‹ Casimir Périer, député de l'opposition, 1817-1830Chapitre 79 sur 158 · LES RÉPUBLIQUES AMÉRICAINES · texte numérisé non relu

LES RÉPUBLIQUES AMÉRICAINES

« pâj^iic, nous devions rester longtemps sans prendre un « parti, et qu'il était impossible de suivre une marche trop « prompte qui aurait contrarié les alliances et les aflfections « de notre Gouvernement. Je conçois parfaitement que le « Gouvernement ait suivi cette ligne de conduite. Mais le 8 Gouvernement anglais avait donné le môme exemple ; il » s'en est écarté à la fin, parce qu'il faut un terme dans les « affaires, qui ne peuvent être continuellement envisagées « d'une manière sentimentale. [Approbation à gauche.)

« Le Gouvernement anglais n'est pas un gouvernement « révolutionnaire ; il a été l'àme et le centre de la Saintc- « Alliance ; il a combattu les principes révolutionnaires ; « mais bientôt il a reconnu que, quels que soient les prin- « cipes delà légitimité, on ne peut s'empêcher de reconnaître « des faits, ni se priver des avantages que les événements « amènent dans la politique du monde. Ainsi, le Gouver- « nement anglais a adopté une politique conforme à ses in- « térêts, en proclamant une vérité que le Gouvernement a espagnol se refusait obstinément à admettre contre l'in-

« térêt de l'Europe, et même de ses peuples Il est

a impossible que des relations sûres s'établissent là où les a commerçants ne trouvent pas la protection d'agents diplo- « raatiques. C'est ce qu'a fait l'Angleterre, c'est ce que vous « faites vous-mêmes ; car je vois figurer dans le budget une « somme de 1.500.000 fr. pour les légations consulaires ; « et c'est ce qu'il faudrait faire également vis-à-vis des nou- « veaux États . »

A propos des crédits du ministère de l'Intérieur, dont dépendait à cette époque la direction des travaux publics, Casimir Périer signale le mauvais état dans lequel se trouvent les routes. Si nous en croyons les critiques de l'orateur, les lenteurs des formes administratives dont on se plaint, et avec juste raison, de nos jours, ne datent pas d'hier.

« Je me plais, disait-il, à rendre ici justice à la capacité « des membres qui composent l'administration des ponts et « chaussées ; mais je ne puis m'empêcher de me plaindre de

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« la lenteur (les formes de cette administration. Il est certain « que, dans tous les départements, ces formes sont un obs- <i table aux réparations des routes. Souvent, des années en- « lièrcs se passent avant qu'un département ait pu obtenir « l'autorisation de faire exécuter ses projets. L'administraa tion répond aux reproches qu'on lui adresse sur cùs len- « teurs en disant : j'attends la réponse du maire, du sous- « préfet ; enfin il y a toujours quelque formalité qui manque. « Si une maison particulière dans l'administration de ses « affaires suivait le système qu'on applique à la réparation de « nos routes, je vous réponds qu'elle ne tiendrait pas long- « temps. »

Le 17 mai, Périer profite de la discussion du budget du ministère des Finances pour passer en revue notre situation financière. Il développe dans une longue improvisation cette thèse que, dans leurs prévisions, les ministres n'ont pas sauvegardé l'avenir; s'il survenait des événements imprévus, ils ne sauraient y faire face, les services publics ne sont pas suffisamment dotés. Sur 924 millions de recettes présumées, 518 sont absorbés par le service de la dette, la liste civile, les pensions, les frais de perception, etc.; il ne reste que 402 millions pour satisfaire à tous les besoins ordinaires.

... « Et où en serions-nous donc, messieurs, demande « Périer, d'après un tel état de choses si nous nous trouvions « surpris par quelques circonstances extraordinaires? Notre 8 situation financière, telle que je viens de vous en faire le « tableau, est, dit M. le ministre des Finances, le résultat de « la prospérité dont nous jouissons ; mais cette prospérité « au milieu de laquelle d'ailleurs nous ne pouvons suffire « que très imparfaitement à nos besoins ordinaires, et qui a n'est en réalité qu'un luxe de charges et de dépenses, un « seul moment peut la faire disparaître. Si la guerre venait « à éclater et que nous fussions obligés de lever des armées, « vous verriez bientôt cesser cette augmentation de produits a que M. le ministre des Financesévalueà 50 millions, depuis a quelques années, dans les impôts indirects : et, d'un autre

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