ST. ALBERT'S
COLLEGE LIBRARy
Guillaume de l’Essart, chevalier français et seigneur de Villesiscle, (pour son salut et la rémission de ses péchés, donne à Dieu, à la B. Marie de Prouille, à l’abbaye nouvellement construite en ce lieu, à Dominique, chanoine d'Osma, et à tous les Frères et les Sœurs présents et futurs de cette maison y servant Dieu et sainte Marie, douze séterées de terre sises au dimaire de Fanjeaux, près la Force, qui a appartenu à Dame Fays et à ses fils; lesquelles séterées de terre Guillaume de l’Essart prélève sur l’'Honneur dont le comte de Montfort l’a doté.
Prouille, 15 septembre 1212.
Notum sit omnibus hominibus hec audientibus, quod Ego Guillelmus del Essart francigena miles, et Dominus de Vilaciscle, per me et per omnes successores meos, bono animo et sine omni dolo, dono et concedo et trado in perpetuum pro redemptione anime mee et remissione omnium peccatorum meorum, Domino Deo et Beate Marie de Prolano, Abacie ibi noviter constructe, et Dominico Oxomensi canonico et cunctis fratribus et sororibus presentibus et futuris eiusdem domus ibidem Deo et Sancte Marie servientibus, XI] sextariatas® terre in decimario Phanijovis ; juxta Fortiam que fuit Domine Fais et filiorum eius ; que
(a) Sexlariala, mesure agraire comme l'arpent de nos jours.
attrontant se ab altano in ipsa hereditate ; a meridie in terra dels Carbonels, a circio in honore qui fuit Gualardi de Vilaldegut ; et habeant et teneant ac semper possideant cum fructibus et expletis inde exeuntibus, ad suam voluntatem semper faciendam cum introitibus et exitibus suis. Et ero inde semper bonus guirens de totis amparatoribus bona fide. Et hoc donum feci de honore quem Dominus Comes Monstisfortis michi dedit; et, ut hoc donum predictum ratum et firmum et inconcussum scmper permaneat, sigillo meo confirmavi.
Testes huius rei sunt, Palaizinus Prior Camboni, Petrus Pitrelli, Guillelmus Arnaldi Gibolevi, Arnaldus Ortiguers, Maïs miles francigena. Facta carta ista xviy Kalendas octobris feria x*, anno ab Incarnatione Christi Mccxry, regnante Philipo rege Francorum. Arnaldus sancii de Lauriaco scripsit.
Original : Arch. de l'Aude.
Copie : Doat, t. XCVIII, f° ro.
Imprimé : Hist, Lang., éd. Privat, t. VIII, p. 556.
COMMENTAIRE
Villesiscle est, à cette heure, un village d’à peine trois cents habitants, à deux ou trois kilomètres de Prouille, sur la route de Bram à Fanjeaux. Au treizième siècle, c'était un lieu fortifié d’une certaine importance.Lecomtede Montfort, afin de s’assurer à Villesiscle un auxiliaire fidèle et récompenser ses services, y avait établi pour châtelain l’un de ses chevaliers, Guillaume de l’Essart (1), qui, son vassal
(1) I1 y avait à cette époque, comme maintenant, dans la région, trois endroits portant ce nom d’Essart : 1° L'Essart-le-Roi, à dix kilomètres de Rambouillet, et qui était une châtellenie; 2 L'Essart- Robert, dépendant de la seigneurie de Chevreuse; 3° Les Essarts, dans le Mantois, sur la route d'Epernon à Versailles, à près de deux lieues sud-est de Montfort-l'Amaury. Duquel de ces trois endroits était originaire le chevalier Guillaume ? Il est difficile de le déterminer; ce qui, du reste, est d'une médiocre importance, puisque chacun de ces lieux faisait partie ou de la seigneurie de Chevreuse, ou du comté de Montfort.
