III. — Ermengarde, qui se déclare avoir été absoute de
(1) N'est-ce pas le cas dese demander ici de quisaint Dominique tenait alors ses pouvoirs pour absoudre de l’hérésie? Comme aujourd'hui, il n’y avait à cette époque que le pape ou un de ses légats et aussi l'évêque dans son diocèse qui pût réconcilier et imposer une pénitence publique : Saint Dominique avait donc recu ses pouvoirs ou de l'évêque Foulques comme son pénitencier ou de l’un des légats, ainsi qu'il les eut, comme nous le verrons prochainement, de l'abbé de Citeaux pour réconcilier Pons Roger.
l’hérésie par le Bienheureux Dominique, ne vaut guère mieux que Na Segura. C'était le diacre Isarn de Castres qui l'avait faite hérétique, comme Raimonde, femme de W. Gasc. Après sa réconciliation, mariée à Pierre Boer, habitant du Mas, elle reprit ses anciens errements ; et en 1237, on la voit recueillir deux femmes hérétiques et les cacher dans sa maison pendant un an. Trois fois la semaine, avec les autres Croyants et Croyantes, elle les adore. Et si elle n’a pas eu de pénitence du Bienheureux Guillaume Arnaud, c’est, dit-elle, parce qu’elle s’est enfuie lorsque les deux Parfaites ont été arrêtées dans son logis. Le juge d’Eglise devant qui elle comparaît, en 1245, la tient pour si peu sincère qu’à la marge du procès-verbal original de sa déposition il a écrit de sa main: « Celle-ci est suspecte et pourrait dire beaucoup! »
IV. — A Villeneuve-la-Comtal, en 1206, une jeune fille, nommée Saura, vivait avec la Parfaite Alazais de Cuguro et ses compagnes. Cette Alazais semble avoir été une vraie matriarche de la secte, comme Blanche de Laurac. Elle demeura quelque temps à Avignonet (Haute-Garonne), lieu du martyre du B. Guillaume Arnaud et des autres inquisiteurs en 1242. Là, elle était visitée assidüment par Alibert et B. du Mas, ses gendres; par Guillaume de la Grasse, le chevalier W. de Varagne et d’autres Croyants., La jeune Saura, qu’elle élevait, fut hérétiquée à l’âge de sept ans. Elle en avait dix quand saint Dominique, prêchant à Villeneuve-le-Comtal, la réconcilia. Saura ne dit pas quelle pénitence lui fut imposée. Sa mère, Raimonde de Rival, était Parfaite et s'était réfugiée, comme tant d’autres, à Montségur. Le mari de sa fille, W. Bonet, simple cordonnier, mais bon chrétien, ne craignit pas d’aller chercher sa belle-mère jusque dans la retraite du château de Montségur et elle se convertit. Quant à Saura, unie à un homme de foi, elle persévéra jusqu'à la fin.