REPONSE A M. ROY
Casimir Périer répondit:
« En demandant quelques explications, j'ai use d'un droit « qui m'est dévolu par la Charte ; je l'ai fait dans les termes d les plus convenables. Je me suis borné à tirer les consé- « quences renfermées dans les paroles de M. le ministre des « Finances sous ce rapport, je ne m'étais nullement écarté de « mon droit et des égards que je devais, soit à un membre « de cette Chambre, soit à un ministre du Roi. Aussi la « Chambre me perraettra-t-elle de repousser ce que dans a plusieurs circonstances M. le ministre des Finances s'est « déjà permis à mon égard.
« M. le ministre des Finances en répondant aux diverses « questions en a toujours fait vis-à-vis de moi des questions « personnelles; il a sans cesse parlé d'opérations à la Bour- « se, du désir de s'emparer des négociations du Gouverne- « ment. Vous venez de l'entendre parler du désir que j'avais « au fond de mon cœur.
M. LE MiMSTRE DES FINANCES. — « Je n'ai pas dit vous; j'ai « dit qu'on avait le désir.
M. Casimir Périer. — « Que vous ayez dit ou non vous, ce « n'est pas moins une personnalité intolérable.
« Il est évident que cette manière de discuter les affaires « tendrait à amener dans cette Chambre une nature de dis- « cussion que nous devons soigneusement éviter et que les « ministres du Roi, surtout, ne devraient jamais se permet- « tre que lorsqu'ils sont attaqués personnellement. Et que « diriez-vous, messieurs, si je venais insinuer à cette tribune « que telle ou telle opération dévoile une intention cachée? Ç/?iter/'uption au centre.)
« Messieurs, vous ne devez pas souffrir qu'un de vos col- « lègues soit attaqué par un ministre. Je ne me suis jamais « permis de scruter les intentions ; mais si je faisais comme <i M. le ministre des Finances que je vois rire en ce moment, « si commelui je voulais scruter les intentions et les intérêts, u je crois que les rieurs ne seraient pas pour lui. »