en France, s'était croisé avec lui et avait combattu à ses côtés en Languedoc, et il l'avait gratifié d’un honneur qui s'étendait jusque sur le dîmaire de Fanjeaux. Dans cet honneur, il y avait une terre de la contenance de 12 séterées, tout à fait à la convenance du monastère, et soit qu’au retour de Penne d'Agen Dominique ait confié au châtelain de Villesiscle les vives sollicitudes quelui causait la nécessité de pourvoir aux besoins temporels de son œuvre, dont la pauvreté était grande, les constructions inachevées ou insuffisantes, soit que Guillaume de l’Essart fût redevable aux prières du Saint de quelque grâce signalée dont il tenait à se montrer reconnaissant, soit enfin qu’il sollicitât, pour une intention particulière, les suffrages des Frères et des Sœurs, le châtelain de Villesiscle, le 15 septempre 1212, détachaiït de ses propriétés un terrain d’une assez vaste étendue et le donnait pour le salut de son âme et la rémission de ses péchés et de ceux des siens.
… Parmi les personnages nommés dans cet acte du 15 septembre, deux seulement réclament une attention spéciale. C’est d’abord Guillaume Arnald Jubileu ou Gibolevi, qui habitait Fanjeaux: ici il comparaît comme témoin au nom de Prouille et de saint Dominique, et cependant plus tard, de l’année 1231 à 1242, d'après les enquêtes de Fr. Bernard de Caux et de Fr. Ferrier{1), un G. A. Jubileu et sa femme Aude ne cessent de fréquenter en secret les chefs de la secte cathare quand ils sont de passage à Fanjeaux et ils leur donnent l’hospitalité.
Par contre, Arnald Ortiguers demeura l'ami fidèle du monastère où il fut reçu avec sa femme Adalais par saint Dominique lui-même, comme leurfils, Guillaume de Montredon, nous l’apprend dans un document intéressant que nous reproduisons presque intégralement d’après l'original
(1) Bibl. publ. de Toulouse, ms, 609. — Bibl. nat. Doat, t. XXIII
conservé aux archives de l’Aude : « Au nom du Seigneur, en l’an de l’Incarnation 1256, moi, Guillaume Arnald, dit Montredon, fils d’Arnald Ortiguers et d'Adalais son épouse, voulant, au moins à l’âge avancé où je suis, donner satisfaction au désir qu’ils ont eu de me voir entrer dans le monastère de la B. Marie de Prouille, comme ils y sont entrés eux-mêmes et s'y sont donnés entre les mains du B. Dominique qui les a reçus, je me donne, moi et tous mes biens présents et à venir, à Dieu, à sainte Marie, à vous, Frère Raymond, prieur de ce monastère, agissant au nom de la prieure Sœur Dominique et du Couvent; je m’oblige entre vos mains,par vœu et profession solennelle, à vivre honnêtement de la vie des clercs dans le monastère ou ailleurs, selon que vous l’ordonnerez vous ou un autre Prieur votre successeur, sans être toutefois astreint aux constitutions des Sœurs ou à celles des Frères, à la hauteur desquelles ma fragilité ne saurait atteindre, et je vous serai jusqu’à la mort obéissant, à vous et aux Prieurs qui vous succèderont... Et moi, Frère Raymond(1}, Prieur de ce monastère, je vous reçois, vous, Guillaume Arnald, vulgairement appelé Montredon, comme donné de la manière sus exprimée; je vous admets en participation des biens spirituels et temporels du monastère, et, tant que vous voudrez vivre ainsi dans l’état clérical, je vous assigne pour votre subsistance l’usage des possessions et revenus que notre défunt Frère Guillaume Barrau, jadis notaire de Limoux, possédait hors de cette ville, au delà de la rivière d'Aude, et qu’il avait donnés de son vivant ou laissés à sa mort, sauf un domaine nécessaire aumonastèreet queGuillaume Barraului-mêmeaplanté(2).
