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SUR LES OBJETS TROUVÉS DANS LES CATACOMBES 9F

Une autre idée se rattachait à ce signe mystérieux. Comme le poisson naît dans l'eau et qu’il ne peut vivre hors de l'eau, de même le chrétien puise la véritable vie dans les eaux du baptême et trouve le salut en demeurant dans la grâce qu'il a reçue de Jésus-Christ; les fidèles voyaient donc aussi leur propre image dans le symbole du poisson. Cela nous explique le nom de piscine !, donné aux fonts baptismaux , et celui de pisciculi ?, que lés chrétiens des premiers âges se donnaient entre eux.

Le symbole du poisson se rattache enfin aux faits évangéliques les plus populaires.

Les apôtres étaient bateliers et pêcheurs; le poisson, les eaux, les scènes de pêche , figurent dans les premiers et dans les derniers récits de l'Évangile : on aime à se rappeler la vocation des apôtres *, les tempêtes apaisées, les pêches miraculeuses, la

multiplication des pains et des poissons, l'apparition de Jésus sur les bords du lac de Génézareth *.

D'après tout cela il est aisé de voir quelle série d'idées réveillait le poisson dans l'esprit des premiers chrétiens, et l'on comprend pourquoi ils en avaient fait un symbole.

Les limites de notre ouvrage ne nous permettant pas de plus longs détails sur cet intéressant sujel, nous renvoyons le lecteur aux traités spéciaux de Costadoni et de

Polidori

MONOGRAMME OÙ CHRISME

Le monogramme est l’un des titres le plus fréquemment répétés sur les monuments de tout genre que nous trouvons dans les Catacombes. On a pu le remarquer dans les peintures de nos premiers volumes; on le rencontrera de nouveau et presque à chaque pas dans le quatrième et dans le cinquième

Les chrétiens voyant dans les lettres X P, les initiales de XPIZTOZ, les adoptèrent sous Ja forme d'un monogramme comme un signe sacré, qui servit à leur rappeler leur Sauveur et leur Maître. L'opinion de ceux qui voient dans le monogramme chrétien les initiales du nom du Christ est confirmée par les inscriptions tumulaires , t donc une erreur qu'on ne peut imputer

où le contexte exige qu'on lise ce nom. C«

répété plusieurs fois le mot tyfu dans ses erses | qui de cælo descendit (Tract. CXXIIT, in Joan. c. XXI acceptions boliques. (Dom Pitra, Spicileg. Solesm. , Dans la Raccolta d'opuscoli scient. e filolog., 1. XLI, LS | F. Lenormant, Mémoire sur l'inscription d'Autun p. 249. Cet auteur a publié une série de petits monudans les Mélanges d'archéologie des RR. PP. Cahier et | ments sur lesquels € avé l'emblème du poisson. On Martin, vol. IV, p. 117 remarque entre autres une cornaline fort curiet ‘ Hie est piscis, qui in baptismate per invocationem | qui représente un pêcheur tenant de la main gauche fontalibus undis inseritur , ut que aqua fuerat, à pisce | une espèce de corbeille, et de la main droite une ligne eliam piscina vocitetur (Optat. Milev., LIN \ l'hamecon de laquelle ndu un poisson. On Sed nos piscieuli secundum &y%%y nostrum Jesum Chris- | lit dans le champ le mot IX8X Dans le Museum tum in aqua nascimur, nec aliter quam in agua perma- | Cortonense (lab. 85) on voit sur une lampe d'argile nendo salvi sumus. (Tertul., De Baplismo, 1). ne figure analogue : c’est un pêcheur portant une Faciam vos fieri piscatores hominum. (Matth. IV, 19.) | ligne, un filet et un poisson Joan., XXI. — Saint Augustin commente ainsi le Del pescé come simb. di Crist. e dei crist. Milano,

9 Chrisius est est et panis, | 1843.

Piscis assus

ipse

verset

"à t i Ÿ Ù # à à à titre: d > P 1: i »| qu'à une profonde ignorance que de prendre l'une des deux lettres pour le P latin et et de lire pro Christo.

d'invraisemblable, supposent qu'on

d'Antioche

l'autre pour l'abréviation de Christus ;

Des savants, dont l'opinion n'a certainement rien

peut faire dater le monogramme du Christ de l'époque où les fidèles prirent pour la première fois le nom de chrétiens. Suivant ces mêmes savants, le signe dont parle saint Jean dans l'Apocalypse, pourrait s'entendre de ce monogramme ,

et l'on devrait faire remonter jusqu'au temps de cet apôtre l'usage de l’accoster des

lettres À et WU.

