‹ Casimir Périer, député de l'opposition, 1817-1830Chapitre 102 sur 158 · RETARD DANS LE VOTE DU BUDGET · texte numérisé non relu

RETARD DANS LE VOTE DU BUDGET

Dans une seconde déposition, le même témoin ajoute : «Sur « l'observation que je lui ai faite que les encaisses étaient (( trop considérables, il m'a répondu qu'il avait ses ?^aiso?is a pour qu'il en fût ainsi; je ne sais quelles étaient ses rai- « sons (1). ))

Sans poursuivre une recherche qui nous entraînerait trop loin, constatons qu'il résulte des documents publiés depuis cette époque que les critiques faites à la tribune par Casimir Périer étaient fondées. Il avait raison, et en théorie générale et dans le cas particulier qui nous occupe, de blâmer une institution contraire aux règles d'une saine administration. Ce que nous avons tenu à mettre en lumière, c'est que M. de Villèle ne reculait pas devant des subterfuges, même peu dignes de son grand talent et de sa haute valeur, pour échapper à l'argumentation serrée et écrasante de son fougueux adversaire.

Le 8 juin, au moment du vote du chapitre relatif à la dotation de la Pairie (budget du ministère des Finances), Casimir Périer signale la situation fâcheuse faite à la Chambre des pairs par le vote tardif du budget.

<( Je veux, dit-il, faire voir comment nous annihilons sans « cesse un des trois pouvoirs chargé comme nous de concou- « rir à la confection des lois, comment nous détruisons son « influence, en lui ôtant la possibilité de voter sur les difîé- « rentes lois sur lesquelles nous votons nous-mêmes. Je ne « prétends accuser personne de cet état de choses; mais la « Ciiambre trouvera bon que je lui fasse remarquer l'impos- « sibilité où se trouve chaque année la Chambre des pairs de « voter réellement sur le budget et sur plusieurs autres ques- « tions. Mes collègues m'écouteront d'autant plus volontiers, « je pense, qu'il s'agit d'une Chambre qui a rendu de très « grands services à la France en rejetant des projets finan- (( ciers qui pouvaient être si funestes.

« Il n'est jamais indifférent sans doute que les lumières de

(1) Journal des économistes, n° du 15 septembre 1885. — Un épisode de notre histoire financière, par M. Léon Say.

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