CANDIDAT A LA PRESIDENCE
« chie ou les libertés publiques? (.1 gauche : Très bien !) « Il n'est plus temps, nu\ssieurs, de nous laisser abuser (( par ce langage de parti. J'en demande bien pardon à mon « bonorable collègue, qui disait qu'il n'attaque pas d'en bas, « mais d'en Iiaut, l'administration dans la personne de son « cbef.Quantà nous, nous ne faisons pasia guerre aux hommes « mais aux choses. Les hommes sont tombés, mais les choses « restent; et prenez-y garde! Si, quand les hommes sont « renversés, vous vous taisez sur les choses, sans doute con- « tre votre intention, on dirait (ce n'est pas que je vous en {( accuse), on dirait que vous n'avez vu avec joie tomber les « hommes que pour vous enrichir de leurs dépouilles et que « vous ne vous taisez sur leur système que parce que vous « voulez en profiter. )> (Vif mouvemenf d'adhésion à (/auche.) Après la vérification des pouvoirs de la plus grande partie de ses membres, la Chambre procéda à l'élection des cinq candidats à la présidence, parmi lesquels le Roi choisissait le président de TAssemblée. Elle désigna MM. Delalot, Hyde de Neuville, Royer-Collard, Gauthier et Casimir Périer. Le choix de Charles X s'arrêta sur M. Royer-Collard, bien qu'il ne vînt qu'au troisième rang sur la liste de présentation. Sa septuple élection détermina sans doute sa nomination.
Une fois la Chambre constituée, Périer, qui avait été élu deux fois, fît connaître son option par la lettre suivante :
« Monsieur le Président,
«Nommé membre par le troisième arrondissement du déparlement de la Seine et par l'arrondissement de Troyes, département de l'Aube, et forcé de choisir entre ces deux élections, j'ai l'honneur de vous prévenir que j'opte pour l'élection du département de l'Aube.
« Recevez, etc.
Il fut remplacé à Paris par M. Eusèbe Salverte. La détermination de Casimir Périer fut dictée par des motifs d'ordre
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privé. Il avait de grands intérêts fonciers et industriels dans le département de l'Aube.
L'examen des pétitions sur les abus commis pendant la période électorale amena plusieurs fois Périer à la tribune. Nous croyons devoir citer le passage suivant d'une des improvisations de l'honorable député, elle montre quels furent les agissements de l'administration de M. de Villcle.
(c M. le Directeur général (des postes) s'est abstenu de « s'expliquer sur les différents libelles qui avaient été en- « voyés àla poste sans nom d'imprimeur etd'auteur; ila pris « la parole pour justifier son administration et nous direqu'il « lui était impossible de savoir par qui ces libelles avaient été f( envoyés, que son office se bornait à transporter et à re- (( mettre les paquets à leur adresse. Cependant, des plaintes « ont été portées contre l'administration des postes ; on a dit « partout qu'elle avait, pour transporter ces libelles, pris les « adresses des abonnés de divers journaux. Il me semble que, « dans un cas aussi grave, l'administration des postes a dû « rechercher quels étaient ceux qui avaient pu ainsi abuser de « la propriété d'autrui. {Miu^mures à droite.)
« Je dis qu'on a abusé de la propriété; qu'il y a eu des « plaintes faites par les propriétaires de journaux dont on a « pris les bandes et simulé le journal. A cela M. le Direcu leur général répond : Je ne puisque transporter lespaquets « qui sont remis à la poste. Il est pourtant facile de recon- « naître un fait de cette nature. Je suppose que la Qotidienne « ait quatre mille abonnés ; si on a volé ses adresses pour « envoyer des libelles à ses abonnés, le nombre des paquets « sera doublé, et au lieu de quatre mille il y en aura huit « mille. Je demande maintenant si l'on a payé ou si l'on n'a « pas payé pour cet excédent de quatre mille : voilà la ques- « tion : si l'on a payé dites-le. Certes, vous n'avez pas dû « rester étranger à un fait aussi grave; et lorsque vous avez « vu arriver quinze ou vingt mille journaux de plus, vous « avez dû vous informer d'où ils venaient; vous savez posi- « tivement quelle recette ils ont produit, c'était un moyen de