‹ Casimir Périer, député de l'opposition, 1817-1830Chapitre 126 sur 158 · EXPLICATIONS DE CASIMIR PERIER · texte numérisé non relu

EXPLICATIONS DE CASIMIR PERIER

retire rien de ce qu'il a dit, la noblesse de son caractère ne le lui permet pas ; il tient à affirmer son dévouement à la royauté, à caractériser de nouveau, comme nous le lui avons déjà vu faire souvent, la nature correcte de son opposition. Écoutons et retenons ces belles paroles de Périer; le patriotisme voudrait qu'elles fussent prises pour règle de conduite par tous et dans tous les temps :

« Messieurs, l'orateur qui descend de la tribune vient « d'inculper une interpellation qu'il a fortement blâmée.

M. DE LA BouRDONNAYE. — « J'ai dit qu'elle m'avait fait de « la peine.

M. Casimir Périer. — « Eh bien! si mon expression vous « a fait de la peine, c'est que vous l'avez mal interprétée. « {Mouvement de satisfaction.) Je l'ai expliquée de la manière « la plus positive, la plus explicite. Mais puisque nous en « sommes à nous Vlire tout ce qui peut nous avoir blessés « dans les opinions les uns des autres, j'avouerai que j'ai été « blessé moi-même très vivement lorsque, dès le début de « son discours, j'ai entendu l'orateur vous parler de l'oppo- « sition royaliste, et vous donner à entendre que les meni- « bres qui siègent de ce côté {l'orateur montre la gauche) ne « sont pas dans l'opposition royaliste. Messieurs, nous som- « mes tous ici députés, défendant les intérêts du pays et ceux « du Trône; il ne peut y avoir qu'une opposition : c'est celle « desroyalistesconstitutionnels. y) {De tous les côtés : Bien \ très bien.)

Dans la séance du 18 avril, la Chambre discutait les rapports sur les pétitions. Casimir Périer monta à la tribune et prononça à propos de l'une d'elles les paroles suivantes :

« M. Prévost s'était plaint à M. le minisire des Affaires « ecclésiastiques de ce qu'il n'avait pu obtenirdeson pasteur « l'absolution au moment du jubilé, parce qu'il lui avait « confié, au tribunal de la pénitence, qu'il prêtait de l'argent « à cinq pourcent(J/«^/'m^<r(?.9.) Messieurs, veuillezm'écouter, « les faits sont graves, vous pouvez compter sur la discrétion « avec laquelle je les présenterai. Je veux seulement vous

CASiMH', pi;rier

3 démuiiirer la nécessité de renvoyer la pétition à M. le « président du conseil.

« M. le ministre des Affaires ecclésiastiques écrivit au « pétitionnaire qu'il avait envoyé ses deux lettres à M. 1 ar- 'i chevêque d'Aix pour faire droit à sa réclamation. Monsieur « rarchevèque, dans sa réponse, convient que la question a est délicate; qu'il existe deux opinions totalement oppo- « sées et qu'une décision supérieure mettrait fin à cette dis- « cussion.Mais sans donner de solution, il finit par conseiller « au pétitionnaire de placer son argent en rentes constituées « ou bien en trois ou cinq pour cent.

a Messieurs, vous sentirez combien, dans un pays où la « religion catbolique est la religion de ri']tat, où elle est pro- « fessée par les trois quarts et demi de la population ; combien» « dis-je, il serait dangereux de laisser indécise une question « qui touche à de si graves intérêts, alors surtout que l'auto- « rite ecclésiastique convient qu'elle pourrait être résolue « par une décision supérieure. Il est dans l'intérêt bien enten- « du de la religion qu'elle soit décidée, afin qu'il n'y ait pas « de l'incohérence sur des [principes de cette importance, et a que ce qui est permis à Lyon ne soit pas défendu à Orléans. « S'il est interdit aux catholiques de prêter leurs capitaux, « s'il dépend de l'autorité ecclésiastique d'empêcher leur cir-

4 culation en défendant le prêt à un intérêt, vous portez le « trouble et le désordre dans toutes les transactions civiles, « commerciales et industrielles, ou, pour mieux dire, vous les « rendez impossibles. M. le ministre des Finances sentira plus « que personne,, dans l'état de stagnation et de détresse où « se trouvent le commerce et l'industrie, et lorsque l'intérêt « de l'argent est à un taux si élevé dans toute la France, « combien il est important de faire cesser un pareil état de « choses ; et, pour cela, il suffirait que l'autorité ecclésias- <( tique s'entendît avec l'autorité civile, afin d'obtenir une « décisionsupérieurequi, sans contrarier en rien les décisions « de l'Église, serait conforme aux lois de l'État. A cet égard, « j'ai lieu de m'étonner que M. le ministre des Affaires ecclé-

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