(1) Frère Raymond Cathala, sixième Prieur de Prouille, de l’année 1230 à l’année 1263, et qui fut enterré dans l’église des Sœurs, (Cf. Bern. Guid. De Prioribus monasterii Pruliani.)
(2) Aux Archives de l'Aude, on a parcillement l’acte origina! de la donation de Guillaume Barrau et l'adhésion de sa femme.
met
« Fait dans l’église de Notre-Dame de Prouille, le 2 du mois d'août, en présence de la susdite Prieure et de son couvent; des Frères clercs: B. Guillaume de Mezin, Pierre
ie de M. Alma Cardes.
‘Fac-simile de l’acte de Guillaume de l’Essart.
LS D'après une photograph
Duranti, Pierre de Bazas et Jean de Saint-Guillem; et des Frères convers Barthélemi-Guillaume Chatbert, Arnald Baron, Guillaume de Podio ou del Pug, Raymond Furet,
Pierre de Périgueux, Bernard Catalan, Guillaume de Valeta, Guillaume Escobilion et Arnald Vilela, lesquels approuvent et confirment tout ce qui est écrit ci-dessus, etc., etc. »
Arnald Ortiguers, en 1212 ou peu de temps après, était donc Frère et sa femme Sœur de Prouille, sous la douce et paternelle conduite du B. Dominique.
Saint Dominique, au nom de l’abbaye de Prouille et des Frères et des Sœurs qui, en ce lieu, servent Dieu et sainte Marie, se rend acquéreur, pour soixante sous melgoriens, d’une pièce de terre sise sous l’église de Saint-Martin, que lui vend Ermessende, fille de feu Arnald Faure.
Prouille, lundi 17 ou 24 septembre 1272.
Notum sit omnibus hominibus hec audientibus quod Ego Ermesendis, que fui filia Arnaldi Fabri, non vi vel metu ad hoc adducta nec aliqua deceptione decepta, sed bono animo ac spontanea voluntate, et sine omni dolo, in perpetuum vendo, sine omni meo meorumque retentu, pro Îx solidis melgoriensibus, tibi Dominico Oxomensis Canonico et Abacie de novo facte Sancte Marie de Prolano et omnibus Fratribus et Sororibus presentibus et futuris ibi Deo et Sancte Marie servientibus, quamdam peciam terre sub ecclesia Sancti Martini, que affrontat se, ab altano, in rivo de Sidonia; et, a meridie, in terra que fuit Poncä Lauri; et, a circio, in via; et ab aquilone in via. Et si magis modo valet, seu in futurum magis valebit predicta terra isto pretio pre= dicto, quod michi dedistis, ad meam voluntatem, totam illam magis valentiam dono vobis et vestris et abacie predicte, in perpetuum, jure bone et perfecte donationis et titulo mere liberalitatis, et ego ero vobis inde semper bona
guirens ab omnibus amparatoribus, sine omni vestro dolo; quod nisi esse potero, reddam vobis in pace et sine omni placito, predictos x. solidos melgorienses, bonos et bene mutabiles; et melioramentum, quod ibi feceritis, bona fide et laudo et dono hoc vobis habere super omnia bona mea mobilia et immobilia, que habeo et habebo, ad vestram noticiam; que omnia possitis pignorare, donec totum vobis compleatur, quia ego dono vobis licentiam et potestatem pignorandi sine querimonia quam inde alicui non faciam. Testes hujus rei sunt : Martinus Arvei, Petrus Raimundi de Fromiaco, Raimundus Bucca-Asini, P. de Fromiaco, Arnaldus Coti. Facta carta ista mense septembris feria 1J°, anno ab Incarnatione Christi Mccx1y, regnante Philipo rege Francorum. — Arnaldus Sancii de Lauriaco scripsit.
Original : Archives de l’Aude.
Copie : Bibl. nat. Doat, t. XCVIIJ, £ vi; b.
