‹ Casimir Périer, député de l'opposition, 1817-1830Chapitre 62 sur 158 · U CASIMIR PERIER · texte numérisé non relu

U CASIMIR PERIER

Villùle, se montra la protectrice des libertés et des droits dont la majorité de la Chambre élective faisait si bon marché.

Qnehjues jours après le vote du projet sur la réduction des rentes, la Chambre eut à examiner une pétition demandant que la loi ne fût pas applicable aux petits rentiers. Casimir Perler saisit cette occasion pour se plaindre de la conduite dn ministre des Finanôcs qui venait de communiquer à la Chambre des pairs le traité que, malgré toutes les demandes de la minorité, il n'avait jamais voulu faire connaître aux députés. Périer rappelle que c'est à la Chambre basse que les lois de finances doivent être d'abord présentées. M. de Villèle a manqué aux droits delà Chambre en communiquant aux pairs seulement des documents qui eussent pu être de nature à modifier la détermination des représentants de la nation.

Aux murmures et aux interruptions par lesquels la majorité ministérielle accueille ces observations, Périer répond avec dignité : « Nous ne sommes pas écoutés avec assez de « faveur à cette tribune pour vouloir y rester contre le gré « de la majorité; cependant elle pensera que, lorsque nous « croyons être dans la question, dans les convenances parle- « mentaires, nous saurons nous exposer aux murmures de « quelques membres, quand il est de notre devoir de faire « entendre des paroles que nous croyons utiles... »

L'orateur demande le renvoi de lapétition au président du conseil. En terminant, il fait allusion aux influences mises en jeu dans la Chambre des pairs pour obtenir le vote de la loi. On a parlé d'intervention personnelle du Roi. Casimir Périer rappelle que le Gouvernement parlementaire veut que les ministres couvrent le Prince et non celui-ci le président du conseil.

« S'il était vrai, dit-il en parlant de ce dernier, que, dans a la crainte de voir repousser ou seulement modifier la loi a proposée, et de compromettre non pas son existence pro- 'x pre, que rien ne menace, mais son infaillibilité financière.

Page 1