‹ Casimir Périer, député de l'opposition, 1817-1830Chapitre 118 sur 158 · REPONSE A M. DUDON · texte numérisé non relu

REPONSE A M. DUDON

« pandre sur cette discussion ; mais probablement il fera « comme l'autre jour, il restera sur son banc. » (Rire généra/.)

Ce fut M. Dudon qui répondit et se plaignit des attaques dont il avait été l'objet. Casimir Périer demanda la parole pour un fait personnel et s'exprima en ces termes :

« M. Dudonvous a dit qu'il était étonné d'entendre répéter « à cette tribune les injures dirigées contre lui par les jour- « naux et de se voir ici même accusé de mensonge. Vous (( avez entendu, messieurs, la manière dont je me suis ex- « primé. J'ai dit qu'on avait avancé à cette tribune des faits a inexacts. Si je m'étais servi du mot mensonge, je ne le ré- « tracterais pas ; mais je ne l'ai pas employé ; j'ai dit seule- « ment que vous avez avancé qu'il n'y a pas de sociétés de « journaux qui satisfassent aux conditions de la loi. Pas « plus que qui que ce soit, je n'ai besoin d'aller chercher « mes opinions dans les feuilles publiques ; et tout aussi « bien que quiconque, je sais prouver ce que j'avance.

« Il existe des sociétés de journaux établies conformément « aux lois. Voici l'acte de société du Courrier qui a été dé- « posé au tribunal de commerce. La raison de commerce de « la société est Valentin de Lapanouse et C'**.

M. Dudon. — « Y a-t-il une patente ?

M. Casimir Périer. — « L'acte est en tout point conforme à a la loi. Voici un autre acte de société déposé chez M* Des- « chênes, notaire à Paris, celle précisément du Journal du « Commerce. Les gérants de la société sont MM. Appfel,Be- « rard, Chabran, Gallay et Larreguy,

« Ainsi ce que j'ai avancé est exact; et ce n'est jamais par « des sarcasmes ni par des injures que je défends mes opi- « nions : je cherche autant qu'il est en moi à vous persuader « de ce dont je suis convaincu. Quant au mot sur lequel « M. Dudon a fondé son discours, je ne l'ai pas prononcé. « J'ai dit qu'il était étonnant que lui seul se chargeât de dé- « fendre cette loi sur la presse; sans doute, ai-je ajouté, il n'a « pas l'intention de se faire l'éditeur responsable des ministres.

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« Messieurs, j'ai prouvé par des faits ce que j'ai avancé : « je l'ai prouvé sans me servir d'expressions offensantes ente vers personne. Je répète que les sociétés existent, comme « je l'ai dit. Voilà des actes passés devant le notaire, et qui « attestent des faits incontestables. Que le préopinant monte « maintenant à la tribune pour les contester. »

L'amendement ne fut pas accepté.

Sans se décourager, et bien qu'ils fussent à peu près certains d'avance de l'accueil que leur réservait la majorité, les membres de l'opposition essayaient d'obtenir des adoucissements aux rigueurs « draconiennes » proposées parle cabinet et votées par la droite.

C'est ainsi que, dans la dernière séance consacrée à la discussion de la loi, le 12 mars, Casimir Périer vint défendre à la tribune un article additionnel ainsi conçu :

« A l'avenir, les imprimeurs et libraires ne pourront être privés de leur brevet que par un jugement, et dans le cas seulement de contravention aux lois et règlements sur l'imprimerie et la librairie, conformément à l'article 12 de la loi du 21 octobre 1814. »

« En présentant mon amendement, dit-il, je vois avec une <( grande satisfaction qu'aujourd'hui nous ne serons pas pri- « vés de la présence de M. le président du conseil. (lîif'cs.) « Car s'il arrivait que ma proposition fût foudroyée par l'élo- <i quence de M. le garde de Sceaux, ce qui s'est passé dans « la séance de vendredi me rassure: je pourrais avoir pour « appui la dextérité et la parole magique de M. le ministre « des Finances. (Bires.)

« Mais comme, tout magique qu'il soit, cet appui est fra- (( gile, je vous prie, messieurs, de m'accorder un moment « votre attention. Je tâcherai de défendre mon amendement f( de manière à n'avoir pas besoin de compter sur le travail (( de M. le président du conseil.

« Et d'abord, messieurs, remarquez combien sage et salu- « taire est le droit qu'ont les Chambres de modifier les pro- (( positions du Gouvernement. Rien rre le prouve mieux que

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