Dans le présent acte et dans les actes qui suivent jusqu’à la fin de l’année 1212, saint Dominique se révèle de plus en plus sous un jour aussi intéressant que nouveau. Jusqu’à maintenant, en effet, les légendes nous avaient habitués, à bon droit il est vrai, à admirer dans le Bienheureux l’homme des plus hautes contemplations, de la doctrine et des luttes apostoliques pour la cause de la foi; mais de l’homme mêlé aux choses du temps, de l'administrateur prudent et sage, de l'organisateur, du père soucieux d'assurer des moyens d'existence à ceux qu'il a réunis sous sa conduite, utilisant avec entente les occasions fournies par la Providence de pourvoir au développement matériel et progressif de sa double fondation, il n’en est nullement question dans ces chroniques pieuses, lacune considérable que comblent heureusement cer-
Etre
tains actes de ce Cartulaire, notamment ceux que nous donnons ici. On y voit le saint se préoccuper des besoins temporels de son œuvre, etentrer dans des détails pratiques auxquels il semblait être resté pleinement étranger. Voici le monastère dans la nécessité de s’agrandir : un morceau de terre contigu à la terre de Prouille est à : vendre; vite Dominique, à prix d'argent, s’'empresse de l’acquérir et de s’en assurer la possession par un acte en règle auquel il appose son sceau (1). En retour de grâces obtenues, de prières sollicitées, on lui offre une aumône, et tout aussitôt il appelle l'attention du donateur sur un don qui soit profitable à la subsistance de la maison ou aux bâtiments qu’il veut construire (2). À Prouille, on récolte du froment; de différents côtés on en recoit à titre de redevances, de dimes ou de présents; mais à quoi servira ce froment, si l’on n’est pas en mesure d’en faire le pain de chaque jour? En bon père de famille, Dominique se hâte donc de se faire céder, en quelque moulin, un droit de mouture (3), et, mieux, dès qu'il en a l’occasion, un moulin qui soit plus à la proximité et à la disposition des siens (4). Ce n’est certes point pour sa convenance person= nelle : on connaît ses abstinences, ses jeûnes rigoureux et prolongés. On sait qu’il n’a pas de cellule, que le marchepied de l'autel lui suffit pour appuyer sa tête quand le sommeil l’envahit; « mais il est d’un sage, enseigne saint Thomas, d’ordonner les moyensàleur fin.» Dominique veut que l’œuvrede Prouille, futur berceau de son Ordre, se développe et prospère au temporel comme au spirituel, etilen prend les moyens naturels et pratiques. Pour qui sait lire, cette sagesse et cette prudence, dans l’homme de Dieu, se dégagent manifestement des formules froides et arides
(1) Cf. les actes XXI et XXIV.
(2) Cf. l'acte XXV.
(3) C£. les actes XXII et XXII.
(4) Cf, l'acte XX VI.
*SOPILN) CUIY ‘HN °p otydersojoud oun saide (I "onbIUTUO(, JUIES OPUISSOUU,p 9JUOA 9P 9J98,[ 9P JUS
que nous reproduisons en ce moment; il faut par conséquent les connaître et les étudier, non moins que les récits primitifs, si l’on veut avoir devant les yeux la physionomie vraie du Bienheureux Père. Mais venons-en à la vente d'Ermessende Faure à saint Dominique, qui fait l’objet spécial de ce commentaire. Il y avait donc, sous l’église de Saint-Martin dont nous avons déjà parlé, une terre d'une certaine importance, non loin du cloître de Prouille. Elle était bordée à l’ouest par le ruisseau qui, descendant des collines avoisinantes, coulait près de l’habitation claustrale, et au nord et au nord-ouest par le chemin d'alors conduisant de Prouille à Fanjeaux. Ermessende songe à se déposséder de son bien; l’occasion est propice : on est si à l’étroit dans l'enceinte de ce petit monastère, encore réduit, c’est probable, aux trente pas de terrain autour de l’église, donnés en 1206 par Foulques de Toulouse, et les bâtiments réguliers et indispensables en couvrent la plus grande partie! Aussi le B. Dominique d'acheter sans retard le précieux terrain pour la modeste somme de soixante sous de melgueil.
