‹ Catacombes de RomeChapitre 166 sur 279 · AMPOULES · texte numérisé non relu

AMPOULES

Parmi les vases de verre qui nous ont été conservés à peu près intacts, les plus précieux

sont sans doute les ampoules, à cause de leur pieuse destination.

rand nombre dans les Catacombes. Elles sont toujours

Les ampoules se trouvent en trè:

enchâssées dans le ciment ‘, et placées le plus souvent à l'angle extérieur du sépulcre.

Leibnitz constata lui-même qu'elles contenaient bien réellement du sang. De nos jours l'analyse chimique n’a laissé aucun doute à cet égard

Le sang que les ampoules renfermaient ne peut être que celui des martyrs : c'est un fait irrécusable admis par la tradition, et confirmé par le témoignage des saints Pères, par les actes primitifs des martyrs, et par l'histoire des fouilles exécutées dans les

acombes. Saint Ambroise se borne à dire à l'occasion de la découverte du tombeau

1 Gen., XXXVII, 18; XL, 42 | Basil., dans la bibliothèque des E >; V, p. 969. Aringhi, Roma subterr.; t. I, p. 426 Lugduni, 1677 Pædag., 1. M, c. XI Fabretti a cité les paroles de Leibnitz, dans ses Saint Gaudence, évêque de Brixia, paraît faire allu= | Znseriptiones domesticæ, p. 556. — Voyez Bianchini, sion à cette particularité lorsqu'il dit : Quorum sanguinem | Demonstratio hist. eccles., 1. 1, part I, p. 315, sqq. tenemus gypso collectum, mihil amplius requirentes, tenemus | Romæ, 1753; et dom Guéran Explications sur les

enim sanguinem qui testis est passionis. (Tract. in dedio, | corps des saints martyrs, p. 14. Angers, 1839

de saint Vital et de saint Agricola : collegimus sanguinem triumphalem ‘3; et à l'occasion de

lement qu'il a

la découverte des corps de saint Gervais et de saint Protais , il affirme eg trouvé les signes de leur martyre invent signa convenientia..….. 08$& omma inlegra; et Son témoignage est confirmé par ces paroles de saint Gaudence,

sanguinis plurimum Nihil amplius requirentes ; tenemus enim

contemporain de cette dernière découverte sanguinem qui teslis est passions.

Les actes des martyrs établissent d’une manière incontestable le soin empressé que

mettaient les premiers chrétiens à recueillir le sang de leurs frères morts pour la foi *,

nde vénération dont ce sang précieux était l'objet parmi eux, et l'usage constant où

ils étaient de le conserver religieusement Iles exécutées dans les Catacombes prouve qu'on a trouvé des

laissaient aucun doute sur le martyre

Enfin l'histoire des foui ampoules dans des tombeaux dont les inscriptions ne des chrétiens dont les corps y reposaient.

On trouve encore aujourd’hui des sépulcres sans inscriplion, munis du signe de l'ampoule, et qui couvrent des saints dont le Christ seul connaît les noms * ; mais ces saints

ont également droit à notre respect el à notre vénéralion, l'absence du nom n'ébranlant

en rien la certitude de leur martyre

Des preuves écrites viennent se joindre à tant de preuves. Les premiers chrétiens prirent

quelquefois le soin inutile alors, mais devenu fort précieux pour nous, d'inscrire sur le

surmonté

VIS, abrégé en

ciment avec lequel les ampoules étaient scellées, le mot $ SANG, comme

d'un trait, comme on le voit sur l'ampoule n° 2, pl. xvur, ou plus au long aussi le nom du martyr : SA SATVRHI, pour

sur l'ampoule n° 1. On écrivait quelquefoi

sanguis Saturnin, comme on le voit sur l'ampoule n° 7 de la même planche.

En vain voudrait-on transformer la lettre G en et y voir en abrégé le mot sanctus ; ce serait montrer une grande ignorance des monuments chrétiens des premiers siècles, où

l'on ne rencontre jamais ce titre joint au nom des saints.

Mais si l'ampoule trouvée près d'un sépulcre est la marque sûre à laquelle l'Église reconnaît les tombeaux qui renferment les reliques des martyrs, il n'en est pas ainsi des palmes qu’on trouve en grand nombre sur les loculi, bien que souvent on püt se borner à graver sur la tombe d’un martyr cet emblème du triomphe, lorsqu'il avait été livré aux flammes ou à la dent des bêtes féroces

Nous ne croyons pas pouvoir mieux lerminer celte notice sur les ampoules qu'en

rapportant une lettre adressée en 1841 au P. Secchi par un des plus savants

archéologues de ce temps, feu M. Raoul-Rochette. Cette lettre restera comme un des

1 Ad. virq. exhort., p. 33. Paris., 1551 1693 Prudent., Zbid., Hymn. V Ruinart, /bid., act Epist. LXXXV, ad soror., p. 190 s. Vincent., p. 328 Prudent., Peristeph., Hymn. X. Ruinart, Act Prudent., Zbid., Hymn. XI martyr. act. proconsul. s. Cyprian., p. 190.- Nous négligeons une infinité d'autres notions histo- Annal. eccles., an. 261, XXXIV On a trouvé dans | riques qui ne seraient pas sans intérêt, mais que les plusieurs ampoules les restes des éponges qui avaient | limites restreintes de ces notes ne sauraient admettre servi à recueillir le sang des martyrs (Boldetti, Osservaz convenablement. Nous renvoyons aux ouvrages deS. Jésopra à cimit., p. 148, seg.).— On voit dans une inscrip- | rôme, Ado. Vigil.; de Trombelli, De cultu sanctorum tion antique, publiée par Doni.( Class. XX, 86, p. 543 Bononiæ, 1743; de dom Guéranger, Eæplications sur les que le sang du saint martyr Boniface était conservé dans | corps des saints martyrs extraits des Catacombes de Rome, un vase sous l'autel de saint Alexis, dans l'Aventin et de M. l'abbé Greppo, Dissertations relatives à l'histoire

S. Hilar., Pictav. episc., Contra Constant, c. 8. Paris, | du culte des reliques. Lyon, 1842

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