‹ Casimir Périer, député de l'opposition, 1817-1830Chapitre 109 sur 158 · L'AMBASSADE D'AUTRICHE ET LES MARÉCHAMX · texte numérisé non relu

L'AMBASSADE D'AUTRICHE ET LES MARÉCHAMX

« raie si nous ne faisions enfin an ministère un devoir de ra- « mener l'occupation à son véritable but, qui est de faire jouir « l'Espagne des institutions propres à assurer son repos et à « dissiper nos inquiétudes. »

Au commencement de l'année 1827, deux autres incidents ayant trait à la politique étrangère préoccupaient vivement les esprits : le Gouvernement prussien avait, dit-on, violé le territoire français; l'ambassadeur d'Autriche à Paris venait de donner l'ordre à ses gens de ne pas annoncer, lors des réceptions de l'ambassade, les maréchaux par les titres qu'ils avaient conquis sous Napoléon P^. titres confirmés et reconnus par la Charte.

Casimir Périerprit prétexte de la discussion d'une pétition demandant la suppression du décime de guerre pour faire allusion à ces deux incidents (i). Après avoir discuté le côté technique et fiscal delà question soulevée, il s'écrie :

« Il est temps de sonder à fond notre situation financière « qui est la base de la force des États modernes, pour nous ({ mettre en état de pourvoir dignement à notre situation in- (( térieure. Vous avez entendu les plaintes graves et nomce breuses élevées dans cette enceinte à l'occasion du projet « d'adresse. On s'est récrié contre la faiblesse de notre mice nistère, on lui a reproché la pusillanimité de sa politique « qui n'a pas su maintenir la dignité de la France au dehors. (( C'est à nous, messieurs, de ménager les revenus de l'Étal « et d'empêcher les ministres de consommer, dans la paix, (( des ressources qui feraient notre puissance pendant la « guerre.

« C'est cette fausse position fisancière qui, indépendam- (( ment du caractère de notre ministère, nous réduit à n'avoir « à l'extérieur qu'une situation incertaine et vacillante. Voilà « le secret des humiliations et des outrages que chaque jour « la France éprouve. (Vive rumeur au centre^ interruption . )

(d) Séance du 31 janvier i%±'

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« Oui, messieurs, ces humiliations, les ministres eiix- « mêmes sont venus les révéler à cette tribune. Voilà ce qui « les oblige à vous avouer ici que les puissances étrangères « méprisent leurs conseils! Voilà pourquoi nous voyons, en H temps (le paix, nos voisins enlever impunément, à main « armée, des villages français, et plonger dans les cachots « les magistrats mêmes nommés par le Roi ! {Sensation générale.)

(( Voilà pourquoi, au sein même de cette capitale, et en (( face du Trône, nous voyons un ambassadeur étranger « refuser de donner à nos maréchaux des titres d'honneur « et de gloire consacrés par la Charte et gagnés dans vingt « batailles. » {Vif mouvement dans toute Vas seinhlée.)

M. do Villèle essaya de renfermer sa réponse dans les considérations financières que soulevait le fond même de la pétition, mais la gauche engagea une discussion incidente qui contreignit le président du conseil à parler des faits portés à la tribune par Casimir Périer. Il déclara que les villages occupés par les Prussiens n'appartenaient plus à la France et que le comte Apponyi, ambassadeur d'Autriche, n'étant pas dans son hôtel en territoire français, on ne pouvait l'obliger à reconnaître des titres empruntés à des pays qui ne nous appartenaient plus. Il est aisé de comprendre combien ces réponses étaient peu faites pour satisfaire les représentants du parti libéral chez lesquels l'épopée napoléonienne avait laissé des souvenirs si vivaces et souvent des regrets amers. Quelle que soit la justesse des raisons invoquées par M. de Villèle, on aurait aimé à lui entendre tenir un langage plus énergique. Il est des cas où le premier ministre d'un État comme la France doit savoir sacrifier un peu au chauvinisme et ce, dans l'intérêt même du Gouvernement qu'il sert. Mettre la main sur la garde de son épée n'a jamais tué personne et cela a souvent suffi pour satisfaire un peuple aussi impressionnable que le nôtre.

Le Roi lui-même ne comprit pas toute la portée de cette affaire ; il intervint auprès des personnes ayant des charges

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