Saint Dominique, au nom de l’abbaye de Notre-Dame de Prouille et des Frères et des Sœurs qui y servent Dieu et sainte Marie, acquiert sur le moulin de la Roquette un droit de mouture. Guillaume Deregat, qui tenait ce droit de Guillaume de Durfort, le lui cède pour deux sous de melgueil.
Prouille, 22 octobre 1272.
Notum sit omnibus hominibus hec audientibus quod ego Guillelmus Deregat per me et per omnes successores meos, bono animo et sine omni dolo, solvo et derelinquo, sine omni meo meorumque retentu in perpetuum, Ecclesie Sancte Marie de Prolano et Dominico Oxomensis Canonico, et omnibus Fratribus et Sororibus presentibus et futuris ibi Deo et Sancte Marie servientibus, totum meum jus et nostram partem et nostram racionem quam habeo et habere debeo, aliquo jure seu aliqua racione in molendino de la Roqueta sicuti tenebam de Guillelmo Durfort, vos qui habetis suum honorem, et propter hoc habui a vobis 1] solidos melgorienses ; et ero vobis bonus guirens inde de totis amparatoribus, qui pro occasione mei ibi aliquid amparaverint.
Testes hujus rei sunt: Guillelmus Arnaldi Gibolevi,
Arnaldus Coti, R. d’Esculencs, Guillelmus Petri d’Entolsa, Guillelmus Rozaldi. Facta carta ista xj* Kalendas novembris,
Fac-simile des actes de Guillaume Deregat et des frères Bernard et Arnald Rozaud.
feria 17*, anno ab Incarnatione Christi, MccxIJ, regnante Philipo rege Francorum. Arnaldus Sancii de Lauriaco scripsit.
Original : Archives de l’Ordre de Saint-Dominique. Copie : Bibl. nat., Doat, t. XCVIII, f° 12°.
Saint Dominique acquiert le même jour et pour le même prix, sur le moulin de la Roquette, un droit de mouture semblable des deux frères Bernard et Arnald Rozaud de Costafrigida, qui avaient reçu en tenure ce même droit de Guillaume de Durfort.
Prouille, 22 octobre 1272.
Notum sit omnibus hominibus hec audientibus quod Ego Bernardus Rozaudi de Costa frigida,et frater meus Arnaldus Rozaldi, simul ambo, per nos et per fratrem nostrum, et per omnes successores nostros, bono animo ac spontanea voluntate, et sine omni dolo solvimus et derelinquimus nunc et in perpetuum sine omni nostro nostrorum que retentu, Abacie de novo facta (sic) Sancte Marie de Prolano et Dominico Oxomensis Canonico, et cunctis fratribus et sororibus presentibus et futuris ibi Deo et Sancte Marie servientibus, totum meus jus et nostram partem et nostram racionem quam habemus et habere debemus, aliquo jure seu aliqua racione, in molendino de la Roqueta sicut tenebamus de Guillelmo Durfort; vos qui habetis sum Honorem; et propter istam solutionem habuimus 17 solidos melgorienses ; et erimus vobis boni guirentes inde de totis amparatoribus qui, pro occasione nostri, aliquid ibi amparaverint.
Testes hujus rei sunt: Guillelmus Petri d’Entolsa, Guillelmus de Montredon, Arnaldus de Carcassona, Guillelmus Fabri. Facta carta ista x1° Kalendas novembris, feria 17°, anno ab Incarnatione Christi, Mccxiy, regnante Philipo rege Francorum. Arnaldus Sancii de Lauriaco scripsit.
Original : Arch. de l’Ordre de Saint-Dominique (sur le même parchemin et à la suite de l’acte précédent).
Copie : Bibl. nat., Doat, t. XCVIIJ, f° 12.
