‹ Casimir Périer, député de l'opposition, 1817-1830Chapitre 67 sur 158 · MORT DU ROI · texte numérisé non relu

MORT DU ROI

sonnes qui l'approchèrent à cette occasion n'eurent aucun doute sur sa fin prochaine. Le 13 septembre, une note officielle demanda des prières publiques, la Bourse et les spectacles furent fermés. Enfin le 16 septembre retentit le vieux cri français : le Roi est mort, vive le Roi !

Suivant l'usage do la cour de France, qui ne veut pas que le Roi séjourne ne fût-ce que vingt-quatre heures sous le toit où repose la dépouille mortelle de son prédécesseur, Charles X partit le jour même, avec les membres de la famille royale, pour Saint-Gloud.

C'est là qu'il reçut les grands corps de l'Etat. Le discours qu'il tint aux Chambres, rapidement répété à Paris et publié le lendemain par le Moniteur, fît disparaître en un jour toute l'impopularité du comte d'Artois. La joie fut d'autant plus grande qu'on craignait davantage. II suffit au Roi de quelques mots dits en faveur de la Charte pour s'assurer l'affection de tous les Français. Pourquoi tous ceux qui ont eu l'honneur de siéger dans ses conseils n'ont-ils pas compris la portée du revirement opéré par les paroles de Charles X?

Le Roi avait dit : « J'ai promis comme sujet de maintenir a la Charte et les institutions que nous devons au Souve- (( raindontle Ciel vient de nous priver: aujourd'hui que le « droit de ma naissance a fait tomber le pouvoir entre mes « mains, je l'emploie tout entier à consolider pour le bonce heur de mon peuple le grand acte que j'ai promis de mainte tenir ».

Les obsèques de Louis XYIII eurent lieu à Saint-Denis avec tout le vieux cérémonial des Rois de France, et l'on vit renaître, avec quelque surprise, les usages datant de la féodalité, d'autant que les premiers rôles étaient remplis par les maréchaux et ducs de Napoléon P^ A ce propos, Charles X, ayant dit quelques paroles obligeantes à M. deBrézé, grandmaître des cérémonies, sur la manière intelligente dont tout avait été conduit : « Oh! Sire, répondit celui-ci, le Roi est (( bien bon, il y a manqué bien des choses, une autre fois ce « sera mieux. » — « Je vous remercie, Brézé, répondit le

« Roi en souriant, mais je ne suis pas pressé. » — Monsieur de Brézé rentra sous terre (1).

M. de Yillèle profita de l'avcnement du nouveau Prince pour se débarrasser de la censure, beaucoup plus gênante qu'utile. Le Roi accorda la grâce à trente Français condamnés à mort pour avoir pris les armes contre la France dans la dernière guerre d'Espagne. Il donna le titred' Altesse Royale à tous les princes de la lamille d'Orléans.

(1) Mémoires inédits.

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