‹ Casimir Périer, député de l'opposition, 1817-1830Chapitre 24 sur 158 · LES PAYEIRS DES DEPARTEMENTS · texte numérisé non relu

LES PAYEIRS DES DEPARTEMENTS

Œ l'avenir que la première base des échanges qu'ils peuvent « l'aire entre eux soit l'égalitéet la réciprocité des conditions « qu'ils croiront devoir s'imposer. » L'orateur pense que le Gouvernement or cherchera tous les moyens compatibles avec « notre rang politique pour rétablir nos relations commer- « ciales avec un peuple que tant d'intérêts et de souvenirs « nous font un devoir de cimenter plus que jamais ».

M. de Yillèle, et surtout le baron Pasquier, ministre des Affaires étrangères, combattirent l'opinion émise par le député de Paris. La question, disaient-ils, est en dehors de la compétence de la Chambre ; une pareille discussion compromet la dignité du Gouvernement vis-à-vis de l'étranger. Périer répond à ces critiques avec sa vigueur habituelle, repoussant les insinuations par une attaque directe : a C'est « à tort, s'écrie-t-il en terminant sa réponse, que l'on a <s voulu me reprocher d'avoir parlé d'un objet qui devait « être étranger à la Chambre. Ce que j'ai dit était dans mon « devoir, et qui plus est dans mes droits constitutionnels. « L'usage de ce qui se passe en Angleterre et nos précédents « viennent à l'appui de ce que je soutiens. J'ai été surtout « étonné de ce qu'on ait cherché à faire croire que ce que ot j'avais pu dire tendrait à compromettre la dignité du Gou- « vernement; je dois repousser une pareille accusation. « Certes, ce n'est pas de nos rangs que sont sortis ceux qui « ne veulent pas que le nom français soit honoré et respecté « par l'étranger. » Cette question incidente soulevée à propos de la discussion générale du budget de la marine n'eut pas de suite.

Périer voit-il une réforme à réaliser, il la signale tout en disant : « Je suis d'avis qu'on ne doit pas improviser des « économies, et, quoique je sois persuadé que nous devons a entrer dans ce système, il faut le faire avec maturité, 0 de manière à ne pas donner occasion au Gouvernement « de dire que nous contrarions son service lorsque nous « demandons des suppressions. » Ainsi pour les payeurs des départements dont il démontre l'inutilité, il dit : « Cette sup-

« pression, si elle entrait dans les vues du Gouvernement, t pourrait êtrefaitegraduellement, etenneremplaçantpasles a vacances : on pourrait aussi donner à ces payeurs des em- « plois de finances analogues à ceux qu'ils occupaient déjà. » C'est là le langage d'un homme de gouvernement, ami du progrès, mais respectueux des situations acquises; et comme la droite veut arrêter la discussion et s'écrie : « Il n'y a pas de proposition, » Périer met les rieurs de son côté en répondant : « Il n'y a pas de proposition, cela est vrai; mais a l'année prochaine, si nous vous proposons une économie (c là-dessus, vous direz que nous venons la faire à l'impro- « viste, et vous nous crierez : la clôture. » C'était alors connue aujourd'hui Vultima ratio des majorités intolérantes. La nouvelle loi sur les élections et surtout la manière dont le Gouvernement l'appliquait étaient l'objet des critiques de l'opposition. Périer, tout en s'associant à ces attaques, prétendait se maintenir sur le terrain constitutionnel dont quelques membres de la gauche s'écartaient. Fut-il averti par les manifestations du corps électoral, auprès duquel les ennemis de la liberté exploitaient les égarements de ceux qui croyaient servir la cause du libéralisme en employant des moyens criminels ? Quelques paroles imprudentes prononcées en sa présence le mirent-elles au courant de laconduite coupable de certains de ses amis? — Cependant on se cachait de lui pour toutes les manœuvres inconstitutionnelles que sa droiture n'aurait pas admises. — Quoi qu'il en soit, plus quelques-uns de ses coreligionnaires politiques s'enfoncent dans les conspirations et les sociétés secrètes, plus il semble prendre à cœur de saisir toutes les occasions d'affirmer la loyauté de ses sentiments, de sa conduite et de ses intentions. C'est ainsi que le 27 janvier 1821, étant intervenu dans la discussion d'une proposition de modification au règlement de la Chambre déposée par Benjamin Constant pour modérer l'emploi abusif de la clôture, il en profite pour faire profession de royalisme et relever l'expression de minorité suspecte lancée par un orateur de

Page 1