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M. de Villèle devint, à dater de ce jour, la htHe noire de la population parisienne et l'on vit en 1830 quelles haines cette nnalheureuse mesure avait amassées dans les cœurs de la bourgeoisie. Comme l'a dit M. de Tallcyrand : « On ne peut s'appuyer que sur ce qui résiste. »
En deliors des embarras journaliers que lui suscitaient les oppositions de droite et de gauche, les uns estimant qu'il ne s'associait pas assez aveuglément à leurs projets de réaction, les autres au contraire pensant qu'il ne faisait que trop de concessions à l'esprit rétrograde des ultra, M. de Yilièle se trouvait pour la première fois en présence d'une situation financière assez compliquée. Les belles années de prospérité étaient passées. Les impôts indirects donnaient des moins-values importantes, les dépenses augmentaient et le ministre entendait prononcer le mot de déficit. C'est dans ces conditions que fut engagée la discussion du budget de 1828, au mois de mai 1827.
Périer avait déjà signalé cette situation au mois d'avril à propos de l'examen d'une pétition. Il y revient avec plus de détails au moment de la discussion du budget. Il se plaint d'abord de la facilité avec laquelle les ministres dépassent jes crédits qui leur sont ouverts par les lois des finances et abusent des crédits supplémentaires.
« Depuis cinq ans, dit-il (1), que nous avons l'avantage « d'avoir M. le ministre des Finances à la tète de nos affaires, « savez-vous à quelle somme, indépendamment des crédits « fixés par la loi, se sont élevés des crédits supplémentaires ? « A 338 millions. {Mouvement en sens- (/irers.) Je vois sou- « rire M. le ministre des Finances. S'il avait attendu la fin de « ma phrase, il aurait vu que je sais aussi un peu mon af- « faire. {On vif.) Dans ces 338 millions se trouvent compris « les crédits supplémentaires de la guerre d'Espagne, pour « une somme de cent millions ; reste donc 238 millions, ce « (jui fait à peu près ÎJO millions dépensés annuellenient de-
(1) Séance du 17 mai.