‹ Casier sanitaire des maisons et Ville de GrenobleChapitre 15 sur 19 · LES ERP ET ON · texte numérisé non relu

LES ERP ET ON

Ilot À

49 Décès en 4ans

O Décès par luberculose

L'ilot À est le plus important de ceux que j'ai examinés. Il comprend une rue principale, une rue secondaire et quatre ruelles qui sont plutôt des impasses. Toutes ces voies sont bien tenues, et on n'y rencontre ni détritus, ni ordures, ni résidus quelconques.

La rue essentielle a environ 4 mètres de large, mais en certains endroits, 5 et 6 mètres. En beaucoup de points, le soleil pénètre largement. Les maisons ont trois et quatre étages, leurs escaliers sont pelits, sombres, les logement sont étroits. L'eau de la ville est distribuée dans la plupart des logements. Les cabinets existent également dans beaucoup d'appartements, mais certaines maisons n'ont que des cabinets communs à tout un étage. Les eaux ménagères s'écoulent dans des rigoles et sont dirigées plus ou moins rapidement vers l'égout. Dans la partie de la rue située au nord, eaux ménagères et nuisances s'écoulent directement dans un canal d'alimentation d’usines. C'est la partie où les cas de tuberculose sont les plus nombreux. Dans cette rue principale, nous trouvons cependant peu de décès, et encore se rencontrent-ils au voisinage des ruelles dénommées sur le croquis à, b, c. d.

La rue e, à, dans un rayon de quelques mètres, six décès par tuberculose; elle a 4 à 5 mètres de large, les maisons sont hautes, cinq étages, avec de nombreux, mais petits logements, quelques-uns ne prenant Jour que sur-la cour, toute petite, dans laquelle viennent se collecter toutes les eaux ménagères. L'odeur dégagée par les escaliers et par les cours est désagréable.

L'eau est fournie par la ville, un robinet par palier d'étage. Un cabinet par étage. Les nuisances sont dirigées dans une fosse fixe.

RU AT: REER

La ruelle ce est très étroite, 2 m. 90 de large, et comporte de chaque côté des constructions très élevées. Toules celles d'un côté ne sont pas habitées, mais les maisons comportant de l'autre côté des logements habitables paient un lourd tribut à la mortalité.

Les escaliers sont sombres, prennent de la lumière sur la cour, qui est petite, sale, encombrée de matériaux usaués, de water-closets. Le soleil n'y pénètre qu'à certaines époques de l’année. Le sol est humide, le bois des escaliers est moisi. L'odeur est désagréable. I v a là deux petits groupes de maisons avec plus de la moitié des logements inoccupés, présentant 13 décès par tuberculose.

L'eau ne se trouve que dans quelques logements, et le plus souvent il existe un robinet commun par étage.

La ruelle a est particulièrement maltraitée. Elle comporte peu de logements, les rez-de-chaussée sont occupés par des dépôts de marchandises usagées, des débris de toute sorte, des chiffons. Il Y a cinq maisons avant des logements habités. L'ilot a eu 17 décès par tuberculose en quatre ans. |

Une maison à eu 5 décès, une autre 4. Celle à 5 décès à une allée à sol humide, gras, tellement mal aérée que la lumière n'y pénètre pas en plein jour, L'escalier est noir, mais surtout puant. Pas d'eau dans toute la maison. Des cabinets communs à toute la maison.

La cour est petite, humide, sale,

La ruelle b n'a qu'une maison habitée par intermittence el comportant deux logements seulement. Elle présente trois décès par tuberculose en quatre ans. Les deux loge-

ments sont Inoccupés en ce moment, et les habitants du

TE quartier lont sur celle maison la réflexion suggestive « Tous ceux qui y habitent ÿ meurent. »

La mortalité dans tout l'ilot À est importante, surtout dans {rois groupes de maisons. Le croquis de l'ilot montre en quels points se trouvent les plus nombreux décès,

4 et 5 décès.

et les maisons à 2, 3,

J'ai relevé 49 décès en quatre ans. Ce chiffre est d'autant plus considérable, que la plus grande partie des logements est inoccupée, et que la population n'y est pas dense. Une enquête faite, il v a quelques années, à montré que la valeur locative dans cet îlot avait baissé de plus de 33 p. 100.

