’Hugues de Durfort, est visitée par des hérétiques qui lui donnent le consolamentum et les deux frères, Galard et Vilar, sont présents. À quelque temps de là, ils adorent deux'autres hérétiques qu’ils rencontrent dans un bois (4). Le bienheureux Guillaume
(1) Voir plus loin la donation d'Eudes, seigneur du Vilar.
@) Arch. nat.,J.J. XIX.
(3) Chronique de Guillaume Pelisso, éd. Douais.
(4) Doat, t. XXIII, p. 108. — Bibl, de Toulouse, Confessiones ms. 155, f° 154-155,
Arnaud vient (de 1237 à 1239) à Fanjeauxfaire, sur l'hérésie etses agissements, l'enquête prescrite par autorité apostolique : les deux frères comparaissent et promettent de s’amender (1); mais, en 1242, la veille de l’Ascension, Guillaume Arnaud et ses collègues sont massacrés à Avignonet, en haine de la foi, et au même temps on trouve, à la Force de Malagodas près de Mirepoix, Galard et Vilar fréquentant et adorant le diacre cathare Bernard de Merville et son compagnon. La reine Blanche exige-t-elle réparation du meurtre des inquisiteurs, bientôt, à la requête du comte de Toulouse, Galard, ainsi que tous les chevaliers et seigneurs du pays, renouvellent leur serment de fidélité au roi et à l'Eglise et ils jurent sur les saints Evangiles « qu'ils aideront l'Eglise contre les Croyants, les recéleurs d'hérétiques et contre tous ceux qui seront contraires à l'Eglise pour cause d’hérésie ou d’excommunication (2). »
Quant à Vilar, sans doute plus compromis que son frère, appelé, le 12 mai 1243, à comparaitre devant les inquisiteurs Frères Ferrier et Garin, il avoue qu’à diverses reprises, dans les dix dernières années, il a fréquenté, à Fanjeaux et ailleurs, des chefs hérétiques, qu’il a assisté à l'hérétication de sa belle-sœur et qu’à la fête de Noël 1242, après avoir promis trois ans auparavant au bienheureux Guillaume Arnaud de ne plus avoir de rapports avec aucun membre de la secte, il a donné l'hospitalité pendant huit jours à un hérétique condamné (3). Tels furent les châtelains de Villasavary, qui, en 1207, louaient la donation d’'Ermengarde Godolina et de son mari.
Nous ne savons rien de Pierre Martel, de Raymond Capelet, de Bernard Arnaud, de Pons Humbert, de P. Le-
(1) Zbid.' (2) Hist. Languedoc, t, VIII, p. 1115.
(3) Doat, t. XXIII, f° 102.
maitre, mentionnés dans l’acte du mois d’août 1207. Hugues de Rieux et W. Isarn de Prouille ont été vus, en 1204, par Bérenger de Lavelanet, chez Guilabert de Castres, écoutant ses sermons et l’adorant; mais, depuis que saint Dominique a fondé Prouille, nous ne les avons rencontrés que comme témoins dans des actes en faveur du monastère. Il en est de même de Pierre Sadia et d’En Quatre, qui étaient de Villasavary. Enfin W. de Ollis fractis (1) ne semble avoir été qu’un scribe de village ou d'occasion très peu fort en latinite, si l’on en juge par les fautes accumulées dans le document qu’il a rédigé probablement séance tenante.
6. — La cérémonie de la donation se fit le 15 août de l’année 1207, en la solennité de l’Assomption de la Très Sainte Vierge. Etienne de Salagnac (2) raconte qu’en 1217, dix ans après, en cette même fête de l’Assomption, avant de disperser ses frères de par le monde, saint Dominique les réunit à Prouille et qu’à la fin du sermon qu’il fit en cette circonstance, étant revêtu des ornements sacerdotaux, il s’adressa à la foule accourue de toutes parts; «car, dit Etienne de Salagnac, de temps immémorial Prouille a été un lieu de dévotion en l'honneur de la Bienheureuse Vierge. » C’est alors que le saint fit la prophétie mémorable que le même écrivain rapporte en ces termes: « Depuis plusieurs années je vous ai fait entendre de douces paroles (3). J'ai prêché, j'ai supplié, j'ai pleuré; mais, comme on dit vulgairement dans mon pays: Là où ne vaut la bénédiction, vaudra le bâton ; en espagnol : ou non valsenh agols val bagols. Voici que nous exciterons contre vous les princes et les prélats, et ceux-ci, hélas!
(1) W. de Ollis fractis (des pots cassés). Etrange nom, en vérité !
(2) Et. de Sal., De Quatuor in quibus, etc.
