‹ Casimir Périer, député de l'opposition, 1817-1830Chapitre 106 sur 158 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Session de 1827 (12 décembre 1826). — Comité secret de l'adresse; discours sur les afîaires extérieures. — Examen de la question d'Espag-ne. — L'Ambassade d'Autriche et les maréchaux de Napoléon. — Insuffisance de la réponse de M. deVillèle. — Attitude fâcheuse du Roi. — Contre l'auymentation delà taxe de transport des journaux. — Bilan du Constitutionnel. — Amendement sur les droits percjus pour le transport des petites sommes d'arg-ent. — A propos d'une pétition d'anciens militaires décorés de la Légion d'honneur demandant le paiement intég-ral de l'arriéré de leur ti-aitement.

— Projet de loi sur la presse présenté par M. Peyronnet : loi d'amour.

— Discours de Périer en réponse à M. de Villèle. — Question à M. de Corbière. — Séance du 3 mars; discours contre la même loi. — Discours enfaveur de l'amendement Sébastiani.— 5 mars, Périer défend son amendement accordant un plus long délai pour la transformation des sociétés propriétaires de journaux. — Réponse à M. Dudon. — Il défend un article additionnel sur le brevet des imprimeurs et libraires. — « La France n'est pas en état de supporter autant de mauvaises lois que vous, ministres, vous êtes en état d'en faire. »

La session de 1827 fut ouverte le 12 décembre 1826. Les esprits étaient fortement préoccupés par les événements d'Espagne et de Portugal. La discussion de l'adresse porta presque exclusivement sur les affaires extérieures et la politique de M. de Villèle fut vivement attaquée par les orateurs de l'opposition.

Le 28 décembre, la Chambre étant réunie en comité secret selon l'usage d'alors, Casimir Périer prit la parole et, laissant de côté la question financière qu'il avait traitée souvent déjà, il examine les conséquences politiques de la guerre d'Espagne. Voici ce remarquable discours, qui ne figure pas dans le recueil publié en 1838.

« Messieurs, les troubles de la péninsule présentent deux « questions très distinctes et qui intéressent vivement la « France : l'une accidentelle se rattachant aux événements « survenus récemment en Portugal par l'agression des in-

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« surgés (le ce pays: l'autre permanente, et tenant à l'état " présent de l'Espagne et de son Gouvernement où l'on cher- <( elle vainement des garanties pour l'avenir. Cette dernière (( question est surtout compliquée par une occupation qui '( nous menace plus qu'elle ne nous rassure.

(( L'affaire de Portugal n'est donc pas la question imporc( tante; elle finira bientôt, si déjà elle n'est terminée.

« Mais comment finira l'occupation du Portugal par l'An- « gleterre? Comment finira l'occupation de la péninsule par <( Ja France?

« Telle est, messieurs, avec la situation inouïe où se « trouve l'Espagne, la question capitale, celle qui domine « les événements présents et ceux que nous réserve l'ave- (' nir; question dont le crime de quelques Portugais envers '( leur Patrie nous avertit de nous occuper enfin sérieuse- « ment si nous voulons prévenir tous les maux qui peuvent <( s'en suivre pour nous et pour l'Europe entière.

« Oui, messieurs, tant que le Gouvernement, tel qu'il est, <( se trouvera en présence de la Monarchie constitutionnelle « des Portugais, tant que les Français en Espagne seront (( placés en présence des Anglais dans le Portugal, ne devons- « nous pas à tout moment nous attendre aux plus fâcheux (i événements? La guerre ne sera-t-elle pas toujours immif( nente? Cette situation n'est-elle pas aussi intolérable que (( périlleuse pour notre tranquillité, et si nous n'avons pas les f' maux de la guerre, ne ressentons-nous pas tous les incon- « vénients d'une inquiétude qui affecte notre commerce et <( notre industrie et paralyse la prospérité de la France?

« Cet état de choses doit finir; mais il ne peut finir que par (( l'établissement d'un ordre légal en Espagne, quel qu'il soit. « Cet ordre existe-t-il? Non, personne ne le conteste. L'Es- '< pagne présente-t-elle des garanties à la France? Loin de « là, elle méprise ses conseils. En ofFre-t-elle au Portugal? (( Non, elle l'attaque à force ouverte. En présente-t-elle à " l'Europe? Non, elle est en pleine révolution contre ses (( Cabinets. Le Roi Ferdinand est-il obéi? Non, ce monarque

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