CREANCE ESPAGNOLE. EQUILIBRE FACTICE
« dépenses par des cliiffres ne représente rien; et si le chiffre « de la recette est une fiction qu'on ne peut réaliser que par <( des emprunts ou par la banqueroute, ce n'est pas une si- (( tuation véritable que celle qui est exprimée par vos cliif- « fres.. .
(( Jusqu'à présent on nous a conduits perpétuellement d'il- « lusions en illusions. Il est temps cependant que cela finisse. « Qu'est-ce qu'un ministre des Finances ? C'est un homme « d'ordre, d'économie, de prévision, un homme qui doit ar- <( rêter les Nations comme les Rois dans les dépenses qu'ils (( pourraient être entraînés à faire. Loin de leur présenter « leur situation comme exagérée en bien, et d'avoir des det- « tes en avant, ils devraient avoir des économies en réserve. (( On nous pousse, messieurs, dans un système tout opposé « à celui de l'économie. Il est temps de nous arrêter, au lieu ce de corroborer et de rég-ulariser le système des illusions « et de la dette flottante...
Que de fois, depuis Périer, ces sages paroles auraient-elles dû être répétées dans nos parlements ! Est-il bien sûr que de nos jours encore elles ne seraient pas utiles à faire entendre aux successeurs de M. de Villèle ?
Le Gouvernement, ayant dépassé de 17 millions les sommes allouéesparles Chambres pourl'exercice 1825, vint demander au Parlement, comme le voulait la loi, la régularisation des crédits ouverts par ordonnances. La discussion commença le 2 mai 1826. Casimir Périer et M. de Villèle en supportèrent seuls ou presque seuls tout le poids, déployant l'un et l'autre dans des modes différents un remarquable talent. A la parole cnllammée du député le ministre répondait avec calme, discutant tous les points soulevés, essayant de réfuter toutes les critiques, jusqu'au moment où la majorité, le voyant enserré de plus en plus par la logique violente de son adversaire, venait par ses votes clore la bataille. On ne sait qui l'on doit le plus admirer et si aujourd'hui les critiques formulées par Périer sont devenues des axiomes il ne faut pas oublier qu'alors tout ou presque tout était à créer en France en fait de compta-
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bilité administrative. Il est équitable de rendreàM.de Villcle cette justice que, malgré les imperfections signalées, son ministère marque le point de départ d'un véritable progrès dans la gestion des deniers de l'État. Peut-être les attaques de Périer n'y ont-elles pas été étrangères.
Mais quelle que soit la violence de son attitude, il ne sort jamais des limites permises par la pratique du Gouvernement représentatif. Périer du reste a soin de saisir toutes les occasions qui s'offrent à lui pour affirmer son loyalisme: il veut réformer, améliorer, mais non bouleverser. C'est la seule manière d'arriver au progrès réel.
« On aime, dit-il en débutant, à voir les dépositaires de <( l'autorité se révoltera l'idée que la France puisse être com- (( promise au point de n'être point en état de satisfaire aux (( engagements qu'elle serait dans le cas de contracter ; on « a raison de se récrier sur le mot de banqueroute.
« Mais il faut que cette sainte indignation soit appuyée sur (( des faits et non pas seulement sur des phrases de tribune ; <( il faut que les actes soient d'accord avec les paroles. La (( démonstration du contraire ressort de la manière la plus (( évidente, par la confrontation de ce que l'on dit et de ce (( que l'on fait, ces protestations fastueuses de respect pour (( la foi publique ne seraient que le complément de ce système « de déception que l'on suit dans l'administration de nos (( finances, qui, nous promenant d'illusion en illusion, doit « nous conduire invariablement à la ruine du crédit, à la « détérioration de nos finances et à l'anéantissement de notre « prospérité et à la nullité politique... »
L'orateur reproche au ministre d'avoir diminué le montant des crédits lors de la discussion du budget afin de présenter la situation sous un jour favorable à ses projets.
« Est-ce ainsi, demande-t-il, que l'on doit nous présenter « notre situation financière en déguisant soit nos recettes, « soit nos dépenses, afin de pouvoir influer sur nos déterre minations? Est-il tolérable que l'on cherche à influencer « nos votes en grossissant ou en diminuant notre passif et