VOYAGE DU KOI DANS L'EST
tion économique du pays. C'est la gloire du Gouvernement, réparateur delà Restauration d'avoir pansé si rapidement les plaies laissées par vingt-cinq années de révolutions et de guerres. Pourquoi Charles X a-t-il cru devoir lancer dans la voie des aventures le Gouvernement si sage, fondé par Louis XVIII ?
Au mois de septembre 1828, Charles X fit un voyage dans l'est de la France, il se rendit en Alsace. Partout les populations enthousiastes l'accueillirent par les cris de : Vive le Roi! Les mêmes acclamations salueront le passage de Louis- Philippe après la révolution de 1830. Au retour, le Roi s'arrêta à Troyes; il y fut reçu par Casimir Périer et ses collègues de la députation de l'Aube.
Les députés furent invités à la table du Roi, ce qui était le plus grand honneur que puisse faire un Bourbon. A la suite d'une visite à l'exposition industrielle et sur le conseil de M. de Martignac, Casimir Périer fut décoré de la croix de la Légion d'honneur. Il ne faut pas attacher trop d'importance à cette marque de distinction accordée par Charles X; son frère et lui n'ont jamais tait grand cas de cette décoration qu'ils considéraient commebien inférieure aux ordresroyaux.
Cependant, il y eut dès ce moment un rapprochement marqué entre la cour et le député de la gauche; on le vit au cercle du Château, comme on appelait les Tuileries à cette époque; il fut même admis à l'honneur du wist royal.
Les journaux avancés de l'époque ont beaucoup critiqué cette nouvelle attitude, elle était cependant logique et conforme aux déclarations de loyalisme et de fidélité au Trône si souvent faites à la tribune par Casimir Périer.
D'aucuns ont écrit que Périer avait été séduit par les grâces des dames de la Cour. Le contraire en tous cas eût été peutêtre plus vrai. 11 était très beau et l'on connaît le mot attribué par les uns à M""® la duchesse d'Angoulême, par les autres au Roi lui-même : « Mais il est né, cet homme-là. »
Pour nous, nous estimons que la vie privée des homimis politiques leur appartient, l'historien ne doit y fouiller que
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dans le cas d'absolue nécessité. Le reportage à outrance, si tant est qu'il soit jamais utile, doit s'arrêter là où commence l'immortalité.
Casimir Périer avait épousé une noble et sainte femme, il aimait la vie familiale et sut faire de ses fils des bommes utiles à leur pays, c'est tout ce que l'iiistoire doit enregistrer.
Les électeurs de l'Aube clôturèrent les fêtes données au Roi par un banquet ofiert aux députés du département. Casimir Périer fut chargé de répondre au nom de ses collègues, MM. le baron de Vandœuvre, le comte de Labriffe, aux nombreux toasts qui furent portés. Il le fit en ces termes :
« Nous essaierons en vain de vous exprimer les sentiments (( qu'excite en nous le souvenir de la bienveillance dont « vous nous avez souvent honorés et le témoignage si flatteur « que nous recevons en ce moment.
{( Députés d'un département que distinguent éminemment (( l'énergie de son patriotisme et la modérationde ses opinions (( et de ses principes, nous nous efïorcerons de nous rendre <( dignes delà noble mission que nous avons reçue de lui, en « défendant à toujours la monarchie constitutionnelle.
« Grâce à la sagesse du Roi et à l'admirable dévouement « de la France électorale, de nouveaux jours, des jours plus « prospères, commencent à luire pour la France. Nous ne « sommes plus au moment du combat, mais au lendemain « de la victoire. Tous nos efîorts doivent tendre à en assurer « les résultats. N'oublions pas que notre sort est entre nos (( mains. Vos fidèles députés, vos fidèles mandataires seront « constamment au poste que vous leur avez confié. Ils sauce ront toujours à la défense de la liberté publique allier le « respect qu'ils doivent aux justes prérogatives de la Court ronne. Vive le Roi ! Vive la France ! Vive les électeurs du « département de l'Aube 1 » Ce toast fut inséré au 3Ioniteii7\
La session de 1829 avait été ouverte le 27 janvier. Casimir Périer fut porté le second sur la liste des candidats à la présidence. L'état de sa santé le tint presque constamment éloi-