COMMENTAIRE
La donation par Robert Mauvoisin des biens jadis appartenant au faidit Guillaume de Durfort, avait mis saint Dominique et son monastère en possession non seulement d'immeubles, mais de certains droits seigneuriaux, tels qu’un droit de mouture dans un moulin sis en un lieu dit la Roquette, et qui, ce semble, était dans la direction de Castelnaudary. Mais Guillaume de Durfort ayant inféodé ce droit de mouture à quelques particuliers, Prouille ne pouvait en bénéficier pour son propre usage. C’est pourquoi saint Dominique dut acheter cette tenure à ses propriétaires, Guillaume Deregat, Bernard et Arnald Rozaud de Costafrigida. De là le double acte qui atteste cette acquisition.
Saint Dominique acquiert de Pierre Canals, habitant de Fanjeaux, pour vingt sous de melgueil, une petite pièce de terre sise au dimaire de l'église de Sainte-Marie de Prouille, près de la fontaine.
Prouille, 24 octobre 1212.
Notum sit omnibus hominibus hec audientibus quod Ego Petrus Canals per me et per omnes successores meos, bono animo ac spontanea voluntate et sine omni dolo in perpetuum vendo et trado, sine meo meorumque retentu pro xx solidis melgoriensibus, Ecclesie et Abacie de nova facta*, Sancte Marie de Prolano et Dominico Oxomensis canonico et cunctis Fratribus et Sororibus presentibus et futuris ibi Deo et Sancte Marie servientibus quamdam peciculam terre in decimario ejusdem Ecclesie Sancte Marie, ubi vocatur ad fontem de Prolano ; que affrontat se ab altano, in terra de las Sicardas ; et, a meridie, in via; et, a circio in terra Sancte Marie de Prolano; et, ab aquilone, in rivo; et, si magis modo valet seu in futurum magis valebit isto precio predicto quod michi dedistis, totam illam magis valentiam . (dono vobis et vestris!) et Ecclesie Sancte Marie de Prolano in perpetuum, jure bone (et) perfecte donationis et titulo
(a) 11 y a facta dans le texte original.
(b) Mots effacés dans le texte et suppléés ici d'après d’autres textes analogues.
(mere liberalitatis*); et de totis amparatoribus qui ibi pro occasione mei, amparaverint, ero inde semper bonus guirens, sine omni dolo.
Testes hujus rei sunt : Raimundus de Vilario, Guillelmus Petri d’Entolsa, Arnaldus Tocabou, Arnaldus Teulers de Prolano. Facta carta ista Vi] Kalendas novembris, feria vs, anno ab Incarnatione Christi, MCCxIJ, regnante Philipo rege Francorum. Arnaldus Sancüi de Lauriaco scripsit.
Original : Archives de l’Aude.
Copie : Bibl. nat., Doat, t. XCVIII, f' 13°.
Il a été plus haut déjà question de cette pièce de terre que Pierre Canals vend aujourd’hui à saint Dominique pour vingt sous de melgueil. Située près de la fontaine publique du village de Prouille et du pont jeté sur le ruisseau qu’il fallait traverser pour monter à Fanjeaux, elle était également proche de la terre du monastère et de celle qu'Ermessende Faure avait cédée au B. Dominique le mois précédent.
Quant aux personnages nouveaux signalés dans les actes XXI, XXII, XXIII et XXIV de ce Recueil, quelques-uns à peine nous sont connus autrement que par ces actes. Au registre d'enquête de Bernard de Caux on constate, en 1241, la présence d’un Martin Arveu à l’hérétication du chevalier Bec de Fanjeaux à l’article de la mort. Dans cette famille des Arveu ou Arvieus, plusieurs, tels que les deux frères Pictavin et Guillaume,ont été Croyants actifs, de l’année 1231 à l’année 1240. Cependant G. Arveu ne semble pas avoir été un sectaire fanatique, puisque, vers 1238, Bernard Hugues de Festa, Pierre de Saint-Michel et Véziada, femme d’Hisarn Bernard, le
(a) Mots effacés et suppléés de même.