La population fuit les logements où manque l'air, la lumière, l'eau et toutes dispositions hygiéniqués, pour se diriger vers ceux installés dans des rues larges, en plein soleil. On ne peut que l'en féliciter. Notons encore que dans tout l'ilot, le sol est argileux, l'écoulement des eaux y est difficile. Les nuisances sont toutes dans des fosses fixes. |

Et aussi qu'il existe autour de Pilot de grands espaces salubres, des places, des jardins, qui semblent n'avoir

aucune action sur l'ilot lui-même.

37 Decès

L'ilot B est délimité nettement par des quais très larges, des places, et traversé Tui-mème par une rue assez large aux extrémilés, mais rétrécie en son milieu. Elle est avoisinée par des ruelles particulièrement malsaines. La rue principale à de 4 à 6 mètres de large. Une des ruelles n'a que de Em. 50 à 2 mètres, et toutes les constructions ont quatre élages.

Nous relevons dans la rue une maison avec 4 décès,

Re

une autre en face avec 3, dans la pelile ruelle, une maison avec 4 décès en quatre ans. Mais pendant la même période, les maisons ayant eu un décès par tuberculose sont très nombreuses.

La description de chacune de ces maisons ne nous révélerait rien de bien particulier. Les rues sont étroites, les maisons sont hautes, les cours minuscules sont le rendez-vous de toutes les eaux ménagères.

Dans certaines, le nombre de logements est considérable. Beaucoup ne prennent jour que sur la cour, d’autres sont constituées par des pièces uniques auxquelles on accède par une échelle et dont la lumière est fournie par la cour où par l'escalier qui, lui-même, en est dépourvu.

C'est la nuit à midi dans beaucoup d'escaliers et dans quelques logements.

Les maisons sont très profondes et d'autant plus qu'une deuxième maison est quelquefois placée en arrière de la première, tous les logements prenant jour sur cette cour commune, qui n'a de cour que le nom.

Cet îlot a présenté 37 décès par tuberculose pendant la période examinée.

Comme pour l'ilot À, un grand nombre de logements sont inhabités, malgré les concessions des propriétaires, malgré les efforts de quelques-uns pour donner à leur maison une allure propre, pour rendre siane une maison qui ne le peut devenir que par démolition.

Dans cet ilot, les maisons n'ont pas d'eau dans les logements, ni dans les escaliers, et presque tous les locataires doivent s'approvisionner d'eau aux fontaines de la rue.

Les cabinets sont communs à un étage, quelquelois à toute Ia montée.

Les nuisances vont à des fosses fixes.

Le sol est argileux et humide.

[lot

O Deces par tuberculose z

L'ilot C est formé par une partie de rue relativement restreinte, mais il constitue un foyer intense d'infection luberculeuse.

Dans l'espace de quelques mètres, nous comptons 32 décès par tuberculose en quatre années.

La rue est étroite, les maisons sont vieilles, très serrées, et tout v a été utilisé au maximum: les escaliers étroits sont odorants par suite de la présence de cabinets mal tenus, un par étage, mais le plus souvent, un pour toute la maison.

Les cours sont petites, entourées de constructions habitées. Si tous les logements étaient occupés, la populahon serait très dense. Heureusement, les locataires les. fuient de plus en plus, et des maisons entières sont inhabitées. L'eau d'alimentation est celle de la ville. Les locaares s'en approvisionnent à la rue.

Ici encore, les nuisances sont dirigées vers des fosses fixes.

