ROLE DE M. DE ROTHSCHILD
(( et surtout avant que l'on nous ait communiqué le compte « courant qui a existé entre le Trésor et la maison Roths- « child. J'ai besoin de connaître ce compte, afin d'exonérer « mon pays de la reconnaissance que veut faire peser sur « lui M. le président du conseil, en faveur d'une maison « étrangère qui est censée nous avoir rendu de grands ser- « vices pendant la guerre d'Espagne.
« Considérons, je vous prie, à quel degré d'humiliation se « trouve réduite cette France si riche et si prospère, ayant « à sa tête une administration si nombreuse, si chèrement « rétribuée: elle veut faire la guerre, elle a besoin d'organi- « ser un service pour l'entretien de ses troupes, et elle est « obligée d'implorer la capacité d'un homme en faillite ou- « verte, dont l'éloge a été fait dans cette enceinte par M. le « président du conseil. {Mouvement dans V assemblée,) Elle « a besoin de faire passer 74 millions, dont 52 en France et « seulement 22 à l'étranger: et nous sommes obligés, pour « une si faible somme, de recourir à l'entremise occulte d'un <( agent diplomatique de la maison d'Autriche (1), et nous « entendons à cette tribune prostituer la reconnaissance de la « France {mouvement) ; et c'est M. le président du conseil « qui a le courage d^ nous faire entendre un semblable « langage ! {Très vive agitation.)
« A Dieu ne plaise que je veuille établir quelque compa- '( raison entre les marchés pour les transports d'argent ou (( ceux qui les ont signés, et les marchés passés avec le « munitionnaire général î Mais que l'on nous présente les « conventions, que l'on nous fournisse les comptes, et il me « sera facile de démontrer qu'après le marché du sieur (( Ouvrard rien ne présente plus de bénéfices, comme moins « de risques et moins d'avances réelles, que la fourniture des « 74 millions faite parla maison Rothschild, et que la France « est loin de devoir à cette maison la reconnaissance que « veut lui faire subir M. le président du conseil.
(1) M. de Rothschild, consul général d'Autriche à Paris.
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« On vous a pn''senlr ici le compte de ce qu'avait coûté (( un clieval par suite des marcliés avec le sieur Uuvrard ; « j'aurais voulu qu'on vous présentât aussi le compte de ce (( qu'a conté un (|uadruplc par suite des traités avec « M. Rothschild ; vous auriez vu s'il n'y a pas eu aussi dans « ces traités dilapidation de lafortune publique. {Mouvement en sens clu^ers.)
« On a lieu de s'étonner que M. le ministre des Finances <( ait cru avoir besoin du secours d'un munilionnaire général « afin d'assurer un service de fonds, pour la plus grande « partie sur nos places frontières, et môme dans l'intérieur « de la France, lorsqu'il avait des agents financiers immé- « diatement placés sous sa direction. Comment a-t-il pu f< oublier que, pour les mouvements d'espèces nécessités dans '( l'intérieur par les besoins de la guerre, il avait sous ses « ordres 85 receveurs généraux, et que rien ne lui était plus « facile que d'organiser son service par leur intermédiaire ? « Et, à cet égard, qu'il me soit permis de m' appuyer d'un « précédent peu éloigné de nous, et qui prouvera évidem- « ment la vérité de mon assertion. Lorsque nos armées ocre cupaient tout le nord de l'Europe, le receveur général de « Mayence était chargé presque seul de pourvoir aux besoins '< de plus de six cent mille combattants. Mais il faut que « M. le président du conseil ait eu un goût bien décidé pour « les munitionnaires généraux, puisqu'il n'en a pas éco- (( nomisé l'emploi dans cette circonstance ; et il n'est pas « étonnant que son exemple ait été contagieux pour ladmi- « nistration de la guerre... »
A propos des avances faites à l'Espagne, l'orateur s'exprime ainsi :
(( Au Roi seul appartient le droit de faire la paix et la (( guerre, de signer des traités; mais là s'arrête sa puissance, « et c'est l'auteur de la Charte qui lui-même a posé la barce rière. Si des conventions diplomatiques ont exigé une « dépense, ces conventions doivent être soumises à notre « sanction législative. Où en serions-nous, messieurs, si le