‹ Casimir Périer, député de l'opposition, 1817-1830Chapitre 81 sur 158 · MORT DU GÉNÉRAL FOY · texte numérisé non relu

MORT DU GÉNÉRAL FOY

« Peut-être espérait-il leur transmettre le courage et les « vertus qui s'apprennent surtout par la puissance des « exemples. L'infortuné n'aura pas le bonheur d'achever son « ouvrage, il expire au moment oii les plus âgés d'entre eux « commençaient à pouvoir entendre les hautes leçons du « talent. La mort arrache à leur inexpérience un guide qui a ne leur laisse peut-être que son nom et une femme forte « pour mère qui fera ses efforts pour remplacer un tel appui « et un tel maître. Ah ! si ce soupçon qui m'afflige nous ré- « vêlait la vérité, la France le saurait bientôt, la France est « reconnaissante, elle adopterait la famille de son défenseur.

« Reposons-nous sur cette pensée et saluons une dernière (( fois, au nom de la Patrie, au nom de l'éloquence, au nom a de la sainte amitié, le guerrier, le citoyen, l'orateur, (( l'homme d'État illustre qui a bien mérité d'elles.

« Se peut-il qu'une tombe si étroite cache tant de choses « enfermées à jamais dans une froide dépouille. Ah! que la « vie serait une déception cruelle, que les pertes de l'amitié « seraient une douleur insupportable et la mort une énigme « sans nom, si l'immortalité ne nous apparaissait pas sur la « tombe de la gloire et de la vertu! »

On sait que la crainte manifestée par Périer se trouva justifiée : le général Foy était mort pauvre. Une souscription fut ouverte en faveur de sa famille, elle atteignit rapidement un million; parmi les premiers donateurs on voit MM. le duc d'Orléans, Casimir Périer, Jacijues Laffitte, Benjamin Delessert, etc., etc.

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