(3) Multis jam annis cantavi vobis dulciter prædicando,obsecrando, plorando, etc.
convoqueront contre cette terre et nations et peuples, et un grand nombre périra par le glaive; les tours seront détruites, les murailles renversées, et, Ô douleur! vous serez réduits en servitude. C’est ainsi que bagols vaudra, c’est-à-dire la force du bâton, là où n’a pas prévalu la douceur.» « Et tout cela, s’écrie Etienne de Salagnac, nous l'avons vu et nous le voyons encore. »
Que le rapprochement de ces dates : 15 aoùt 1207- 15 août 1217 est instructif et saisissant! Dans l'intervalle de dix années, depuis la donation d’Ermengarde Godolina et de Sans Gasc, les plus graves événements se sont accomplis : le meurtre du légat, Pierre de Castelnau, la croisade contre les Albigeoïis, le concile de Latran, l’approbation solennelle de l'Ordre par le Pape Honorius III, la mort tragique de Simon de Montfort. Au milieu de tous ces événements, saint Dominique poursuivit son grand dessein au péril de sa vie avec une merveilleuse constance, et lui, qui, en 1207, n’avait que deux ou trois compagnons témoins de la donation précitée, pouvait, le 15 août 1217, en vertu de l'autorité du Souverain-Pontife, envoyer des Frères-Prêcheurs en Italie, en Espagne, en France, et on laisser à la garde du couvent de $Saint-Romain de Toulouse et du sanctuaire de Notre-Dame de Prouille.
Saint Dominique réconcilie et absout de l’hérésie Raimonde, Na Segura, Ermengarde de Mas-Saintes-Puelles, Guillelmine Martin de, Fanjeaux, Saura de Villeneuve-2- Comtal, P. Martel de Bram et P. Jaule de Saissac.
I, — De Manso sanctarum Puellarum, anno Domini 1245. x111 Kal, julii (fo 22),
Raimunda uxor W.Gasc. testis jurata dixit quod viditpluries hereticos publice manentes apud Mansum et sunt quinquaginta anni vel circa. Et tunc ipsa testis fuit facta heretica et hereticavit eam Ysarnus de Castris et fuit ibi, cum hereticis, heretica induta per duos annos; et postea fuit gratis conversa ad fidem catholicam...…. alibi non vidit hereticos, nec adoravit, nec eorum predicationes audivit, et reconciliavit eam B. Dorainicus ; sed postea vidit, adoravit et credidit hereticos esse bonos homines et habuit cruces ab episcopo Tholosano; sed semper portavit cruces coopertas extra domum, etc.
II. — De Manso sanctarum Puellarum, anno Domini 1245, Kal. junii (fo 20).
Na Segura, uxor W. Vitalis, testis jurata..…, dixit quod, quando erat puella circa decem annos fuit heretica induta; et stetit heretica bene per quinquennium et postea exivit inde et sunt quadraginta anni; et tunc stabant heretici publice
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apud Mansum..... et Beatus Dominicus reconciliavit ipsam testem de heresi. Dictus Episcopus Tholosanus dedit ipsi duas cruces et, multis diebus, non portavit cruces et, pluribus vicibus, portavit eas coopertas quasi discoopertas, etc.
III. — De Manso sanctarum Puellarum, anno et die qua supra (f° 20).
Ermengart, uxor Petri Boer, testis jurata dixit quod, in domo de Canastre, vidit Hysarnum de Castris et socium ejus hereticos et non recolit si viderit aliquos cum eis; et ipsa testis adoravit eos, et fuit hereticata, et dictus Hysarnus hereticavit eam ibi; et tunc heretici manebant publice per terram et sunt quadraginta anni vel circa, et reconciliavit eam Beatus Dominicus. Item post reconciliationem tenuit in domo sua Rixendem et sociam ejus hereticas et manserunt ibi per annum vel circa; et W. Vitalis et Na Segura uxor ejus et Companh, mittebant, per ipsam testem, hereticabus panem et Arnaldus Maëstre misit illis unam eminam frumenti et W. de Canast Bru emit illis hereticabus unum vas olei..…. et sunt novem anni vel circa, etc...
IV. — De Fanojovis, anno Domini 1245-1246, uit idus marcii (f° 160).
Willelma Martina, uxor quondam W. Lombardi, testis jurata.…. dixit quod, dum erat juvenis, vidit pluries hereticos et hereticas apud Fanum Jovis et pluries dicti heretici dederunt sibi panem et nuces, amore Dei, et pluries ipsa testis portavit canels hereticorum textoribus et adoravit hereticos pluries, sicut ipsi heretici docebant ipsam et sunt quadraginta anni vel circa. Dixit etiam quod predicta fuit confessa fratri Dominico de Ordine Predicatorum et habuit penitentiam ab ipso quod portaret duas cruces a parte ante per duos annos et quod in illis duobus annis non comederet carnes; nisi in die Natali Domini, Pasche et Pentecostes; et ipsa testis
complevit predictam penitentiam, et habuit litteras de predicta penitentia ab ipso fratre Dominico, et amisit eas quando Fanum Jovis fuit combustum per comitem Montisfortis et postea non vidit hereticos predictos, etc.
V.—De Villa Nova comitali, anno Domini 1246, xvir Kal. mai (fo 143).
Saura, uxor W. Bonet, testis jurata dixit quod dum esset septem annorum fecit se hereticam et stétit heretica induta per tres annos et stabat apud Villam novam cum Alazaicia de Cuguro et sociis suis hereticabus sed nullum vidit ibi venientem ad dictas hereticas et fuit reconciliata a fratre Dominico de Ordine Predicatorum et sunt quadraginta quinque anni quod fuit reconciliata. Postea non vidit hereticos nisi captos nec credidit eos. Item dixit quod mater ipsius testis fuit heretica, etc...