‹ Casimir Périer, député de l'opposition, 1817-1830Chapitre 23 sur 158 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Discussion du budget, maintien des cours professés au Conservatoire des arts et métiers . — Observation sur nos rapports commerciaux avec l'Amérique. — Les payeurs des départements. — Déclaration du 27 janvier 1820, Périer proteste contre le nom de minorité suspecte, — 10 Février, il défend les droits de la Chambre, ministre de clôture. — Attaques contre M. Roy, ministre des Finances, 12 février 1821. — Allusion au.x événements d'Espagne et de Naples. — Refuse de modifier une phrase de son discours. — Séance du 19 février 1821. — M. de Serre. — Les conspirations, conspiration du bord de l'eau, pétard au.\ Tuileries. — Discours de Périer au comité de l'Adresse. — Opinions des salons. — Réponse à M. de Serre qui avait accusé lag-auche de provoquer à la révolte. — Attitude des députés de la gauche mêlés aux conspirations. — Jugement sur la conduite de Périer et celle du ministre. — De la répression en matière politique. — Séparation complète entre les libéraux et le cabinet. — Discours sur les circonscriptions électorales. — Evénements extérieurs. — Discours de Périer sur l'attitude du Gouvernement qui empêche la publication des nouvelles. — Considérations sur la politique extérieure. — Déclaration de Périer. — Manifeste de Laybach. — Attaque contre le cabinet, 28 mai. — Attitude du parti émigré. — Biens nationaux. — Position du ministère. — Réponse de Périer à M. de Serre qui accuse l'opposition de faire des discours anarchiques. — Discours du 6 juin contre une proposition du général Sébastiani. — Rapports commerciaux avec lAmérique. — A propos de la suppression du poste de directeur de la police générale. — Réponse à ceux qui l'accusent de prolonger les discussions. — Prend part aux discussions financières sur les canaux. — Demande que la censure soit suspendue pendant les périodes électorales, — Réponse aux députés qui réclament des dégrèvements. — Critique l'habitude prise par les ministres de dépenser illégalement. — Réponse à M. Roy.

La fin de cette session de 1819 fut occupée par la discussion du budget à laquelle Casimir Périer prit une part active. Son opposition est calme et réilécliie, il montre cette science des finances qui fait de lui un des meilleurs orateurs d'affaires delà Chambre, et soutient au besoin le ministre contre les réductions proposées par la commission lorsque celles-ci lui paraissent nuisibles. Une ordonnance de novembre 1819 avait créé au Conservatoire des arls et métiers trois cours supérieurs

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(le nircanique, de chimie et d'économie politique; Je rapporteur, M. Beugnot, demandait la suppression de ces chaires et par suite le refus du crédit de quinze mille francs afférent. Casimir Périer combattit cette demande et obtint de la Chambre le maintien du crédit : « Tout le monde, dit-il, sait (( maintenant que les succès dans les arts industriels tiennent '( aux connaissances positives fournies par les sciences. Sans « elles, les arts ne suivent qu'une routine aveugle, semée de « préjugés nuisibles à leur avancement. Pour nous tenir au « niveau des nations où les arts industriels sont les plus (( perfectionnés, il faut donc introduire dans leur pratique (f les lumières dues aux immenses progrès que les sciences (( ont faits surtout depuis un demi-siècle et profiter de l'avan- « tage qu'a la France de posséder les hommes les plus « savants de l'Europe. »

S'agit-il de la prospérité du commerce, c'est encore Casimir Périer qui vient à la tribune parler au nom de la liberté. Le Gouvernement américain voyant l'inutilité de toutes ses réclamations au sujet des droits dont les navires étaient atteints dans nos ports venait de mettre une taxe de cent francs par tonneau sur les bâtiments français. Périer signale combien cette mesure, qui équivalait aune véritable prohibition, sera nuisible à notre commerce : « Je dois dire que si le Gouverct nemeut n'y portait promptement remède, en conservant « néanmoins le caractère de dignité qui nous appartient, il a pourrait en résulter des maux difficiles à réparer.

a Toutefois, il est juste de dire, ajoute-t-il, que si, dans « cette circonstance, on peut faire quelques reproches à « l'administration française la responsabilité qui peutrésula ter de ces fausses mesures doit peser aussi sur une foule « d'hommes respectables qui ont été consultés par elle, et « qui, dans les conseils qu'ils lui ont donnés, n'ont pas voulu « se pénétrer de l'idée que, si quelques commerçants peu « éclairés veulent le monopole, le commerce tout entier « réclame la liberté, et que les Gouvernements et les peuples a surtout veulent aujourdhui et voudront bien davantage à

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