‹ Casimir Périer, député de l'opposition, 1817-1830Chapitre 49 sur 158 · AUGMENTATION POUR LES DESSERVANTS · texte numérisé non relu

AUGMENTATION POUR LES DESSERVANTS

<( premier acte d'accusation par lequel onaccusait cinquante- « trois individus de s'être rendus coupables de complot. Je « dois dire que, dans le second acte d'accusation, on s'est ré- « duit à demander la peine capitale contre vingt-quatre. Et « pour rendre justice à qui elle est due, j'ajouterai que ce « n'est que dans le dernier réquisitoire que le procureur (( général a conclu à différentes peines contre vingt-neuf in~ « dividuset à la peine capitale contre treize.

« Je demande que l'interpellation et la réponse qui ont été (( publiques soient insérées au procès-verbal. Voix à droite. — «Non, non!»

La Chambre fut de ce dernier avis et refusa la rectification.

Les accusations portées à la tribune contre la sévérité du pouvoirjudiciaire n'étaient pas très fondées. Un Gouvernement doit assurer l'ordre et la Restauration ne montra que trop de mansuétude pour les conspirateurs des sociétés secrètes où les éléments bonapartiste et républicain se mariaient si étrangement sous le couvert de la liberté. L'interpellation de Périer était évidemment dictée par l'esprit de parti qui fait tenir parfois une si étrange conduite aux hommes politiques. On doit regretter de voir Périer prêter l'autorité do sa parole, même d'une façon incidente et détournée, aux fauteurs de conspirations. Mais il faut reconnaître que la façon spirituelle dont il vint le lendemain expliquer son intervention était, sans que cela l'excuse complètement, de bonne guerre vis-à-vis d'une majorité qui affectait de traiter les membres de l'opposition constitutionnelle comme des factieux.

Combien cependant Casimir Périer est plus lui-même lorsqu'à la séance du 26 juillet il prend en main la cause du petit clergé et défend contre le fougueux M. de Marcellus une augmentation de cent francs sur les traitements des desservants.

« Je viens, dit-il, appuyer l'amendement de mon honorable « ami, M. Camille Teisseire, qui tend à augmenter le traite-

« ment des simples vicaires, en diminuant de 375.000 francs « les secours accordés pour 1823 aux congrégations reli- « gieuses.

« On a peine à concevoir, messieurs, qu'un amendement « si juste, si conforme aux principes religieux qui doivent « nous diriger, éprouve tant de contradiction dans cette ence ceinte. En vérité lorsque l'on voit un homme si connu par (( ses sentiments et sa piété le combattre avec tant d'amer- « tume, je dirai même avec tant de violence, on est tenté de « s' écrier : Tanfxné^ animis cœlestibusirœ î {Mouveme7it dans « V assemblée.) Et en effet, messieurs, pourquoi vient-on « choisir un amendement si convenable pour faire entendre « tant de déclamations, surtout quand cet amendement tend « à prouver l'intérêt que l'on prend à la religion et à ses véri- « tables ministres. Vous ne pouvez rejeter la proposition « qui vous est faite; car, après avoir déjà refusé presque « tous les fonds demandés pour l'instruction primaire, élé- « ment nécessaire de toute instruction religieuse, vous nous « feriez croire, en refusant encore cette allocation, que vous « voulez laisser les ministres du culte dans une sorte de mi- « sère, ou les tenir dans la dépendance et en faire des instru- « ments politiques* »

L'amendement fut repoussé par la majorité.

L'arrivée au pouvoird'un ministère de droite et la lutte qui s'en suivit contre l'administration de M. de Villèle avaient donné une nouvelle extension aux sociétés secrètes. Le mal était surtout grave pour l'armée. Dans cette année 1822, des conspirations militaires eurent lieu à Belfort, à Saumur, à la Rochelle. Un certain nombre de députés de la gauche étaient mêlés à ces actes criminels : le fait est aujourd'hui indéniable, des aveux ont été faits depuis qui ne laissent aucun doute sur la participation de membres de l'opposition législalative aux menées des conspirateurs.

C'était au nom delà liberté que se préparaient les révoltes armées contre la loi. Pauvre liberté ! Quelles ambitions n'at-elle pas servi à masquer de tous temps ! En réalité, le mou-

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