Quoi qu'il en soit de celle ori il est certain qu'elle ne date point de l’époque

ine,

de Constantin, mais qu'elle lui est antérieure. Pour réfuter l'opinion contraire, qui à prévalu parmi quelques écrivains, il n'est

besoin que de rappeler les monuments du christianisme évidemment antérieurs à

Constantin, où le monogramme est gravé. On le trouve sui les sépulcres. Nous citerons

martyrisé sous Hadrien ‘; celle

d'Alexandre, martyrisé sous Antonin-le-Pieux *; celle du pape C trouvée dans le cimetière de Sainte-Cyriaque, sur un tombeau

entre autres l'inscription d'un soldat nommé Marius, us, marlyrisé sous

Dioclétien *; celle d'Urbica, où était scellé un vase de sang; et celle de Simplicius et de Faustinus *, monument précieux qui nous fait connaître en même temps le genre de supplice et le lieu de la sépulture de ces deux martyrs. On trouve aussi le monogramme sur les vases de verre,

nous cilerons un fragment de

sur les lampes, sur les anneaux. Parmi les ver coupe, teint de sang, tiré du cimetière de Saint-Calixte, et où le monogramme est ainsi PRES, et un vase liré du même cimetière et qui renferme le sang de saint

gravé :

Almachius

Quant aux formes diverses du chrisme, nous en publions un grand nombre dans notre

ouvrag Toutefois il faut remarquer deux de ces formes qui sont le plus fréquemment en usage.

La première composée des deux lettres X et P liées de cette manière # paraît devoir être considérée comme la plus ancienne! Dans la seconde, la lettre X a la forme d'une croix +, et la boucle du P se trouve à la ligne perpendiculaire de cette croix 1

Le monogramme du Christ est souvent flanqué des deux lettres À et WU, allusion

incontestable à plusieurs passages de l'Apocalypse où le Sauveur dit : Ego sum À et W

1 Bosio, Roma sotterr., p. 217 Aringhi, Roma | une série de chrismes de toutes les formes. Sur uné subterr., L. 1, pe 525 pierre sc ale reproduite par Mamachi (Orig. antig.

Idem, ibid, p. 216 Aringhi, subterr., | christ., p. 18, n° 3), on voit un Bon Pasteur LE, p. 5 au-dessus de la tête duquel se trouve le monogramme

Aringhi, Roma subterr. , 1, p. 454; & I, | Enfin nous citerons un i représente, suip. 642 vant Bosio (Roma sotterr., t. 1, p. 509), saint Laurent

Voyez vol. V, pl. LXVIT, n° 13 et suivant Passeri (Thesaurus veter. diplych., t. NI,

Voyez vol. V, pl XV, n° 15. tab. IX, p. 28), Notre-Seigneur : la tête est ornée du

Voyez vol. IV, pl. XXXIII, n° 106. monogramme. Ces deux derniers exemples sont foit

Aringhi, Roma subterr., 1. 1, p. 501, n° IT remarquables.

Voyez vol. 1, plL, pl LVNI; vol. I, pl. VI; Bartoli (Le antiche lucerne , IE part., p. 9, tav vol. IV, frontispice, pl. V3; pl. IX, n° 1; pl. XI, | a publié une statuette en métal d’une très-belle exé n° 6; pl. XI, n° 23 pl. XV, n* 1, 5; pl. XVI, | cution, trouvée dans les Catacombes, qui représent à ) >£ D 83, £ 7 > s DT Las s o os ), 62, 1, 97; pl. XVIH, n° 4 int Pierre bénissant d’une main, et de l'autre porpl À ; pl XXVII, n° 59; pl. XXX, n° 7 tant le monogramme du Christ. Nous retrouvons pl. XXXI, n° 9; vol. V, passim. — On peut voir | encore le chrisme sur la tête de Notre-Seigneur, dans

dans Boldetti (Osservaz. sopra à cimit., p. 334, seg une peinture du cimetière de Saint-Calixte (Boldeuti,

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