Le sol est toujours argileux et humide.

y à heu de remarquer que comme dans l'ilot À, la plus forte mortalité par tuberculose est encore au voisinage des chiffonniers et marchands de peaux, dont cerlains entrepôts sont établis dans cette rue.

Nous avons ici deux maisons avec D décès et six avec 2 décès, au voisinage de ces fovers de contamination.

Ces entrepôts de chiffons et débris de toutes sortes devraient être éloignés de toute habitation et l'objet d'une surveillance toute spéciale.

at HE 5

24 Decès

O Deces par tuberculose

L'ilot D est représenté par une rue d'environ 300 mètres de longueur, mais la partie fortement frappée par la tuberculose ne mesure pas plus de 90 à 100 mètres. J'y ai relevé 24 décès pour la période indiquée. Nous retrouvons ici tous les stigmales des maisons insalubres. Ce sont de: vieilles maisons dont on a tout utilisé avec de très nombreux logements, tous très humides. Les allées de maison ont une odeur de moisi caractéristique.

I n'y à pas d'eau dans les logements. Quelquelois un robinet pour toute la maison, mais le plus souvent les locataires vont chercher aux fontaines de la rue l'eau qui leur est nécessaire.

L'eau d'alimentation est celle de la ville.

n'y a également que des cabinets communs à tout un

élage où à toute la maison,

LR

Les vidanges vont à des fosses fixes. Les eaux ménagères sont dirigées par des rigoles vers des canaux, qui les conduisent à l'Isère.

Ici, comme dans les autres îlots, 11 ÿ a de nombreux logements inoceupés.

Les maisons présentant le plus de décès ne paraissent pas plus malsaines que les voisines. Elles le sont toutes; rares sont celles qui n'ont pas eu de décès par tuberculose en quatre ans.

Le sol est argileux.

lot F

O Déces par tuberculose

L'ilot F est formé d'une série de petites maisons ouvrièrés à un étage, très proches les unes des autres, disposant de beaucoup d'air, avec une grande rue, d'immenses Jar-

dins en arrière,

Ces habitations ont des fenêtres petites et aucune règle d'hygiène ne semble y être observée: mais elles ne sont pas autrement que d'autres placées dans la même région. Elles ont la mème disposition, les mêmes tinettes mobiles, et on observe surtout dans celles de lilot des cas de tuberculose dans chaque maison.

La contamination est probablement produite par un ruisseau qui passe exactement en avant des maisons. De petits ponts en bois où en pierre permettent de le traverser, L'eau entraine les détritus de plusieurs mdustries. des mégisseries en particulier, qu'elle dessert, Le croquis indique qualre maisons contiguës avant chacune des dé-

ces, l'une d'elles en a deux.

Hot G

L'ilot G est constitué par trois maisons, réduites à une seule, par suite de l'ouverture d'une voie. Les maisons n'avaient qu'un étage, mais ont présenté néanmoins six décès en quatre années.

Elles sont environnées de vastes espaces Hbres, mais linsalubrité v règne sous toutes les formes. Les escaliers sont pelils, sales, les logements étroits donnent asile à de op nombreux locataires.

La cour est garnie de délrilus, d'eaux ménagères, I n'existait qu'un waler-closei pour deux maisons. Les localaires doivent aller chercher de leau à la rue. Le sol] est perméable.

I apparait qu'ici la salubrité pourrait être facilement rendue par des mesures qui incombheraient surtout aux

propriélaires,

Ilot E

L'ilot E est constitué par deux maisons très vieilles,

situées sur une grande place, et présentant malgré cela

Iot E

Q Deces per tuberculose

EC} Deces par cancer

quatre décès en quatre ans. Elles n'ont que deux étages et ont de petites dimensions. Elles sont entourées d'impasses mal tenues, et l’une d'elles est occupée par des écuries malpropres.

Pas d'eau dans la maison. Fosses fixes. Le sol est per-

méable.

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