‹ Catacombes de RomeChapitre 12 sur 279 · LES PEINTURES DES CATACOMBES · texte numérisé non relu

LES PEINTURES DES CATACOMBES

Les sujets de l'Ancien Testament qui se reproduisent le plus ordinairement dans ces

peintures, sont : Adam et Ëve au moment de leur chute; Noé dans l'Arche; le sacrifice

d'Abraham; Moïse détachant sa chaussure près du buisson ardent, ou bien frappant le rocher, ou recevant de Dieu les tables de la loi; Job assis sur son fumier; Elie sur son char emporté au Ciel; Jonas jeté à la mer, rejeté par la baleine ou couché sous l’arbrisseau; les trois jeunes hommes dans la fournaise; Daniel dans la fosse aux

lions; Tobie avec l'Ange, etc...

Les sujets tirés du Nouveau Testament sont : l'Enfant Jésus dans l'étable adoré par les Mages entre les bras de sa mère; le Christ assis entre Saint Pierre et Saint Paul, ou au milieu des quatre Evangélistes; entouré de tous ses Apôtres, ou opérant quelqu'un des nombreux prodiges qui signalèrent sa mission ici-bas; mullipliant les pains pour la multitude affamée, guérissant les aveugles et les paralytiques, ressuscitant

Lazare, ou bien se montrant aux hommes sous la figure touchante du bon Pasteur,

et quelquefois sous le type singulier et primitivement païen d'Orphée attirant les animaux par les accents de sa lyre, etc.

Les types sans cesse reproduits sont ceux qui avaient le plus de rapport avec la situation des Chrétiens aux jours de la persécution, avec la foi qui soutenait leur courage, et les espérances qui les consolaient C'est pourquoi nous retrouvons le plus souvent Daniel dans la fosse aux lions, les trois jeunes hommes dans la fournaise,

souvenirs de perséculion; les scènes de l'histoire de Jonas, et la résurrection de

Lazare, promesses de l'immortalité; et ces figures en prière, si fréquentes sur les tombeaux des Martyrs, destinées à rappeler aux Chrétiens qu'ils avaient des témoins de leurs combats et des intercesseurs au ciel.

Lors même que les limites assignées à ces pages pourraient nous le permettre, ce n’est pas à nous qu'il appartiendrait de relever toute l'importance de ces œuvres de

lise et de son enseignement

la peinture chrétienne au point de vue de l'histoire de l'E; religieux. Qu'il nous soit permis seulement d'observer que les preuves matérielles

accumulées en si grand nombre dans les Catacombes répondent éloquemment aux

sectes iconoclastes qui ont nié l'usage des images pieuses dans les premiers siècles chrétiens; qu'elles confirment pleinement les détails peu nombreux, il est vrai, donnés à ce sujet par d'anciens écrivains ecclésiastiques, comme Tertullien, qui parle du bon Pasteur représenté sur les calices'; Prudence, qui mentionne les peintures du tombeau

de Saint Hippolyte int Jérôme, qui indique des vases où étaient peintes les images

des Saints Apôtres *; Saint Astère, qui donne sur les peintures du tombeau de Sainte Euphémie tant de détails remplis du plus haut intérêt pour l'histoire de l'art'; plusieurs

autres encore qu'il serait trop long d'énumérer, et qui citent des portraits authentiques

conservés d'âge en &

depuis le temps des Apôtres.

En effet ces peintures sont d'une haute antiquité, et pour la plupart bien certainement

antérieures à l'époque de Constantin; ce qu'il est important de remarquer ici pour attribuer à leur témoignage loute l'autorité qui lui appartient, Cette antiquité est altestée, pour les unes, par leur seule présence dans les lieux où elles se trouvent

parties essentielles et contemporaines des sépultures des Martyrs’, elles remontent à

* De Pudicit., 7 et 10. * Ap.

? Peristeph., X1, v. 195 Ce que prouvent les vases teints de sang dont nous

uinard, At. sine. edit. Amst., p. 490 et 491

Hyeron., in Son., IV publions un grand nombre dans cet ouvrage.

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