III. — Est présent Bernard Raymond de Roquefort
(1) C'est pourquoi le diplôme n° {1 du présent cartulaire ne fait rée sider aucune sœur à Fanjeaux, dès le 15 août 1207.
(2) Ce prélat appartenait à l’une des plus notables familles du pays; mais hostile aux croisés, il fut obligé, en 1211, par les légats, de résigner son évêché. On lui donna pour subsistance une prévôlé dépendante du chapitre de Carcassonne. C'est ainsi qu'à la fin de 1211, les chanoines purent élire Gui, abbé de Vaux- Cernay, alors en France, et qui vint prendre possession de son siège en avril 1212. Après la mort de Gui, en 1224, B. R. de Roquefort fut réintégré et ensuite déposé de nouveau et expulsé pendant le séjour de Louis VIII à Carcassonne, en 1226. Clarin, jadis chapelain du comte de Montfort, lui succéda.
“élu depuis un mois évêque, dit notre texte, du siège de l'église de Saint-Nazaire de Carcassonne ; c'est que l’église cathédrale était et est encore sous le vocable de saint Nazaire.
Les autres témoins sont Arnald, chapelain ou curé de Villefloure, village de l’Aude (canton de Saint-Hilaire) ;. Raymond Clerc, archiprêtre du Razès ; plusieurs autres témoins moins importants, et enfin un chanoine de Narbonne, maître Isarn de Conques (1), représentant probablement le chapitre. C’était un personnage considérable ayant droit au sceau ; d’où cette particularité qu’Isarn d'Aragon, n'ayant pas apporté son sceau particulier, emprunta celui du chanoine de Narbonne pour sceller l’Acte de mise en possession de l'église de Limoux et des revenus du territoire de Taix.
L’Acte fut rédigé par un dernier témoin, Raymond de Cailhau, notaire public à Carcassonne. Il n’y est pas fait mention du lieu : ce ne fut pas Carcassonne, sinon l’archidiacre Isarn aurait facilement eu son sceau à sa disposition, mais ce dut être Limoux, les formalités de la mise en possession exigeant, croyons-nous, qu’elle se fit
sur place.
IV.— L’Acte d’Isarn d'Aragon est, jusqu'au 15 mai 1211, la seule pièce officielle — que nous sachions — ayant
trait à Prouille et, incidemment, à saint Dominique. Nous pourrions donc aborder sans retard la série des documents de 1211, inaugurée par de magnifiques donations de Foulques de Toulouse et de Simon de Montfort; mais, pour en avoir une meilleure intelligence, un regard rapide sur les événements de la plus haute gravité qui se déroulèrent de 1209 à 1211 nous paraît indispensable : qu’on veuille bien nous le permettre.
(1) Isarn de Conques sur Orbiel (Aude) fut aussi présent à l'abjuration des consuls de Toulouse devant le légat Fierre de Bénévent, en 1214, 95 avril (Trésor des Chartes, t. I, p. 401).