‹ Casimir Périer, député de l'opposition, 1817-1830Chapitre 27 sur 158 · EVENEMENTS DE NAPLES ICI · texte numérisé non relu

EVENEMENTS DE NAPLES ICI

« Gouvernement est assez fort pour le faire respecter tou- « jours. Et ici je me joins à mes autres collègues pour accu- « ser la conduite mystérieuse des ministres; je m'étonne de « leur silence obstiné à notre égard, au milieu de ce cliquetis « d'armes qui se fait entendre, et de Tespèce d'impassibilité « qu'ils montrent en voyant mettre à exécution les sentences « de co tribunal qui s'est établi en Europe pour juger les « peuples et les rois : car enfin, messieurs, vous êtes roya- « listes, vous êtes Français, quel est celui de vous dont le « sang ne bouillonne à l'idée qu'à l'instar du coup qui vient (( de frapper l'aïeul de cette nouvelle Blanche de Castille à « qui nous devons le duc de Bordeaux, ce tribunal puisse « lancer un mandat d'amener contre l'auguste auteur de la « Charte pour lui demander compte du bonheur de son peu- « pie? Ne serait-il pas affreux pour nous que, malgré la bra- (( voure de quelques bataillons épars, nous ne pussions peut- « être repousser un tel outrage que par un désespoir impuis- « sant (1)?... »

La Chambre allait voter l'impression de ce discours, lorsque plusieurs membres delà droite réclamèrent la suppression de la partie du passage que nous venons de citer relative au roi Ferdinand F'. Périer répondit en ces termes à cette demande : « Il n'est pas possible qu'avec le sentiment de la a bonne foi et do l'impartialité on se méprenne sur le sens a delà phrase que j'ai prononcée : elle est respectueuse pour <( le Roi, et je pense qu'elle renferme un principe de dignitç « nationale, qui est exprimé dans toutes les convenances « désirables, principe que personne ne devrait désavouer dans « cette enceinte. Quelle que soit la décision de la Chambre,

(1) Ferdinand ^^ roi des Deux-Siciles, grand-père de madame la duchesse de Berry, avait été appelé au Congrès de Laybach où se trouvait l'empereur Alexandre. On lui signifia que, sans tenir compte du serment qu'il avait prêté ù la nouvelle constitution, l'Autriche allait intervenir dans ses Etats au nom des puissances et l'aider à abolir la constitution qu'il avait accordée. Cette décision était le résultat des conférences tenues à Troppau, sur l'initiative du Prince de Metternich, entre les souverains d'Autriclie, de Prusse et de Russie. Le siège du Congrès fut ensuite transféré à Laybach. Le France adhéra aux. décisions prises. L'Angleterre resta neutre.

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« je le répéterai, elle est entièrement la maîtresse (rordonner « l'impression ou de la refuser; quant à moi, je ne puis con- « sentir à relrauclicr de mon discours une plirase que j'y ai « insérée dans rinlcution la plus pure et que rien ne peut « m'encaeer à désavouer. »

La demande dimpressicui fut rejeté»;.

Une majorité intolérante rendait fort pénible la lâche des orateurs de l'opposition. La modération, du moins quaul au fond, des attaques de Casimir Périer ne trouvait même pas grâce devant le parti pris de la droite et souvent les interruptions les plus bruyantes accueillaient sa seule présence à la trii)une. Mais il tient tète à l'orage et parvient presque toujours à avoir raison du tumulte.

Voici un extrait du compte-rendu de la séance du 19 février 1821. qui donnera une idée des luttes que soutenaient Périer et ses amis. La Chambre discutait le projet présenté par M. lloy en exécution de la loi de 1817 sur le remboursemi ni des reconnaissances de liquidation.

M, Casimir Périkr. — « Je demande la parole pour un amendement {des murmures d impatience éclatent au centre et à droite).

Plusieurs voix. — « C'est incroyable ! . .. c'est une gageure ! {quelques membres se lèvent et quitiejit leurs places').

Un (j rond nombre de voix. — «Restez, restez en place : il a faut voter, point d'ajournement à demain.

M. Casimir Pkrier. — « Messieurs, je vous demande un « moment de patience, je vous prie de m'écouter. C'est le « seul moyen d'en finir plus tôt (o?? rit)...

A droite. — c Ecoulons, écoulons!

M. Cashmr Pkhier. — «Messieurs, je suis vraiment fâché de « paraître abuser des moments de l'assemblée...

M. Forbin des Issarts. — « C'est une opiniâtreté inconce- « vable !

]'oix àfjauche, — « A demain, à demain !

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